Valence est devenue l'une des destinations les plus en vogue d'Europe, et ce n'est pas sans raison. Mais cette popularité soudaine a un revers : la foule, les prix qui s'envolent, et cette impression désagréable de faire la queue partout. De quoi refroidir les plus enthousiastes.
Heureusement, il existe une alternative bien plus reposante, bien moins chère et infiniment plus authentique — que je vous recommande de tout cœur, avant même que vous ne cliquiez sur « réserver ».
L'astuce que j'aurais aimé connaître avant
En préparant notre voyage, je suis tombée sur une option que peu de gens connaissent : il existe des vols directs vers Castellón de la Plana, une ville côtière à seulement une heure au nord de Valence. Et ce choix s'est révélé absolument décisif.
À l'arrivée, pas de terminal interminable ni de foule oppressante. L'aéroport ne compte que trois portes d'embarquement. En quelques minutes à peine, nous récupérions notre voiture de location — sans file d'attente, sans stress, avec déjà l'air chaud de l'Espagne sur la peau. Un début de vacances comme on en rêve.
Là où la douceur de vivre méditerranéenne est encore accessible à tous
Nous avons sillonné la Costa Azahar — la « Côte de la Fleur d'Oranger » — et c'est là que nous avons posé nos valises. Ce qui m'a le plus frappée ? Cette région a su préserver non seulement ses traditions, mais aussi des prix à l'espagnole, ceux d'avant le tourisme de masse.
Là où les quartiers branchés de Valence pratiquent des tarifs dignes d'une capitale, ici personne ne cherche à vous plumer. La gentillesse est gratuite, et les additions restent raisonnables.
Les hébergements coûtent une fraction de ce qu'on paierait en ville. Le parking est gratuit le long des plages — on ne paie quelques euros qu'en centre-ville, à deux pas de tout. Et surtout, l'accès aux plages est entièrement libre, sans chaises longues imposées ni ticket d'entrée.
À propos des plages : fin mai, les côtes de Benicàssim et de Peñíscola étaient spacieuses, bordées de sable fin et étonnamment tranquilles. Ces plages méditerranéennes sont vastes, lumineuses, et portées par une brise légère qui rend la chaleur parfaitement supportable. Le murmure des familles espagnoles au loin suffisait à nous plonger dans le rythme local — celui qu'on cherche vraiment en vacances.
Morella et Vilafamés : deux joyaux médiévaux presque secrets
Après la côte, nous avons poussé vers l'intérieur des terres — et c'est là que le voyage a pris une autre dimension. Morella apparaît de loin comme un décor de film fantastique : une cité fortifiée perchée sur un piton rocheux, ceinte de remparts monumentaux. En grimpant ses ruelles pavées et escarpées vers la basilique gothique Santa María et les ruines du château, on a presque l'impression de traverser les siècles. Le panorama depuis le sommet, sur les paysages sauvages et vallonnés de la région du Maestrat, est tout simplement saisissant.
Mais si Morella m'a impressionnée, c'est Vilafamés qui a volé mon cœur. Ce village est une œuvre d'art à lui seul : des maisons ocre et rouille accrochées à la roche vive, des façades débordant de fleurs, des ruelles étroites et impeccables où chaque angle mérite une photo. Du point culminant du village, le regard porte sur une mer d'oliviers et de montagnes lointaines.
Détail fascinant : le méridien de Greenwich passe à la lisière de Vilafamés. Nous pouvions donc dire, littéralement, que nous nous tenions en Espagne à la frontière entre l'Est et l'Ouest.
Des flamants roses et une nature encore intacte
Le clou du voyage ? Le Parc naturel du delta de l'Èbre, à environ une heure vers le nord — là où le plus grand fleuve d'Espagne se jette dans la Méditerranée. Ce paysage de rizières à perte de vue, de lagunes miroitantes et de roseaux dorés est d'une beauté presque irréelle.
Nous avons embarqué sur une petite croisière pour longer les rives bordées de palmiers et observer la rencontre entre le fleuve et la mer. Au parc MónNatura Delta, armées de jumelles, nous avons observé des flamants roses se déplacer gracieusement dans leur habitat naturel, entourés d'une faune aviaire d'une richesse extraordinaire.
La journée s'est terminée sur le banc de sable infini de Trabucador, où les vagues avaient quelque chose d'océanique — une puissance et une immensité qu'on n'attendait pas en Méditerranée. Un moment inoubliable.
Et Valence dans tout ça ?
Bien sûr, nous n'avons pas fait l'impasse sur Valence. La Cité des Arts et des Sciences, futuriste et spectaculaire, et la cathédrale monumentale valent absolument le détour. Nous lui avons consacré une seule journée — ce qui correspondait parfaitement à notre rythme et à l'énergie de notre fille.
Le matin, nous avons flâné dans la vieille ville, fraîche et verdoyante, ponctuée de merveilles architecturales à chaque coin de rue. L'après-midi, nous avons marché des kilomètres dans le parc de la Turia, l'ancien lit du fleuve transformé en poumon vert de la ville. Puis, agréablement fatigués, nous avons repris un bus climatisé pour retrouver notre base sur la Costa Azahar.
Valence est magnifique, et il faut la voir au moins une fois. Mais la vraie magie espagnole ne se trouve pas dans les spots Instagram sur-fréquentés. Elle est dans le pêcheur qui vous salue depuis son bateau, dans le serveur qui vous propose un café à 21h après le dessert, et dans ces villages où l'histoire n'est pas derrière une vitre — elle est vivante, sous vos pieds, à chaque pas.











