Bandes dessinées, jeux vidéo, films et séries : l'univers viking fascine encore aujourd'hui. Mais derrière ces guerriers arrivés par la mer il y a plus de mille ans se cache une réalité bien plus surprenante que la légende.
Car les femmes vikings n'étaient pas seulement des mères dévouées et des maîtresses de maison. Elles jouissaient de bien plus de liberté et de pouvoir que la plupart des femmes de leur époque, partout ailleurs dans le monde.
Peu de gens le savent, mais d'un point de vue linguistique, une femme ne pouvait pas être « viking ». Le mot vieux norrois vikingar désignait uniquement les hommes qui, à bord de leurs longs navires, quittaient les côtes scandinaves pour atteindre des terres lointaines comme la Grande-Bretagne, l'Europe continentale, la Russie et l'Amérique du Nord.
Qui étaient vraiment les femmes vikings ?
Les Vikings sont restés célèbres comme des guerriers féroces et des pillards brutaux, une image que les médias entretiennent toujours. Pourtant, ils étaient aussi d'habiles commerçants. Ils ont fondé des villes, comme Dublin, et laissé une empreinte durable sur la langue et la culture des peuples chez qui ils débarquaient.
Les légendes vikings ne parlent presque que d'hommes. Mais les analyses ADN les plus récentes montrent que de nombreuses Scandinaves ont rejoint ces conquérants, probablement aux côtés de leurs maris.
Rien d'étonnant à cela : les Vikings se sont installés sur des terres jusque-là inhabitées, comme l'Islande. Or, sans les femmes scandinaves, jamais ils n'auraient pu peupler ces nouveaux territoires.
Les femmes vikings ont joué un rôle clé dans l'organisation de la vie des nouvelles colonies.
Comme dans la plupart des civilisations de l'époque, la société viking restait dominée par les hommes. Ils chassaient, combattaient, commerçaient et cultivaient la terre, tandis que la vie des femmes s'articulait autour de la cuisine, du foyer et de l'éducation des enfants.
La majorité des sépultures vikings retrouvées par les archéologues reflètent ces rôles traditionnels : les hommes étaient enterrés avec leurs armes et leurs outils, les femmes avec des objets domestiques, des ouvrages de couture et des bijoux.
Mariées très jeunes
Pourtant, les femmes scandinaves de l'époque viking bénéficiaient d'une liberté inhabituelle par rapport à leurs contemporaines ailleurs dans le monde. Elles pouvaient posséder des biens, et donc s'émanciper de leur mari ou de leurs parents.
Les femmes — ou plutôt les jeunes filles — se mariaient généralement entre 12 et 15 ans. L'identité du futur époux se négociait entre les familles, mais les filles avaient elles aussi leur mot à dire.
Ce qui était presque impensable chez d'autres peuples était un droit fondamental chez les Vikings : si le mariage tournait mal, une femme pouvait demander le divorce et même récupérer sa dot.
Pour divorcer, une femme devait convoquer des témoins chez elle et déclarer devant eux la rupture de son union. Le partage des biens était facilité par un contrat établi avant le mariage : les familles y fixaient à l'avance comment le patrimoine serait réparti en cas de séparation.
Quand la femme prenait la place de son mari
L'homme était certes le maître de maison, mais la femme jouait un rôle actif dans sa gestion. Les Scandinaves disposaient d'une autorité pleine et entière sur le foyer, en particulier lorsque leur mari était absent.
Et si l'homme mourait — ce qui, vu leur mode de vie, arrivait facilement —, l'épouse reprenait définitivement son rôle. Elle dirigeait alors seule l'exploitation familiale ou l'entreprise commerciale. Dans la Scandinavie viking, de nombreuses femmes ont d'ailleurs été enterrées avec un trousseau de clés, symbole de leur statut de maîtresse de maison et de leur pouvoir.
Certaines femmes vikings ont même atteint un statut exceptionnel. L'une des plus célèbres est la reine Åsa, dont la tombe est aussi un chef-d'œuvre de l'art viking : un navire de luxe magnifiquement décoré de 22 mètres de long (soit environ 72 pieds).
Même si peu de sources historiques évoquent le rôle des femmes dans les guerres vikings, les preuves ne manquent pas : elles n'étaient pas seulement des mères dévouées, mais aussi de redoutables combattantes. Au milieu du VIIIe siècle, quelque trois cents femmes auraient participé à la bataille de Brávellir. Vêtues comme des hommes, elles avaient passé une grande partie de leur vie à perfectionner le maniement de l'épée et d'autres techniques de combat.
Les vierges guerrières
L'essentiel de ce que l'on sait sur les guerrières de l'époque viking provient d'œuvres littéraires. Les combattantes connues sous le nom de « valkyries » occupent une place importante dans la littérature vieux norroise.
Selon les récits, les valkyries étaient de belles vierges protectrices chevauchant des chevaux ailés, casquées et armées de lances, fonçant au cœur des batailles.
Vu la popularité de ces légendes, il est probable que, dans la société viking, les femmes prenaient parfois les armes pour combattre — surtout lorsqu'elles se sentaient menacées, elles, leur famille ou leurs biens.
Les femmes vikings avaient-elles vraiment le droit de divorcer ?
Oui. Si le mariage se détériorait, une femme viking pouvait demander le divorce et même récupérer sa dot. Il lui suffisait de convoquer des témoins chez elle et de déclarer devant eux la rupture de l'union.
Les femmes vikings partaient-elles vraiment au combat ?
Certaines, oui. Environ trois cents femmes auraient combattu à la bataille de Brávellir, vêtues comme des hommes. Elles s'étaient entraînées au maniement de l'épée et à d'autres techniques guerrières.
Qui étaient les valkyries ?
Ce sont des guerrières issues de la littérature vieux norroise, décrites comme de belles vierges protectrices chevauchant des chevaux ailés, casquées et armées de lances. Leur popularité laisse penser que les femmes vikings prenaient parfois réellement les armes.
Pourquoi certaines femmes vikings étaient-elles enterrées avec des clés ?
Le trousseau de clés symbolisait leur statut de maîtresse de maison et le pouvoir qu'elles détenaient sur le foyer, notamment lorsqu'elles dirigeaient seules l'exploitation familiale après la mort de leur mari.











