Quand on s'installe en Hongrie, ce n'est pas forcément la langue ou l'administration qui déroute le plus. Souvent, ce sont les petits rituels du quotidien : ce qu'on mange, comment on mange, et à quel moment.
Trois étrangers installés à Budapest racontent l'habitude ou le plat hongrois qui, au premier abord, les a complètement décontenancés. Leurs réactions en disent long sur ce qui nous semble « normal »… et sur ce qui ne l'est pas ailleurs.
Emily (Royaume-Uni) : « Je n'en revenais pas qu'on donne du pavot aux enfants »
Emily vit à Budapest depuis deux ans. La cuisine hongroise l'a rapidement conquise, avoue-t-elle. Mais le pavot est longtemps resté un mystère pour elle.
« La première fois, j'ai vu des pâtes au pavot à la crèche. J'ai cru que c'était un dessert réservé aux adultes. Puis on m'a expliqué que c'était un plat tout à fait normal pour les enfants. »
Ce n'est pas le goût qui l'a surprise, mais la quantité.
« Chez nous, le pavot apparaît surtout dans les pâtisseries, en toute petite quantité. Ici, c'est presque un ingrédient de base. C'était vraiment étrange au début. »
Aujourd'hui, Emily s'y est habituée, et elle a même fini par aimer ça.
« Maintenant, j'en mange aussi. Mais il me reste un petit “réflexe d'étrangère” quand je vois un enfant en manger au dîner. Je sais bien que sous cette forme, ça n'a rien à voir avec les opiacés… mais ce réflexe est très difficile à désactiver. »
Marco (Italie) : « Le monde de la paperasse est complètement différent »
« Ce qui m'a le plus surpris, c'est la manière dont se déroulent les démarches administratives. En Italie non plus ce n'est pas simple, mais la Hongrie, à côté, c'est un univers à part. »
Marco s'est installé à Budapest pour ses études, et il a vite compris à quel point la logique administrative peut varier d'un pays à l'autre.
« En Italie aussi, il y a de la bureaucratie. Mais en Hongrie, j'ai d'abord eu le sentiment qu'il fallait un papier pour tout, et que tout suivait un ordre très précis. »
Sa première vraie surprise est venue d'une simple déclaration de domicile.
« Je pensais que ce serait rapide. Au lieu de ça, il a fallu plus d'étapes, plus de guichets et plus de documents que prévu. C'est peut-être aussi lié à mon niveau de langue, mais tout m'a quand même paru bien plus compliqué que ça ne devrait l'être. »
Selon Marco, le problème n'était pas tant la difficulté des démarches que le manque de visibilité sur l'ensemble du processus : il ne savait jamais quelle serait l'étape suivante, ni quand les choses allaient se débloquer.
« Le plus étrange, c'est que tout le monde trouvait ça normal, alors que moi j'essayais de comprendre pourquoi chaque chose se passait comme ça. En plus, les agents ne parlaient pas anglais, ou mal, ce qui pouvait être assez frustrant. »
Aujourd'hui, il gère ses démarches avec bien plus d'aisance.
« Maintenant, je sais à peu près à quoi m'attendre quand je dois aller dans une administration. Mais au début, c'était l'un de mes plus gros chocs culturels. »
Sophie (États-Unis) : « Le petit-déjeuner n'est pas du tout ce que j'imaginais »
« Je croyais qu'en Europe, tous les petits-déjeuners seraient légers. Puis en Hongrie, j'ai découvert un tout autre monde. »
Sophie vit à Budapest depuis un an, et sa plus grande surprise n'a pas été un plat en particulier, mais toute l'organisation des repas.
« Chez nous, le petit-déjeuner est en général sucré : pancakes, céréales, quelque chose de rapide. Ici, je vois couramment des petits-déjeuners avec du salami, du poivron et du pain. »
Pour elle, la différence n'était pas seulement une question de goût.
« Ce qui m'a marquée aussi, c'est le sérieux avec lequel les gens prennent le repas. On n'“avale” pas un truc en vitesse : on s'assoit, et on mange vraiment. »
Avec le temps, dit Sophie, cela a même changé ses propres habitudes.
« Maintenant, moi aussi je prends mon petit-déjeuner plus lentement. J'ai l'impression que ça donne un peu plus de temps à la journée. »
Pourquoi le pavot surprend-il autant les étrangers en Hongrie ?
Dans de nombreux pays, le pavot n'apparaît qu'en petite quantité dans les pâtisseries. En Hongrie, il fait partie des ingrédients courants, y compris dans les plats destinés aux enfants, ce qui peut déconcerter au premier abord.
Les démarches administratives sont-elles vraiment plus compliquées en Hongrie ?
Pour Marco, la difficulté ne venait pas tant du nombre d'étapes que du manque de visibilité sur l'ensemble du processus. La barrière de la langue a aussi joué un rôle dans son ressenti.
À quoi ressemble un petit-déjeuner typique en Hongrie ?
D'après l'expérience de Sophie, le petit-déjeuner hongrois est souvent salé : salami, poivron et pain y ont toute leur place, à la différence des petits-déjeuners sucrés auxquels elle était habituée.











