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Juste nous deux le grand jour – peut-on vraiment dire non à la famille pour son mariage ?

Szabó Erzsébet4 min de lecture
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Juste nous deux le grand jour – peut-on vraiment dire non à la famille pour son mariage ? — Mode de vie

Au départ, tout semblait limpide. On savait exactement ce qu'on voulait.

Un mariage discret, dépouillé de tout artifice : juste nous deux, nos deux témoins, et le poids de la promesse qu'on allait se faire. Pas de grand spectacle, pas d'obligations sociales. Juste l'essentiel, dans toute sa simplicité. On sentait que c'était ça, nous – et que dans ce cercle fermé, on pourrait vraiment être présents l'un pour l'autre.

Les complications ont commencé le jour où on s'est autorisé la première question : « Et si on invitait quand même les parents ? » En ouvrant cette petite porte, toute une chaîne logique s'est mise en marche, impossible à arrêter :

Si les parents sont là, les frères et sœurs ne peuvent pas être exclus. Et s'ils viennent, ils amèneront forcément leurs partenaires, leurs enfants…

Avant même de s'en rendre compte, notre cérémonie intime à quatre avait gonflé en un mini-rassemblement familial dans nos têtes. Ma meilleure amie a même glissé qu'elle se fichait bien d'un dîner ou d'une fête, mais qu'elle voulait juste être là pour nous voir ce jour-là, discrètement au fond de la salle. C'est à ce moment-là que j'ai senti qu'on s'éloignait dangereusement de la paix intérieure qu'on cherchait au départ.

L'effet domino qui chamboule tout

Notre situation est encore plus complexe que la moyenne : nous n'avons pas deux familles à gérer, mais trois. Et certains de nos proches ne vivent même pas en France. Je sais que pour certains parents, être présents à ce moment représenterait énormément. Mais si on dit oui à l'un, l'équité nous oblige à dire oui à tous les autres. Et là, la cérémonie se transforme en négociation diplomatique.

Ce qui me pèse, ce n'est pas la crainte d'une brouille. C'est cette tension intérieure : quelle que soit la décision, quelqu'un ressentira un manque. Si on reste à quatre, ce sont eux qui rateront quelque chose. Si on ouvre les portes à tout le monde, c'est nous qui perdons — en partie du moins — la fête dont on rêvait au fond de nous.

À la croisée des chemins : intimité ou célébration partagée ?

Pour l'instant, nous cherchons encore notre voie, sans avoir tranché. Il y a quelque chose de beau, indéniablement, dans l'idée d'avoir la famille autour de nous : la robe, les alliances, les photos, et un dîner partagé pour couronner le tout. Mais le désir du « rien que nous deux » est toujours là, vibrant, et on envisage peut-être de l'honorer autrement — avec des enterrements de vie de jeune fille et de garçon séparés, libres et festifs, pour nos amis.

On a réalisé une chose : si on commence à se laisser porter par l'envie de plaire à tout le monde juste pour éviter un moment d'inconfort, on passe à côté de l'essentiel de notre grand jour.

Il faut accepter que notre choix ne sera idéal pour personne d'autre que nous — et c'est peut-être exactement notre rôle.

Après dix-sept ans de vie commune, deux foyers construits ensemble et la naissance de notre fille, ce mariage n'est pas un commencement — c'est l'aboutissement magnifique d'un chemin déjà long. Nous n'avons plus rien à prouver à personne. Nous sommes déjà une famille depuis bien longtemps. Le papier officiel ne sera qu'un coup de pinceau de plus sur notre tableau commun.

Quelle que soit la décision que nous prendrons, elle ne sera dirigée contre personne. Elle sera un hommage à ces presque deux décennies partagées.

Car l'alliance la plus profonde, nous l'avons scellée il y a longtemps déjà : l'amour sera perceptible pour tous, qu'ils soient assis à nos côtés ce jour-là ou qu'ils lèvent un verre pour nous depuis chez eux.

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