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« Les hommes peuvent se le permettre, pas nous » : pourquoi les femmes ne font pas de crise de la quarantaine

Szőke Angéla4 min de lecture
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« Les hommes peuvent se le permettre, pas nous » : pourquoi les femmes ne font pas de crise de la quarantaine — Mode de vie
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Voiture de sport, jeune petite amie, petite pilule bleue : la crise de la quarantaine, on connaît le tableau. Mais ce tableau, il est presque exclusivement masculin. Les femmes, elles, vivent une tout autre réalité — et franchement, elles n'ont pas une minute à lui consacrer.

Pause — quelle pause ?

Personnellement, je n'ai aucun loisir de me lamenter sur mon âge, parce que la ménopause accapare toute mon énergie. Mon mari s'est mis à la musculation et envisage une greffe de cheveux. Moi, entre les insomnies, les bouffées de chaleur et les kilos inexpliqués, je suis en mode pure survie. Je lui ai dit que si mes cheveux continuent à tomber à ce rythme, il pourra bientôt me réserver un rendez-vous chez le même spécialiste.

Mais quand, exactement ?

Chaque soir, je rentre du travail épuisée pour trouver la maison sens dessus dessous. Les enfants n'ont pas sorti le chien. Mon fils a décidé d'arrêter ses études. Ma fille veut un tatouage. Un jour sur deux, je monte chez ma mère — elle ne peut presque plus aller jusqu'à la cuisine seule — je lui cuisine ses repas, je l'aide à se laver. Ma voiture fait un bruit bizarre depuis des semaines, mais je ne peux pas l'amener au garage parce que j'en ai besoin tous les jours. Ce matin, j'ai encore relevé mes cheveux en queue de cheval et vaporisé du shampoing sec, parce que je n'avais pas eu la force de les laver la veille.

Alors je pose la question : à quel moment précis suis-je censée angoisser sur ma jeunesse envolée ?

L'un ou l'autre

Life hack du jour : la crise de la quarantaine ne vous rattrape pas quand votre quotidien est déjà une crise existentielle permanente. Mes rêves se sont effrités il y a longtemps. Je les ai pleurés, j'ai fait mon deuil, et maintenant j'essaie d'apprécier ce que j'ai — vraiment. Il n'y a plus de place pour les mirages.

Un luxe masculin

La crise de la quarantaine, c'est un privilège que seuls les hommes peuvent vraiment s'offrir. Eux pleurent leur jeunesse perdue. Nous, on en parlait justement entre amies l'autre jour : aucune d'entre nous ne voudrait redevenir vingtenaire, même si on nous payait pour ça. À l'époque — malgré le fait qu'on était toutes objectivement au top —, on était bourrées d'inhibitions et de doutes, et franchement, personne ne regrette ça.

Passé 40 ans, on s'est acceptées, on a trouvé notre place. Aucune de nous ne court après une jeunesse révolue. Cette petite complainte attendrissante, on la laisse volontiers aux hommes.

Quelle crise ?

De quelle « panique » parle-t-on ? C'est à 43 ans que je me sens, pour la première fois, vraiment à ma place. Financièrement, j'ai atteint un équilibre qui me permet de ne plus me battre — et j'aime mon travail. J'ai le temps de cuisiner, de faire du sport, de prendre soin de moi. Même ma mère, pourtant toujours critique, reconnaît que je n'ai jamais été aussi bien. Je n'ai pas d'enfants, mais j'ai la liberté de voyager. Et pour la première fois de ma vie, je vis une relation vraiment épanouissante. L'idée d'une « dernière chance » ne m'effleure même pas — je me sens trop bien pour ça.

Un nouveau chapitre

Maintenant que mes enfants ont quitté le nid, je peux enfin m'occuper de moi. J'avais arrêté le handball à cause d'eux — je l'ai repris dans une équipe de « vétéranes » et j'adore ça. La création de bijoux, que j'avais mise de côté pour la famille, a repris sa place dans mes soirées. Mon mari gère sa crise à lui en achetant un bateau — et moi, je monte volontiers à bord avec lui. En janvier, on a passé deux semaines au Cambodge, tous les deux.

Ce n'est pas une fermeture de porte, c'est une ouverture — un nouveau chapitre où on peut à nouveau partir à l'aventure ensemble, comme au début, avant les enfants.

Enfin libre

À 40 ans, j'ai quitté un mariage qui me détruisait. Je l'ai vécu comme une renaissance. Pas de panique, pas de désespoir d'être seule à cet âge — bien au contraire. Cette rupture m'a donné de la force, parce qu'elle m'a offert une nouvelle chance pour la deuxième moitié de ma vie. Il me reste encore quarante ans, et je vais en faire ce que je veux. Je n'ai à m'adapter à personne, à ne ménager personne. Mon âge ne me traverse même plus l'esprit — parce que je suis enfin libre.

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