Des maris heureux partagent les aspects les plus délicats de leur union.
Compter les choses
Le plus dur, c’est de ne pas garder en tête chaque détail. Comme quand j’avais envie de houmous il y a deux semaines, mais on a finalement commandé des sushis parce que ma femme en avait envie. Ou quand j’ai posé une question hier et qu’elle a répondu sèchement, sans jamais s’excuser depuis. Ou encore quand elle m’a appelé trois fois pour savoir quelle protéine acheter, alors que je lui avais déjà écrit et envoyé un message, et pourtant j’ai répondu patiemment à chaque appel.
Le problème, c’est que je tiens inconsciemment le compte de mes efforts et de ma patience, comparés aux siens. Et selon mes calculs, je suis largement en tête côté gentillesse.
Les enfants
Nos méthodes d’éducation sont très différentes : je suis plus strict, elle plus permissive. Elle pense que ma rigueur peut traumatiser les enfants, moi je crains qu’elle ne les rende trop fragiles.
Le repas
Décider quoi manger chaque jour est un vrai casse-tête. On cuisine tous les deux et on commande aussi, mais la discussion tourne toujours pareil : l’un demande ce qu’on mange ou d’où commander, l’autre répond « peu importe ». Puis l’un propose quelque chose, l’autre répond « oh non, pas ça ». Et ça recommence. Chaque. Jour.

Les dépenses
L’argent. Elle dépense pour des choses que je trouve inutiles, et elle pense pareil de mes achats. Mais si elle a droit à son cinquantième sac, moi je mérite bien ma cinquième canne à pêche.
Le juste milieu
Les compromis sans fin. L’an dernier, je voulais partir en Tunisie, mais on est allés en Égypte parce qu’elle m’a convaincu que c’était mieux. Je voulais que mon fils joue au foot et ma fille fasse de l’athlétisme, mais elle a décidé que mon fils ferait du piano et ma fille du ballet. Je rêvais d’un grand jeep, on a finalement une grande voiture familiale.
Je voulais rester en ville dans un appartement avec terrasse, mais on a déménagé en banlieue. Depuis, je passe mes matins et mes soirées dans les embouteillages, et mes week-ends à m’occuper du jardin, déneiger ou tondre la pelouse. Je sais qu’elle fait aussi des compromis avec moi, mais c’est dur. Ces sacrifices sont constants, sans fin. Le plus difficile, c’est que ces concessions ne deviennent pas source de rancune.
La passion
Clairement, le sexe. Après dix ans ensemble, notre vie sexuelle est, au mieux, ennuyeuse, souvent inexistante. Ça me manque beaucoup, mais pas du tout à ma femme.
Que regarder
Le plus dur, c’est de choisir quoi regarder à la télé. Elle ne supporte pas les films d’horreur, je fuis les romances. Elle déteste mes séries préférées, moi je ne m’intéresse pas à ses films favoris. Nos soirées passent à trier des milliers de programmes en streaming pendant une heure, avant qu’on abandonne fatigués sans rien regarder.

Le travail
Les disputes viennent surtout du partage des tâches ménagères. On a même fait un tableau pour répartir les responsabilités (celui qui cuisine ne fait pas la vaisselle, etc.), mais ça déraille toujours.
Le sacrifice
Abandonner une part de soi au profit du couple. Je ne peux plus décider en pensant seulement à moi, il faut toujours penser à nous deux.
La belle-famille
La famille de ma femme, quelle histoire ! Ma belle-mère est la typique vieille dame qui fourre son nez partout, mon beau-père est un alcoolique insupportable qui provoque des disputes avec ses opinions politiques extrêmes. Mon beau-frère est un vrai parasite qui emprunte sans jamais rendre, et ma belle-sœur est une idiote prétentieuse qui croit tout se permettre parce qu’elle a eu quatre enfants insupportables. Son mari est une vraie plante verte : on le met dans un coin, il y reste. Et – comme ma femme les adore – je dois passer tous les dimanches et fêtes avec cette bande infernale.











