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Mariage hongrois – passé, amour et fuite dans une noce kalotaszégaine

Déborah Lefèvre5 min de lecture
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Mariage hongrois – passé, amour et fuite dans une noce kalotaszégaine — Loisirs
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Image de couverture : Studio Supermoderne

Mariage hongrois est sorti en salles le 22 janvier, jour de la culture hongroise. Un film qui ne promet pas seulement une histoire d’amour ou un moment de détente, mais qui plonge aussi dans le monde des traditions, des coutumes communautaires et des traumatismes cachés.

L’histoire principale – de Budapest à la Transylvanie

Adapté du scénario de Miksa Békési, distribué par Fórum Hungary, ce film nous transporte en 1980. On suit deux jeunes hommes de Budapest, András et Péter, qui voyagent en Transylvanie, dans un village kalotaszégaine, apparemment pour assister au mariage du cousin d’András. Ce qui devait être une escapade courte devient vite une aventure marquante, avec des décisions importantes à prendre.

Le film dure environ une heure et demie, mais chaque minute compte.

Je suis allé au cinéma sans grandes attentes, ouvert d’esprit

Pour être honnête, je suis allé au cinéma sans grandes attentes. Je m’attendais à un film hongrois qui déconnecte un peu, qui sort de la routine. Un plus : j’avais déjà vu les acteurs principaux, Franciska Törőcsik et Tamás Kovács, dans plusieurs œuvres, et ils ne m’avaient jamais déçue.

Le jour de la projection, un vendredi, plusieurs critiques étaient déjà parues, dont quelques-unes assez négatives. J’ai décidé de ne pas juger à l’avance. Et je suis contente d’avoir fait ce choix.

Kati et Péter – une relation qui fonctionne

Au centre de l’histoire, il y a Péter et Kati. Kati veut quitter la Transylvanie pour Budapest. À cette époque et dans ce milieu, la seule façon réaliste est de se marier. Son cousin András l’aide en convainquant son ami, le danseur et musicien folklorique Péter, de jouer le rôle du « fiancé ».

La chimie est là dès le début entre les deux personnages. Bien qu’ils partent pour un mariage de convenance, c’est naturel, pas forcé – ça marche simplement. Leur amour se développe surtout lors du mariage de la sœur de Kati, Erzsi, et des préparatifs.

Un autre point positif : le film évite les faux conflits inutiles. Kati et Péter ne se retournent pas l’un contre l’autre, leur relation reste crédible tout au long.

Quand l’idylle folklorique cache des ténèbres

Le film ne se limite pas à la romance. Une couche plus lourde apparaît quand on découvre pourquoi Kati veut vraiment fuir le village.

Voici le tournant clé du film !

Un ancien prétendant, Gyuri l’a agressée sexuellement. Lui minimise en disant qu’il était ivre et qu’il allait l’épouser de toute façon. La communauté le soutient tandis que Kati garde le silence : elle n’ose pas en parler à ses parents et craint le jugement des villageois.

Ce récit montre des schémas douloureusement familiers, avec une contradiction forte : la communauté valorise Gyuri alors qu’elle devrait l’exclure, au lieu de le laisser forcer sa victime à un mariage.

Tradition, musique, spectacle

Les costumes folkloriques sont magnifiques, manifestement réalisés avec soin, et la musique soutient parfaitement l’ambiance. Je n’étais pas particulièrement attirée par la culture populaire – au-delà de mon amour pour les contes hongrois – mais le film m’a vraiment rapprochée de ce monde.

Ayant vécu près d’une frontière, j’ai déjà assisté à des fêtes où la palinka coulait à flots et où certains comportements laissaient à désirer. Le film laisse une large place à cette réalité, mais aurait pu être plus clair : ce n’est pas parce que c’est fréquent que c’est acceptable. Et ce n’est pas non plus une nécessité pour tout le monde de boire pour se détendre, ni une obligation quand on insiste.

Les performances d’acteurs

Franciska Törőcsik est une excellente actrice, et elle le prouve encore ici. Son personnage, Kati, est à la fois forte et vulnérable, toujours crédible. Tamás Kovács incarne Péter avec justesse, et les seconds rôles – dont Barnabás Rohonyi, Zsombor Kövesi et Zsolt Anger – apportent solidement leur contribution.

Une fin heureuse – et c’est parfait ainsi

Le film se termine sur une note heureuse. Je comprends que certains trouvent cela trop idéaliste, mais ici, ça fonctionne. L’histoire ne prétend pas être plus qu’elle n’est : un film qui divertit, fait réfléchir et offre un moment de respiration.

À qui je le recommande ?

À tous ceux qui, en tant que Hongrois, veulent se détendre un peu sans craindre d’aborder des sujets sérieux. Même à ceux qui ne sont pas attirés par la danse folklorique – ce film pourrait bien leur faire changer d’avis.

Beaucoup autour de moi ont une méfiance naturelle envers le cinéma hongrois, mais Mariage hongrois est une œuvre réussie et attachante que je regarderais volontiers à nouveau. Et ce sont peut-être des films comme celui-ci qui peuvent aider à briser ces préjugés.

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