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« Mon prochain week-end libre, c’était dans six mois. » Comment garder ses amis dans la trentaine et la quarantaine

Szőke Angéla4 min de lecture
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« Mon prochain week-end libre, c’était dans six mois. » Comment garder ses amis dans la trentaine et la quarantaine — Mode de vie

Dans la vingtaine, on a tout le temps : on sort faire la fête même si on travaille le lendemain, parce que deux heures de sommeil, qui s’en soucie ? Puis arrivent la trentaine et la quarantaine, on construit sa carrière, on a une relation stable, parfois des enfants, et on réalise que garder ses amitiés devient un vrai défi.

Récemment, en rentrant du travail à travers un parc, j’ai vu un groupe de jeunes femmes dans la vingtaine, souriantes, posant avec une glace pour un selfie. J’ai ressenti un instant d’envie, mais pas pour leur jeunesse : pour leur complicité et leur joie d’être ensemble. Elles papotaient gentiment, et je me suis rappelée comment, il y a 15-20 ans, je faisais pareil avec mes amies. On était en contact tous les jours, on savait tout les unes des autres et des garçons du moment. On se disputait parfois, mais on se réconciliait vite, et il ne passait pas un jour sans que je croise quelqu’un du groupe.

Des sorties ensemble après 30 ans ? Un doux rêve !

Après 30 ans, ça ressemble à un vrai défi : on essaie dur de se voir pour un café tous les deux mois, et souvent ça tombe à l’eau à cause d’un enfant malade, d’une grand-mère hospitalisée ou du travail qui nous retient. On a même voulu organiser un « week-end entre filles », mais en regardant mon agenda, mon prochain week-end libre était dans six mois. Quand on se voit enfin, on doit condenser trois heures pour tout se raconter : comment vont les enfants ? Où en est la rénovation ? Tu détestes toujours ton mari ? Ta belle-mère fait encore des siennes ? Tu as postulé pour cette promotion ? Comment est ton nouveau patron ?

Les rencontres sont difficiles non seulement à cause du travail et de la famille, mais aussi parce qu’on habite plus loin les unes des autres. Une de mes meilleures amies s’est mariée à la campagne, une autre travaille à l’étranger, alors on se contente de messages ou parfois d’un appel vidéo.

Avec elles, au mieux, je parle ou vois une à deux fois par an, mais ce sont des amies proches, car on reprend toujours la conversation là où on l’a laissée, et je sais que je peux compter sur elles.

Et il y a aussi des amitiés qui n’ont pas résisté au temps. Parfois, je me suis rendu compte que j’étais la seule à initier les conversations ou les rencontres, jamais l’autre. Ces relations, il faut les laisser partir, et ce n’est pas grave. Pas de rancune : ce qui nous unissait autrefois ne le fait plus, c’est normal.

Je me fais facilement des amis et j’en ai toujours eu beaucoup, de l’école primaire, du lycée, de la fac, et presque tous mes emplois ont laissé quelqu’un dans ma vie. J’ai aussi noué des amitiés grâce à mon mari, puis je suis devenue maman et j’ai rencontré des copines à la crèche et au parc. Je pensais que ces liens dureraient toujours, mais la réalité est qu’on n’a pas le temps d’entretenir toutes les relations.

Garder ses amis
Source: unsplash.com

La qualité prime sur la quantité

J’ai décidé de ne pas chercher de nouvelles amitiés, mais de consacrer mon temps limité à celles qui ont résisté au temps. Celles qui étaient là quand j’ai eu un appareil dentaire en CM1, quand Kovács Marci m’a embrassée pour la première fois au camp d’été, quand j’ai raté un concours, quand j’ai été virée, quand j’ai divorcé, quand mon premier enfant est né.

Ce sont ces amis-là qu’il faut : pas de disputes, ils comprennent qu’on se voit rarement, ils ne s’offensent pas si j’oublie leur anniversaire, et les retrouver, c’est comme enfiler une pantoufle chaude et confortable.

Un cercle intime avec qui on prévoit déjà, dès que les enfants seront plus grands, de partir une semaine à Madère. Avec qui il suffit pour l’instant d’échanger quelques messages par semaine ou de s’appeler quand on a vingt minutes de calme. Qui envoient un mème drôle ou un message vocal parce qu’ils ont pensé à moi, ou qui me taguent dans une vidéo intéressante. Ces petites attentions montrent qu’on pense les uns aux autres, et pour le moment, c’est suffisant.

Le plus important, c’est d’être là quand l’autre a besoin. À cet âge, la vie nous réserve des événements forts – décès d’un parent, mariage, divorce, naissance – souvent inattendus. C’est là qu’il faut soutenir ses amis. Et plus tard, en grand-mères, on rira de tout ça.

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