Nous en avons parlé quand elle a commencé à être attirée par quelqu’un d’autre, sans savoir quoi faire, car elle vivait en couple depuis des années. Je lui ai dit que si quelqu’un lui plaisait tellement qu’elle n’arrêtait pas d’y penser et qu’elle continuait à creuser cette idée, c’est sûrement que sa relation était en train de se détériorer. Je le pense toujours aujourd’hui.
Je ne dis pas qu’une relation peut être sauvée dans ces circonstances, mais quelque chose manque forcément si on peut tomber amoureux de quelqu’un d’autre. Même si on ne fait pas encore de pas concrets pour se rapprocher de cette personne. Pour mon amie, il est devenu clair que sa relation ne fonctionnait plus depuis un moment et qu’elle en était à moitié sortie, mais que tout semblait trop compliqué pour qu’elle agisse.
Ce n’est pas un problème d’être attiré·e – mais il y a un « mais » à la fin de la phrase
Un article paru dans le magazine Emotion explorait comment fonctionnent les relations amoureuses et comment nous réagissons face à des personnes attirantes quand on est en couple.
Ça peut surprendre, mais les chercheurs affirment que c’est tout à fait normal et sans danger. En fait, c’est sain d’identifier des « alternatives » attirantes dans notre quotidien. Qui sont-elles ? Des personnes avec qui on aimerait sortir, partager un moment intime, ou simplement apprendre à mieux connaître si on n’était pas en couple. Le problème, selon les experts, survient quand le désir devient trop fort, car alors les émotions contradictoires deviennent source de stress.
Tant que le désir n’est pas fort, pas de raison de s’inquiéter
« La plupart des gens ressentent de l’ambivalence à un moment donné dans leur relation », explique Giulia Zoppolat, auteure principale de l’étude. Dans ces moments, on doit faire des choix. On se retrouve souvent pris dans un mélange d’émotions opposées en évaluant les bons et mauvais côtés de sa relation.
Pour mieux comprendre ce phénomène, les chercheurs ont recruté aux Pays-Bas plusieurs centaines de couples engagés de longue date. Ils leur ont demandé leurs sentiments envers leur partenaire, s’ils avaient des « alternatives » attirantes dans leur vie, ainsi que d’évaluer leur bien-être personnel et relationnel, leur niveau de stress actuel, et s’ils pensaient souvent à rompre.
La question centrale était ce qui se passe quand on ressent du désir pour quelqu’un d’autre. Il s’est avéré que même si la plupart des adultes peuvent identifier au moins une « échappatoire » attirante, c’est surtout le désir qui intensifie ce sentiment de dualité, pas la simple présence de l’autre.
« Ce n’est pas alarmant d’être attiré par quelqu’un, mais ça peut devenir inquiétant quand le désir devient fort »

Ça peut être anodin, ou bien révéler beaucoup plus
Les auteurs soulignent que ce sentiment peut être temporaire, car beaucoup de choses peuvent provoquer des creux dans une relation. C’est souvent à ces moments qu’on regarde de plus près ces personnes attirantes qu’on avait mises de côté. Cela peut être un changement important de mode de vie, un déménagement, un changement de travail, des difficultés à la maison, ou un sentiment temporaire de négligence.
Le plus grand danger, c’est quand l’« alternative » attirante est constamment présente et semble partager les mêmes sentiments.
Les chercheurs estiment qu’il est normal et acceptable de ressentir de l’attirance pour d’autres personnes. Cela ne signifie pas forcément la fin ou la dégradation de la relation. Mais c’est clairement une situation stressante, qui génère des émotions mixtes et contradictoires. Dans ces cas, la relation n’est pas forcément vouée à l’échec, mais elle demande plus d’attention et de soin. Il faut clarifier ses émotions et décider de la meilleure voie à suivre pour l’avenir.











