Sécurité ou ennui : Depuis ton divorce, qu’est-ce qui te manque dans le mariage et qu’est-ce qui ne te manque pas ? Chaque séparation a ses bons et ses mauvais côtés.
Les petits détails
Les blagues un peu nulles que seuls mon ex-mari et moi comprenions me manquent. Nos private jokes, ce langage secret qu’on partageait. Ce demi-sourire ou ce signe de tête qui suffisait à comprendre l’autre sans un mot. Je ne sais pas si je retrouverai un jour quelqu’un avec qui je me comprendrai ainsi, et ça me rend triste. Pourtant, je ne regrette pas le divorce, car nous voulions des choses différentes dans la vie, ce qui créait une tension constante. Depuis que j’ai déménagé, j’ai l’impression qu’un bruit de fond désagréable a disparu, ou que la pression étouffante s’est envolée : je peux enfin respirer.
Les eaux troubles
En tant que femme, j’aimais la sécurité que le mariage m’apportait. Peu importe ce qui arrivait, mon mari était là, prêt à tout gérer, parce que c’est son tempérament. Il ne paniquait jamais, je ne l’ai jamais vu perdu ou stressé, il réglait tout calmement et efficacement. Depuis le divorce, j’ai un peu l’impression d’entrer pour la première fois dans l’âge adulte. Je ne peux plus l’appeler en cas de problème, je dois tout gérer seule. Parfois, ça fait peur, mais je ne regrette pas. Mon ex-mari calme était en fait la personne la plus ennuyeuse au monde, et à ses côtés, je serais devenue folle d’ennui. Je préfère affronter des situations incertaines plutôt que ce néant perpétuel.

Ensemble, mais séparés
Le sentiment d’appartenance me manque. Au début, ma femme et moi étions vraiment dans l’idée du « deux contre le monde ». Puis elle a trouvé quelqu’un d’autre et maintenant elles sont deux contre le monde. Peu importe, ce n’est pas ça l’essentiel. Ce qui me manque le plus, c’est de sentir que j’appartenais à quelqu’un et que quelqu’un m’appartenait. Maintenant, je suis seule comme un doigt. Ce qui ne me manque pas, c’est ma jalousie constante, qui malheureusement – comme j’ai découvert – n’était pas infondée.
Un prix à payer
Ça me manque de pouvoir dire « mon mari » pour quelqu’un. La société regarde les femmes seules avec un mélange de pitié et de mépris, et les divorcées sont presque stigmatisées. Quand j’étais mariée, je faisais partie de la norme acceptée, maintenant j’ai l’impression que la société m’a un peu rejetée. Ce qui ne me manque pas, c’est de vivre avec quelqu’un qui ne fait rien à part laisser traîner le désordre, la vaisselle sale et une montagne de linge sale. Je me sens soulagée de ne plus vivre dans un vrai bazar.

Une mauvaise entente
Ma femme et moi avions beaucoup de goûts en commun, on aimait les mêmes films, on écoutait la même musique et on se recommandait sans cesse des livres. Ça me manque de discuter d’un concert sur le chemin du retour, de dire à quel point le spectacle était génial. Ou de parler d’un film au lit, en évoquant des détails que l’autre n’avait même pas remarqués. Ça me manque qu’elle exprime avec enthousiasme combien elle a aimé un livre que je lui avais conseillé. Ce qui ne me manque pas, c’est la dispute constante. On n’a jamais réussi à vivre ensemble sans conflit, et c’était une source permanente de tension. C’est triste – voire tragique – que deux personnes avec autant de points communs ne puissent pas s’harmoniser.
Les extrêmes
Le rire sexy de ma femme me manque, le sexe passionné, sa danse sensuelle, son charme irrésistible, sa personnalité intense et unique. Mais maintenant je sais que cette lumière avait aussi son revers. La jalousie féroce, les accès de colère imprévus, les crises, les pleurs, les paroles blessantes. Ma ex-femme est bipolaire et refuse de faire quoi que ce soit pour guérir. J’ai dû lâcher prise, sinon cela nous aurait détruits tous les deux.











