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Un garçon peut devenir un adulte solitaire si vous l’élevez ainsi

Szabó Erzsébet7 min de lecture
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Un garçon peut devenir un adulte solitaire si vous l’élevez ainsi — Famille
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Nous parlions justement l’autre jour du premier amour, même si je suis une maman de fille. Avec ma fille, nous avons discuté de ce qu’elle pourrait faire si quelqu’un tombe amoureux d’elle alors qu’elle ne ressent pas la même chose. Comment le dire avec douceur et honnêteté, et pourquoi il est important de ne pas jouer avec les sentiments des autres. C’est là que j’ai vraiment compris : ces conversations ne sont pas juste des petits sujets mignons, elles construisent profondément son intelligence émotionnelle et son image des relations amoureuses.

Il serait tout aussi essentiel d’élever les garçons avec cette même sensibilité. Je vois des progrès dans beaucoup de familles, mais il y a encore trop souvent des contre-exemples (même dans les « familles de filles »). Je me demande toujours : pourquoi tant de parents ne trouvent-ils pas naturel d’avoir ces conversations profondes avec leurs enfants ?

Je sais que beaucoup ne négligent pas cette part de l’éducation intentionnellement. C’est plutôt que les vieux schémas nuisibles et hérités sont encore bien présents : « un garçon doit être dur », « un homme ne pleure pas », « il apprendra tout seul », ou encore « la place d’une femme est dans la cuisine », « une femme ne doit pas s’en mêler ». Mais si on n’y fait pas attention, ces croyances anciennes continueront d’entraver un avenir heureux, quel que soit le genre.

Alors, comment faire si vous êtes une maman de garçon et que vous ne voulez pas élever un homme solitaire et émotionnellement isolé ?

Ne tolère pas qu’il te traite mal !

Si ton fils te parle avec condescendance, lance une remarque blessante pendant que tu prépares le dîner, ou dit : « c’est un travail de femme, ce n’est pas mon rôle », ce n’est pas une blague ni de la prétendue « virilité », c’est un signal d’alerte. Il est important de lui montrer que tu n’es pas d’accord et d’en discuter ensemble pour comprendre d’où viennent ces idées. Quels contes, vidéos ou habitudes familiales ont pu lui transmettre cette vision des rôles féminins et masculins ?

Les psychologues insistent de plus en plus sur le fait que ces schémas ancrés à la maison peuvent causer de sérieux problèmes relationnels à l’âge adulte.

Si un garçon apprend que la femme est inférieure, il peut facilement croire qu’il a plus de droits – et que blesser les autres est acceptable.

En regardant l’évolution de notre société, il est clair que dans 20 à 30 ans, cette mentalité ne sera pas un atout pour s’engager dans une relation.

Conseils pour mamans de garçons

Si tu le sauves toujours, il n’apprendra pas à se battre

Tu finis souvent les devoirs à sa place le matin parce qu’il n’avait pas envie la veille ? Tu lui apportes son sac de sport oublié à la maison ? C’est dur de ne pas trop s’occuper, et je pense que ce n’est pas toujours nécessaire, juste parce que nous avons survécu à la journée même quand notre mère oubliait de préparer le goûter.

Si ton fils voit que tu résous toujours tout à sa place, il apprend qu’il n’a pas à prendre de responsabilités ni à faire d’efforts – les choses se règlent sans lui.

Une étude récente de 2024 montre que les enfants trop protégés ont plus de mal à s’adapter à la vie réelle et souffrent plus souvent d’anxiété. La vie n’est pas un parent protecteur – mieux vaut apprendre ça à temps.

Ne fais pas de ton fils ton soutien émotionnel !

Il est souvent difficile de ne pas partager nos difficultés avec nos enfants, ils sont là, ils entendent, ils ressentent nos soucis. Tu n’as pas besoin de cacher tes émotions, mais il faut poser des limites. Si ton fils est toujours celui qui te console, celui à qui tu te confies après une journée difficile, tu lui mets un poids trop lourd.

Ce n’est pas seulement son enfance que tu lui voles, tu lui apprends aussi qu’il doit résoudre les problèmes des femmes. Adulte, il risque de se retrouver dans des relations où il poursuit des partenaires émotionnellement inaccessibles ou doit jouer le rôle du sauveur en portant tous les fardeaux. Si tu as besoin de soutien émotionnel, c’est parfaitement normal – mais choisis quelqu’un d’autre que ton enfant !

Les compliments vides ne construisent pas la confiance en soi

Complimenter, c’est bien – mais seulement si c’est sincère. C’est un vrai défi de ne pas « trop » complimenter, car d’un côté on entend partout que c’est la clé de la confiance en soi, et de l’autre, certains enfants ont un besoin plus fort de reconnaissance : « Maman, c’est joli ? », « Tu vois comme je suis doué ? »

La psychologie montre que les compliments excessifs mais émotionnellement vides peuvent créer une image de soi déformée. Les enfants peuvent croire qu’ils sont toujours parfaits et ne peuvent pas se tromper, ou qu’ils ne valent que s’ils réussissent (bonjour le perfectionnisme adulte et le burn-out futur). Malheureusement, aucune de ces extrêmes ne donne une vraie confiance en soi, donc retirer les compliments est tout aussi nuisible.

Alors, que faire ? Mets toujours en avant ce que tu trouves vraiment précieux. « J’ai vu que tu faisais attention à ton frère – c’était vraiment gentil ! » « C’est incroyable comme tu as dessiné avec persévérance, je ne t’avais pas vu faire ça depuis longtemps ! »

Les modèles parlent – même quand tu ne veux pas

Si ton enfant voit que vous vous disputez souvent ou que vous vous évitez froidement, il pensera que c’est normal. L’exemple familial est toujours le favori que nous essayons inconsciemment d’imiter, à moins de commencer une thérapie à temps. Ce qui est rare, car on consulte souvent un professionnel seulement quand on est déjà bloqué.

Une étude de 2017 confirme que les enfants ressentent souvent mieux les conflits familiaux qu’on ne le pense, et ils en absorbent beaucoup plus que ce que les parents imaginent. Cela vaut aussi bien pour les mauvais que pour les bons exemples. Ce sont ces expériences qui détermineront plus tard comment nos enfants se comportent dans leurs propres relations.

Élever un garçon

Ne le place pas sur un piédestal juste parce que c’est ton enfant !

Beaucoup de parents ont tendance à mettre leur fils dans une position spéciale, que ce soit en tant que maman ou papa. « Tu es mon petit prince » ou « Voici mon petit héritier ». On le dit avec amour, et ne vous méprenez pas, la tendresse est essentielle !

Cependant, si ton fils est toujours au centre de tout, si tout tourne toujours autour de lui (sans qu’il ait à lever le petit doigt), il risque de devenir un adulte incapable d’accepter un refus. Les recherches psychologiques montrent que ces enfants deviennent souvent des adultes narcissiques ou borderline, incapables d’empathie ou de stabilité émotionnelle.

Ne fais pas passer le succès comme condition de l’amour !

Tu as peut-être déjà entendu (ou dit) ce conseil classique : « Mon fils, gagne beaucoup d’argent, et l’amour viendra après ! » Cette idée est blessante et dégradante à plusieurs niveaux, pas seulement pour les femmes. Elle dit aussi aux garçons en devenir : « Sois riche, sinon personne ne voudra de toi. » et « Tu n’es pas assez aimable en toi-même. »

Si un garçon apprend qu’il faut mériter l’amour – par le statut ou l’argent –, il pensera adulte que ses relations ne fonctionnent que s’il les « achète ». Il deviendra cet homme qui dit blessé : « Je lui ai tout donné, pourtant elle m’a quitté. »

Chaque conversation, chaque bon exemple et chaque retour sensible comptent ! Le but n’est pas d’élever parfaitement (ce qui est un défi impossible selon moi), mais d’apprendre aux garçons à aimer, à écouter et à comprendre les autres. Ils peuvent tout à fait devenir des adultes forts, reconnus et qui réussissent – tout en étant heureux.

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