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5 choses que je dois au fait d’avoir dû renoncer à beaucoup durant mon enfance

Élise Durand5 min de lecture
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5 choses que je dois au fait d’avoir dû renoncer à beaucoup durant mon enfance — Mode de vie
Dans cet article

Nous n’étions pas pauvres, mais j’ai toujours su que nous ne faisions pas partie des « plus aisés ». Je n’avais pas de vêtements de marque, ni de chaussures tendance, et la plupart des nouveautés, je ne faisais que les regarder de loin. Je n’ai jamais souffert de faim ni de privations graves, mais souvent, il fallait renoncer à ces petits désirs qui, à l’époque, me semblaient immenses. Ces expériences étaient douloureuses alors, mais aujourd’hui je sais que c’est précisément elles qui m’ont construite.

J’ai appris que moins ne veut pas toujours dire moins

Enfant, je restais souvent devant les vitrines, regardant ce qui semblait naturel pour les autres. Chez nous, on ne pouvait pas « simplement » acheter quelque chose, chaque dépense devait être réfléchie. Les magasins chinois, les friperies et les rayons en promotion étaient mon univers. À l’époque, cela me faisait honte, mais aujourd’hui je sais que c’est là que j’ai appris à décider consciemment et à voir la valeur là où d’autres ne cherchaient même pas.

C’est sans doute pour cela que je ne cours pas après le superflu aujourd’hui. Il ne faut pas grand-chose pour se sentir bien, et la plupart des activités qui me rendent heureuse sont gratuites ou très abordables.

J’ai compris que l’argent n’est pas qu’un simple outil

Pour qui n’a pas grandi dans l’abondance, l’argent signifie bien plus que pour ceux qui en ont toujours eu à disposition. Ce n’est pas qu’un chiffre sur un compte bancaire, c’est la sécurité, la conscience et une forme de sérénité. Enfant, j’ai souvent vu combien d’organisation, de renoncements et de planification étaient nécessaires pour que tout soit assuré.

J’ai appris qu’il faut travailler pour gagner de l’argent, et que « économiser » ne signifie pas forcément manquer, mais plutôt une organisation sérieuse dont les fruits mûrissent avec le temps.

Adulte, j’ai réalisé qu’il est facile de tomber dans l’excès inverse. J’ai longtemps eu du mal à dépenser, même quand je le pouvais. Et je fuyais la gestion financière autant que possible. Il m’a fallu du temps pour comprendre que l’argent et les dépenses peuvent faire partie du flux naturel, pas d’une source constante d’angoisse.

mère et fille cuisinant dans la cuisine

Mon empathie s’est approfondie

Quiconque a déjà ressenti ce que c’est d’être exclu (quelle qu’en soit la raison) voit les gens autrement. J’ai vécu enfant l’absence d’un soutien financier solide qui aurait pu assurer une adolescence insouciante. Il faut alors toujours prouver plus, apprendre plus, et bien sûr travailler plus. Cette expérience m’a d’abord endurcie, puis ouverte.

Aujourd’hui, je sais que derrière la plupart des conflits et des comportements se cachent des histoires – d’insécurités, de peurs, de manques. Mon vécu d’enfance m’a appris à être attentive : à moi-même, aux autres, aux blessures et pensées non dites. Cette sensibilité est devenue une de mes plus grandes forces, humainement et professionnellement. Je la chéris et la cultive encore aujourd’hui !

Je suis reconnaissante pour le peu comme pour le beaucoup

Quand j’étais enfant et que je devais renoncer à quelque chose, cela me semblait une perte énorme et irrémédiable. Aujourd’hui, je sais que ce manque m’a appris à apprécier ce que j’ai. Maintenant adulte, je suis reconnaissante de ne pas avoir à vérifier les prix à chaque achat, de pouvoir choisir des aliments de meilleure qualité quand je le souhaite.

Que nous puissions acheter des chaussures de marque pour ma fille, même si je sais qu’elle les dépassera en quelques mois, et que nous puissions faire bien plus que juste un voyage par an. Tout cela me rappelle d’où je viens et combien nous avons travaillé pour vivre ainsi aujourd’hui.

Je cherche toujours la solution, quelle que soit la situation

Mon adolescence m’a appris à me battre, car je ne pouvais pas attendre que quelqu’un règle les choses à ma place. J’ai appris à résoudre, réparer, réorganiser, et oui, avec le temps, à demander de l’aide, qui n’est pas une faiblesse mais un courage.

Aujourd’hui, si quelque chose ne se passe pas comme prévu, je ne panique plus. Mon « planificateur » intérieur sort toujours avec un plan B, C et D. Je sais qu’il y a toujours une issue, il suffit de la trouver, et je me concentre immédiatement sur les solutions possibles. Cette flexibilité et cette persévérance sont l’un des plus beaux cadeaux que mon enfance m’ait offerts.

Si je pouvais recommencer, je ne demanderais pas que ce soit différent, au contraire, je voudrais que tout se passe exactement de la même façon. Même si j’ai dû renoncer à beaucoup, j’ai appris que les vraies valeurs ne se mesurent pas en argent, même si l’argent est nécessaire pour une joie sans souci. Autrefois, je pensais que le bonheur était d’avoir tout, aujourd’hui je sais que la vraie satisfaction vient de l’appréciation de ce qui est donné.

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