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« Beaucoup croient encore en l’amour » – Vivre la 30e Budapest Pride

Schuster Borka4 min de lecture
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« Beaucoup croient encore en l’amour » – Vivre la 30e Budapest Pride — Nouvelles

L’ambiance de cette Pride était différente des années précédentes. L’an dernier, c’était presque une fête de rue, où nous avons rejoint le cortège à la dernière minute. Cette année, j’étais déterminée à y être, quoi qu’il arrive. Même si je n’y allais pas comme à un événement d’été, mais avec un nœud dans la gorge.

Les jours avant la Pride avaient une atmosphère bien différente. Le discours public, le climat politique, l’air du temps – tout semblait plus lourd. Aimer librement paraît plus difficile. Dire « je suis là » aussi. Moi, qui ai déjà marché tant de fois, j’avais peur. Peur de ce qui allait se passer, de ce qu’on nous permettrait ou non. Mais chaque fois que l’idée de ne pas y aller me traversait l’esprit, je me disais : j’ai trop peur pour reculer maintenant. Parce que tout ce qui pourrait arriver est moins effrayant que l’idée de perdre un jour cette liberté.

Budapest Pride

Nous sommes toujours là

Le jour venu, nous sommes partis à trois : mon partenaire, avec qui j’avais déjà marché l’an dernier, et un ami qui participait pour la première fois. Habillés de couleurs vives, souriants, nous avons marché vers le lieu, même si au fond de nous, une certaine anxiété persistait. En arrivant au point de rassemblement, mon premier sentiment a été un immense soulagement. Nous étions nombreux. Tellement, tellement nombreux… Et l’ambiance – paisible, joyeuse, souriante, ouverte – était comme toujours. Peut-être même un peu plus douce. Les gens prenaient soin les uns des autres. Pas de bousculades, pas de colère, juste de la joie. C’est pour cela que j’y vais chaque année : pour me rappeler que nous sommes toujours là.

Parfois, c’est difficile de s’en souvenir. Parfois, on a l’impression que la majorité pense ce qu’on crie dans les commentaires en ligne, pendant que l’on reste assis sur son canapé à se demander : suis-je vraiment le dernier à croire encore en l’amour ?

Et puis, soudain, vous vous retrouvez parmi plusieurs centaines de milliers de personnes qui vous sourient, et vous réalisez que vous n’êtes pas seul. La réalité, c’est ce jeune homme qui a pleuré en rejoignant la marche. Ce couple d’âge moyen qui défile avec une pancarte « parents fiers » et qui serre dans ses bras quiconque a besoin d’un câlin maternel ou paternel. Mais aussi ce couple amoureux qui ose peut-être pour la première fois s’embrasser devant le panorama romantique de Buda. La réalité, c’est le chant, la danse, les étreintes et les sourires.

Cette Pride était, à bien des égards, comme les autres, mais elle a aussi porté un message plus fort que jamais. Pas seulement sur les droits LGBTQ+, mais sur la liberté de toutes et tous. La liberté de s’exprimer, de défendre nos droits, de faire entendre notre voix. Le droit de chanter, de brandir un drapeau, d’aimer. Et le rappel que si cette liberté est un jour retirée à une communauté, elle sera bientôt retirée à toutes.

Pride
Source: unsplash.com

L’importance du courage

La Pride de cette année appartenait un peu à tout le monde, mais n’oublions pas d’où tout cela vient. Cette expérience libératrice, presque cathartique, qui nous a tant manqué ces dernières années, est grâce au courage de la communauté LGBTQ+. Leur persévérance, leur espoir et leur foi ont rendu possible cette célébration collective.

Ce sont eux qui n’ont pas reculé quand tout le monde avait peur. Et ce sont eux qui nous ont permis de nous tenir à leurs côtés – de partager cette joie.

J’espère de tout cœur que si un jour nous vivons vraiment dans un pays comme celui que nous imaginons aujourd’hui, nous n’oublierons jamais à qui nous devons cette possibilité. Nous n’oublierons pas qui s’est levé en premier. Et nous n’oublierons pas que nous leur devons tous quelque chose : notre courage, notre voix, notre vote, notre présence.

Voilà comment était la 30e Budapest Pride. J’y étais. Et quoi qu’il arrive, j’y serai encore l’an prochain.

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