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Guérison par la lignée maternelle : libérer les traumatismes transgénérationnels féminins

Élise Durand11 min de lecture
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Guérison par la lignée maternelle : libérer les traumatismes transgénérationnels féminins — Mode de vie
Dans cet article

Gina, raconte-nous comment, selon toi, les traumatismes transgénérationnels nous affectent et comment ils se relient à la féminité ainsi qu’au cycle menstruel !

Gina : Avec les traumatismes transgénérationnels, il est essentiel d’examiner aussi les aspects psychiques, notamment en cas de difficultés de conception. Quand tout semble en ordre médicalement, mais que ça ne fonctionne pas, il est utile d’explorer notre inconscient. Cela peut passer par des constellations familiales, l’hypnothérapie... L’essentiel est de se concentrer sur l’inconscient, car il influence 90 % de notre vie, alors que seulement 10 % est sous contrôle conscient.

Je rencontre souvent des blocages qui ne sont pas liés à nos propres traumatismes, mais que nous avons « hérités ». Pour comprendre cela, il faut adopter une posture qui accepte l’existence d’un inconscient familial collectif. C’est difficile à intégrer pour ceux qui sont très ancrés dans le matériel, mais souvent la vie les pousse à changer de regard, notamment à travers des défis de santé.

Chez les femmes, ces traumatismes hérités se manifestent souvent par des difficultés de conception ou des troubles du cycle, mais aussi par l’endométriose ou des règles douloureuses. Des problèmes mammaires (comme des kystes ou nodules, surtout dans le sein gauche, lié au soin), le SOPK ou la résistance à l’insuline peuvent aussi avoir une origine transgénérationnelle, exprimée par des sentiments cachés tels que « personne ne me soutient » ou « je n’ai pas le droit d’exister ». Ces schémas se répètent jusqu’à ce qu’on les libère consciemment, et je conseille souvent aux femmes de travailler aussi sur le plan émotionnel.

Comment reconnaître les liens entre traumatismes transgénérationnels et maladies ? Quelles méthodes permettent de les conscientiser ?

Gina : C’est en fait assez simple : réfléchissons aux sujets tabous dans notre famille. Quels sont-ils, pourquoi ne s’en parle-t-il pas ? Qui évite ces sujets et comment cela nous affecte-t-il ? Ceux qui participent à des constellations familiales deviennent peu à peu leurs propres psychologues, car ils réalisent que ces « sujets interdits » suscitent des émotions négatives. Il est donc important de prendre le temps de s’arrêter, de s’asseoir dans un espace calme et sécurisé pour réfléchir à tout cela. Si la relation avec notre partenaire, ami ou grand-mère est bonne, ils peuvent nous aider à explorer nos pensées et émotions. Souvent, une autre personne éclaire ce que nous ne voyons pas, un angle mort pour nous.

Parfois, un proche plus âgé répète sans cesse quelque chose que nous n’avions jamais vraiment remarqué, parce que « ça a toujours été ainsi ». C’est alors utile de prendre un moment pour vraiment l’écouter : préparons un thé, asseyons-nous à côté, mettons de côté notre téléphone pour être pleinement présents. Cela peut non seulement renforcer notre lien, mais aussi nous aider à comprendre les blocages émotionnels ou mentaux hérités. Le mot clé est attention. Il faut être ouvert, accueillir ce qui est dit, et cela vaut aussi pour notre corps. Il faut faire confiance au corps, à la vie, ou à l’univers – peu importe le nom – pour nous donner la bonne réponse au bon moment. Peut-être avons-nous posé une autre question ou attendu une autre réponse, mais en étant attentifs, le passé et l’expérience de nos ancêtres peuvent nous accompagner vers la guérison.

Je pense que la qualité de nos relations reflète aussi ces traumatismes, selon avec qui nous pouvons ou non partager certains sujets.

Gina : Oui, cela peut indiquer qu’un traumatisme ou un blocage est présent dans cette relation. Il faut particulièrement observer les lignées paternelle et maternelle : y a-t-il des « secrets » dont on ne parle pas ? Les secrets ont un impact puissant, surtout s’ils sont liés à un traumatisme – selon Hellinger, leur force est multipliée, malheureusement souvent de façon négative.

Dans ces cas, il est utile de chercher un soutien extérieur sous une forme qui nous convient – autrefois, les cercles de femmes jouaient ce rôle, offrant un espace de partage. Il est aussi précieux d’avoir des conversations profondes et intimes avec un homme, un partenaire, souvent à l’initiative de la femme. Mais il ne faut pas attendre d’eux un soutien émotionnel constant, leur rôle est plutôt d’assurer la sécurité. Bien sûr, chaque couple est différent et les rôles féminins et masculins évoluent selon la relation. L’essentiel est de trouver la bonne personne pour nous, mais pour cela, il faut d’abord devenir un partenaire idéal soi-même.

Par exemple, certains jeux de cartes peuvent faciliter ces échanges, et peuvent même s’introduire dans un couple s’il y a assez de confiance et d’ouverture. Oser s’ouvrir émotionnellement renforce beaucoup la relation.

Pourquoi est-il important, selon toi, de connaître l’histoire de nos ancêtres ? Comment la compréhension du passé contribue-t-elle à la guérison ?

Gina : Comme je l’écris à la fin de mon livre, nos ancêtres sont toujours fiers de nous, car nous portons en nous ce qu’ils ont été. Il ne faut pas faire d’efforts excessifs pour être « assez bons », nous sommes la continuité de la vie. Mais si nous reconnaissons les ressources pour lesquelles ils ont souffert et que nous les intégrons dans notre vie, en transformant les douleurs du passé en forces, alors le passé devient un cadeau. Rien de ce qu’ils ont vécu ou enduré n’a été vain, et c’est une sensation incroyablement libératrice pour toute la famille.

Tu as mentionné Bert Hellinger, dont le nom est associé aux constellations familiales, une méthode répandue dans le monde. Peux-tu recommander d’autres techniques pour soigner les blessures du passé ?

Gina : Il existe plusieurs méthodes complémentaires aux constellations familiales, pour ceux qui trouvent cette approche étrangère ou ne trouvent pas le bon praticien. Par exemple, la kinésiologie avec un vrai spécialiste, la méditation, ou le Theta Healing, qui aide à reprogrammer nos croyances erronées. Le somatodrame est aussi une excellente méthode, similaire aux constellations, mais qui travaille avec nos organes. Le psychodrame et l’hypnothérapie – enseignés à tous les psychologues – peuvent aussi être efficaces, tout comme l’astrologie et l’astrologie karmique.
Pour les sceptiques, consulter un psychologue est une option, mais souvent cela reste au niveau conscient. La conscience comprend qu’« il n’y a rien qui cloche » et « je ressens ça parce que… », mais l’inconscient, qui a été dissocié, garde les problèmes si on ne travaille pas dessus. Les psychologues intégratifs peuvent ouvrir la voie vers ces techniques alternatives qui soignent aussi l’inconscient.

Comment vois-tu l’ouverture des gens en Hongrie aux approches alternatives ? Je connais des personnes qui ont malheureusement perdu confiance après être tombées sur de mauvais praticiens.

Gina : Je constate que l’ouverture progresse lentement mais sûrement. Beaucoup résistent encore, surtout face à l’invisible, et à l’effort que cela demande. Cela vient en partie du fait qu’on nous apprend dès l’enfance à ne faire confiance qu’à nos cinq sens, en ignorant presque totalement l’intuition ou le sixième sens. Pourtant, beaucoup d’enfants se souviennent de vies antérieures, sont connectés au monde spirituel, et ont souvent des amis imaginaires qu’ils connaissent en réalité depuis longtemps.
Le plus grand obstacle reste la peur, la crainte de l’inconnu. Ceux qui s’ouvrent et trouvent un bon praticien réalisent que ces méthodes fonctionnent vraiment.
Je pense que si nous sommes de plus en plus nombreux à nous éveiller, nous pourrons atteindre un niveau de conscience supérieur, bénéfique pour le monde. Mais chacun a la responsabilité de progresser à son propre rythme.

Pour revenir un peu à la féminité : selon ton expérience, y a-t-il un lien entre maternité et traumatismes transgénérationnels ? Quel impact ont la naissance et le passage à la maternité sur l’âme ?

Gina : Pour beaucoup de femmes, l’accouchement déclenche la pensée : « je ne veux pas transmettre les choses négatives que j’ai reçues ». La maternité est à la fois naturelle et un grand défi. Beaucoup cherchent à éviter de reproduire les erreurs de leurs parents, mais si ces schémas ne sont pas travaillés, elles transmettent malgré elles les mêmes, ou au contraire, laissent tout passer à leurs enfants pour éviter la culpabilité.
La connaissance de soi est clé ici. Ce n’est pas un problème si on réalise tard qu’on doit travailler sur soi ! Moi-même, j’aimerais que ma mère s’y intéresse, mais elle se contente de m’écouter, ce qui est déjà énorme pour sa génération.

Le travail sur soi ne peut tout simplement pas être imposé aux autres.

Gina : Il ne faut ni forcer ni contraindre. Les gens se protègent par peur : peur de ne pas être assez bons, peur d’avoir mal fait ou mal agir. En regardant nos erreurs passées, on voit qu’avec notre état d’esprit et les circonstances de l’époque, nous avons pris la meilleure décision possible.

On peut penser la même chose de nos parents : ils ont agi du mieux qu’ils pouvaient avec leurs connaissances, même si cela ne nous a pas toujours fait du bien ou a posé des modèles qui nous ont parfois égarés.

Par exemple, j’ai longtemps eu peur de ne pas pouvoir être une bonne mère en travaillant. Plus tard, j’ai découvert que ma mère était à l’université quand je suis née, et que bébé, je passais beaucoup de temps avec mon père, sans ma mère. C’était un modèle familial : ma grand-mère avait fait pareil, puis ma mère aussi. Dans ma vie, cela s’est traduit par le fait que je ne voulais pas d’enfant tant que je n’avais pas fini mes études et stabilisé mon travail.

Penses-tu que la maternité peut faire remonter des traumatismes enfouis ?

Gina : La maternité creuse profondément dans l’âme et peut faire remonter beaucoup de choses. Elle transforme aussi la relation de couple, car une nouvelle âme arrive, avec son karma qui influence les parents. Les schémas transgénérationnels et nos propres blocages peuvent tous refaire surface, avec leurs aspects positifs et leurs défis. Ceux qui ont déjà travaillé sur eux auront plus de facilité, mais pour d’autres, la maternité peut être une période difficile.

Parle-nous un peu de la genèse de ton livre Az Ötödik et comment il peut aider à guérir les traumatismes transgénérationnels.

Gina : Dans mon livre, se mêlent l’histoire de ma lignée féminine et mon parcours personnel : mes peurs liées aux relations et à la maternité, mes combats avec ma féminité, et comment j’aide mes clientes à les affronter. L’inspiration principale est venue du fait que j’ai trouvé des méthodes qui ont fonctionné pour moi, et que je voulais partager.

Ce livre aide à éveiller des pensées chez le lecteur, non pas par des faits secs, mais en touchant nos émotions, en nous « secouant » un peu : pleurer, rire, et vivre quelques moments d’« aha ».

Ce n’est pas une lecture légère ou romantique, mais une histoire profonde qui offre une nouvelle perspective. En refermant la dernière page, on peut entamer un nouveau chemin – si on est prêt.

Il me semble que ton livre sert de guide pour beaucoup. As-tu pensé que la lecture pourrait donner un coup de pouce supplémentaire pour lancer le chemin de connaissance de soi des lecteurs ?

Gina : Les retours montrent que beaucoup ressentent cela, et que les petites synchronicités, comme les émotions ou pensées suscitées par mon roman, les aident à franchir une étape. Mon livre n’est pas un guide sec de développement personnel, mais une histoire vivante à laquelle le lecteur participe, ce qui inspire beaucoup.

Je vois que les femmes sont de plus en plus prêtes à recevoir des réponses, à éveiller leur conscience féminine. Je pense que c’est une demande énorme aujourd’hui.

Les personnages et intrigues de ton roman portent clairement des messages féministes. Était-ce un choix conscient ?

Gina : Oui, surtout dans les temporalités passées, à travers le personnage de Katus. En 1916, les femmes n’avaient pas encore le droit de vote, et elle a beaucoup lutté intérieurement et face à son entourage. Son histoire montre aussi les difficultés liées à l’éducation et au travail pour une femme à cette époque. Elle ne voulait pas mener la vie « normale » des autres filles : rester à la maison, se marier jeune, avoir des enfants. Elle aspirait à plus, à découvrir ses capacités au-delà de la maternité.

On découvre qu’elle était vraiment talentueuse. Tu prévois plusieurs romans ! Seront-ils liés ou indépendants ?

Gina : Mon prochain livre abordera aussi la situation des femmes et comment la faire évoluer. Ce qui reliera mes romans, c’est qu’ils offriront tous des outils de connaissance de soi, à travers des histoires captivantes et pleines de rebondissements.

Voici la fin de notre série d’interviews en trois parties avec Georgina Sofia Lazaridisz. Nous sommes reconnaissants pour ses précieux partages sur la féminité, les traumatismes transgénérationnels et notre relation au cycle. Nous espérons que les lecteurs en retirent des clés utiles et inspirantes ! Merci de nous avoir suivis, et nous espérons retrouver Gina bientôt pour d’autres sujets passionnants !

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