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J’ai longtemps ressenti de la culpabilité en me reposant – voici comment j’ai trouvé l’équilibre

Marguerite Lupin5 min de lecture
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J’ai longtemps ressenti de la culpabilité en me reposant – voici comment j’ai trouvé l’équilibre — Mode de vie
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Il fut un temps où je ne savais pas « simplement » me reposer. Dès que je m’asseyais devant une série, je me surprenais à regarder mon téléphone ou à culpabiliser de ne pas travailler. Même si mon corps était sur le canapé, mon esprit vagabondait ailleurs : un e-mail non envoyé, une tâche en suspens, un projet futur que je n’avais même pas commencé. Mon corps se reposait, mais mon cerveau tournait à plein régime. Je ne savais pas encore que c’était aussi une forme de fatigue, celle du « multitâche mental ».

J’ai longtemps cru que le repos était un luxe. Quelque chose que je « méritais » seulement après avoir coché toutes mes tâches, quand les autres étaient satisfaits de moi, ou que j’avais été productive toute la journée. Comme ce moment arrivait rarement, le vrai repos lui aussi se faisait rare. Bien sûr, il y avait des pauses plus courtes : un bain chaud le soir, une promenade le week-end, mais au fond, cette pensée me hantait toujours : « Je perds mon temps. »

Un jour, un après-midi banal, mon corps m’a littéralement arrêtée. Après une journée de tournage, alors que je buvais mon troisième café et qu’il était déjà 20h selon ma montre, toute mon énergie s’est évaporée. Assise sur le canapé, je ne pouvais plus rien faire : ni écrire, ni parler, ni réagir. Je sentais que quelque chose n’allait vraiment pas. Ce moment m’a fait comprendre que poser des limites ne sert pas à donner moins, mais à ne pas se perdre soi-même.

Le repos n’est pas de la paresse. Ce n’est pas un signe de faiblesse ni une perte de temps. Le repos est l’opposé de la performance, mais pas son ennemi. Comme un muscle a besoin de récupérer, notre esprit ne peut pas être au top en continu. Pourtant, beaucoup d’entre nous associent encore leur valeur à leur productivité. Que si on ne fait rien, on n’est pas assez bien. Mais que se passe-t-il si on inverse cela ? Si on cesse de prouver notre valeur par le travail et qu’on apprend à s’accepter tel que l’on est ?

La première fois que je me suis autorisée à ne pas ouvrir mes mails le week-end, c’était étrange. J’ai presque ressenti de l’anxiété. Puis, au fil du temps, en constatant que je revenais aux lundis plus calme et créative, j’ai compris que le repos ne vole pas ton temps, il te le rend.

La culpabilité vient souvent du besoin de plaire

En creusant un peu, on réalise que la plupart de nos culpabilités ne sont pas vraiment nos voix. La société, le travail, les réseaux sociaux nous poussent sans cesse à faire « plus ». Travailler plus, accomplir plus, avancer vers plus d’objectifs. S’arrêter semble donc non seulement étrange, mais dangereux. Car s’arrêter, c’est risquer de rester à la traîne. Pourtant, la vie n’est pas une course où tout le monde court vers la même cible. Trouver son propre rythme est bien plus précieux que de suivre celui des autres.

Le repos conscient n’est pas la même chose que l’inaction passive

Beaucoup pensent que se reposer, c’est ne rien faire. Pourtant, le repos peut être actif. Lire, créer, cuisiner, marcher, photographier ou même danser : l’essentiel est de faire quelque chose qui te recharge vraiment. Ton corps et ton esprit se régénèrent quand tu ressens aussi de la joie. Faire défiler son téléphone ne procure que rarement un vrai repos, mais c’est souvent ce qu’on choisit parce que c’est facile. Le repos conscient, c’est décider de s’accorder le temps de ralentir.

Apprends à reconnaître tes limites

C’est sans doute la partie la plus difficile. Poser des limites, c’est souvent dire non aux autres et oui à soi-même. Parfois, cela signifie refuser une tâche supplémentaire ou partir à l’heure du travail. D’autres fois, c’est vraiment débrancher l’ordinateur le week-end, sans « juste un dernier e-mail ». L’équilibre n’est pas un état fixe, mais une attention constante.

Le repos n’est pas une récompense, c’est une base

La leçon la plus importante que j’ai apprise, c’est que le repos n’est pas quelque chose à mériter. Ce n’est pas un bonus en fin de journée, mais une partie essentielle de ton fonctionnement. Pour donner de l’énergie, de la créativité, de l’attention, il faut d’abord se recharger. Quand tu acceptes cela, la culpabilité s’apaise. Aujourd’hui, quand je me repose, je ne cherche plus d’excuses. Je ne compte pas le temps « perdu ». Je me laisse simplement être présente. Car dans le repos, il ne s’agit pas de temps gaspillé, mais de soi retrouvé. Et c’est peut-être ça le plus grand changement : comprendre qu’on n’a pas toujours besoin de faire, prouver, avancer. Parfois, il suffit juste d’être. Et ce « suffire » n’est pas un manque, mais une plénitude.

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