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Ton rapport à ton corps ne vient pas de toi : voici ce que tu as hérité de ta mère

Farkas Margaréta5 min de lecture
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Ton rapport à ton corps ne vient pas de toi : voici ce que tu as hérité de ta mère — Mode de vie
Dans cet article

Ce n'est pas une histoire de gènes. Du moins, pas seulement. Avant même de comprendre quoi que ce soit à ton propre corps, quelqu'un t'a déjà montré comment une femme est censée se regarder. Le plus souvent, cette personne, c'était ta mère.

Ce qu'elle disait, ce qu'elle faisait devant le miroir, la manière dont elle soupirait en enfilant une robe : tout cela s'est imprimé en toi. Parfois si profondément que tu ne l'as remarqué que des dizaines d'années plus tard.

Ce que tu as vu enfant

Te souviens-tu de la façon dont ta mère se tenait devant le miroir ? De ce qu'elle disait en essayant un vêtement ? De sa réaction en revoyant ses photos de vacances ?

Pour beaucoup de femmes, ce sont de petits souvenirs qui semblent insignifiants : une demi-phrase par-ci, un soupir par-là. Mais un enfant voit tout, et enregistre tout.

Si ta mère disait « je suis grosse », tu as appris qu'un corps se juge avec ce genre de phrases. Si elle refusait toujours une part de gâteau parce qu'elle « ne pouvait pas se le permettre », tu as appris qu'il existe une équation compliquée entre la nourriture et le corps. Et si les compliments n'arrivaient qu'après une perte de poids, tu as appris que la valeur d'un corps est fluctuante, et qu'il faut sans cesse la mériter.

Elle n'avait pas besoin de te le dire à voix haute. Il suffisait que tu regardes.

Les phrases qui restent

Ces phrases que ta mère a laissées échapper un jour, tu les portes peut-être encore en toi. « Tu as les hanches larges, comme moi. » « Dans notre famille, les femmes sont comme ça. » « Fais attention, tu prends vite du poids. »

Ces mots n'étaient presque jamais dits par méchanceté. Le plus souvent, ils venaient de l'inquiétude, ou du simple fait qu'elle-même les avait entendus de sa propre mère. Mais leur effet reste le même : ils s'installent, et ils travaillent en silence.

Le plus troublant, c'est qu'on ne s'en souvient généralement pas clairement. On finit simplement par « savoir » que son corps est ainsi, que c'est son lot, que c'est la limite. Comme si cela avait toujours été vrai. Alors que quelqu'un, un jour, nous l'a soufflé.

Ta mère et ton rapport à ton propre corps

Il ne s'agit pas de désigner un coupable. Nos mères ont elles aussi hérité de quelque chose : de leur propre mère, des attentes de leur époque, des magazines avec lesquels elles ont grandi.

La chaîne est plus longue qu'on ne l'imagine, et la plupart des femmes qui ont transmis des messages négatifs l'ont fait avec les meilleures intentions. Elles-mêmes n'avaient jamais appris à faire autrement.

Mais cela vaut la peine de te poser la question : ta façon de penser à ton corps, de te regarder dans le miroir, de décider au moment d'un verre de vin que « ce soir, je le mérite »… d'où viennent vraiment ces pensées ? Sont-elles vraiment les tiennes ? Ou les as-tu héritées de quelqu'un qui les avait lui-même héritées d'un autre ?

Apprendre à repérer ces automatismes fait partie d'un même chemin que celui qui consiste à désamorcer ce petit discours intérieur qui nous démolit.

Comment sortir de ce schéma

La première étape, c'est de le remarquer. De t'arrêter au milieu d'une pensée et de te demander : à qui appartient vraiment cette voix ? Pas pour tout changer immédiatement, mais pour comprendre une chose essentielle : ce n'est pas une fatalité, c'est un schéma appris. Et ce que l'on a reçu, on peut aussi le déposer.

La deuxième étape, c'est de ne pas le transmettre. Si tu as une fille, une petite sœur, un neveu, ou simplement quelqu'un qui t'observe, fais attention à ce que tu dis de ton propre corps devant lui.

Tu n'as pas besoin de t'aimer parfaitement pour cesser de te dénigrer à voix haute. C'est l'une des décisions les plus discrètes, mais aussi les plus importantes, que l'on puisse prendre.

La chaîne ne se brise pas d'elle-même. Il faut que quelqu'un commence à faire autrement, et ce quelqu'un, ça peut être toi.

Pourquoi hérite-t-on du rapport de sa mère à son corps ?

Parce qu'avant même de comprendre notre propre corps, nous observons celui qui nous entoure. Les mots, les soupirs et les gestes d'une mère devant le miroir deviennent, pour l'enfant, un modèle de la manière dont une femme est censée se regarder.

Est-ce que ma mère est responsable de mon image corporelle ?

Non, l'idée n'est pas de désigner un coupable. Nos mères ont elles aussi hérité de leurs propres modèles, souvent avec les meilleures intentions. Elles n'avaient tout simplement jamais appris à faire autrement.

Comment reconnaître ces schémas hérités ?

En t'arrêtant au milieu d'une pensée sur ton corps pour te demander à qui appartient réellement cette voix. Comprendre qu'il s'agit d'un schéma appris, et non d'une vérité immuable, est déjà un premier pas.

Comment éviter de transmettre ces messages à mes enfants ?

En prêtant attention à ce que tu dis de ton propre corps devant ceux qui t'observent. Tu n'as pas besoin de t'aimer parfaitement pour cesser de te critiquer à voix haute : c'est déjà une décision qui change tout.

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