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« Je ne pouvais tout simplement pas jeter. » Pourquoi gardons-nous des objets que nous n’utilisons plus ?

Marguerite Lupin5 min de lecture
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« Je ne pouvais tout simplement pas jeter. » Pourquoi gardons-nous des objets que nous n’utilisons plus ? — Mode de vie

J’ai déjà promis des centaines de fois que j’allais enfin faire du tri. Me débarrasser de ces choses que je n’utilise plus et qui prennent juste de la place. Mais quand je les avais vraiment en main, il se passait toujours la même chose : je ne pouvais pas jeter. Elles retournaient sur l’étagère, dans la boîte, au fond du placard. Alors le rangement se transformait en procrastination, et mon espace devenait de plus en plus étroit, de plus en plus encombré. Et pas seulement dehors. À l’intérieur aussi.

Il m’a fallu du temps pour comprendre pourquoi j’étais si attachée à ces objets. Pourquoi il est si difficile de les laisser partir, même quand je sais très bien que je n’en ai plus besoin. Mais quand ça s’est éclairci en moi, tout a changé. C’est devenu plus facile. Pas seulement le rangement, mais tout le processus. Si toi aussi tu te demandes ce qui se cache vraiment derrière l’attachement aux objets, continue ta lecture.

Longtemps, j’ai cru que c’était juste un manque d’ordre. Que je manquais de volonté, de constance. Que d’autres jetaient plus facilement, alors que moi, je réfléchissais trop.

Ce n’est que plus tard que j’ai compris que ce n’était ni de la paresse ni une faiblesse. Mais de l’attachement.

Quand on donne du sens à un objet

Quand je touchais un objet, ma première pensée n’était pas « est-ce que j’en ai encore besoin ? » mais « que signifie-t-il ? ». Une époque, une situation, un sentiment. Certains appartenaient à une ancienne version de moi-même. À un temps où j’étais différente, où je désirais autre chose, où j’avais une autre confiance en moi. Jeter n’aurait pas été juste un tri, mais reconnaître que cette époque est révolue. Et ce n’est pas toujours facile à accepter.

J’ai aussi réalisé que beaucoup d’objets ne gardaient pas seulement des souvenirs, mais un sentiment de sécurité. L’impression que, même si tout s’effondrait, il y aurait quelque chose à quoi se raccrocher. Comme si ces choses promettaient : tu ne perdras pas tout d’un coup. Même si je ne les avais pas utilisées depuis des années. Il y avait un « au cas où » en moi. Au cas où ça servirait encore. Au cas où j’en aurais besoin un jour. Au cas où je regretterais.

Avec du recul, je vois que ce « au cas où » ne parlait pas des objets, mais de l’incertitude. De la difficulté à croire qu’il y aura assez. Assez d’opportunités, assez d’argent, assez de nouveaux départs.

Femme en train de faire ses valises chez elle

La plus grande prise de conscience a été que le chaos ne venait pas de la pièce, mais de moi. Les objets reflétaient ce que je refusais ou n’osais pas organiser à l’intérieur. Des décisions remises à plus tard. Des fins non dites. Des étapes de vie non pleurées.

Quand j’ai compris cela, le rangement est devenu complètement différent. Ce n’était plus un combat. Ni une contrainte. Pas un « je vais être dure avec moi-même ». J’ai commencé à poser des questions :

Pourquoi est-ce que je garde ça ? À quoi ça me rattache ? De quoi ai-je peur si je le laisse partir ?

Et curieusement, quand j’ai trouvé des réponses, les décisions sont devenues plus faciles. Je n’ai pas eu besoin de tout jeter. Mais je ne me suis plus accrochée désespérément. J’ai laissé partir certaines choses. D’autres, je les ai gardées en pleine conscience. L’espace a commencé à se libérer. Pas du jour au lendemain, mais doucement. Et en même temps, j’ai fait de la place dans ma tête et dans mon cœur. Ce sentiment que ce ne sont pas les objets du passé qui me retiennent, mais moi-même.

Aujourd’hui, je sais que l’ordre ne vient pas du fait d’avoir moins de choses. Mais de voir clairement pourquoi on s’attache à chacune. Et quand on comprend cela, lâcher prise n’est plus une perte, mais un soulagement.

Femme allongée vue de dessus sur un tapis, écoutant de la musique sur une platine vinyle

Si tu lis ceci maintenant, peut-être qu’un tiroir, une étagère, une boîte te revient en mémoire. Pas besoin de te lancer tout de suite dans le rangement. Pas besoin de prendre des décisions. La prochaine fois que tu prendras un objet que tu n’utilises plus, arrête-toi un instant. Ne te demande pas si tu en as encore besoin, mais ce que ça t’apporte de le garder. De la sécurité ? Un souvenir ? De la procrastination ? Un lien avec une ancienne version de toi ?

Si tu n’as pas encore de réponse, c’est très bien aussi. Pas besoin de tout comprendre en un jour.

Lâcher prise n’est pas une décision, c’est un processus.

Parfois, le premier pas, c’est juste de réaliser que ce n’est pas l’objet qui est lourd, mais ce qu’on y attache.

Quand le moment viendra de poser, jeter ou donner, ce ne sera peut-être pas ta main qui se sentira plus légère en premier. Ce sera ta poitrine. Ta tête. Tes pensées. Parce que ce n’est pas le rangement qui compte, mais que tu aies de la place. De la place dehors, et enfin dedans.

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