Leçon apprise
Avec notre premier enfant, mon mari ne m’a pas aidée du tout. Il rentrait du travail, disait qu’il était fatigué, et le week-end, il sortait avec ses amis pour se détendre. Puis j’ai vu comment le mari de ma copine s’occupait de leur bébé : dès qu’il rentrait, il allait vers l’enfant, le câlinait, c’était toujours lui qui le baignait. Pour notre deuxième bébé, j’ai dit à mon mari que cette fois, c’était un travail d’équipe, car mon activité en ligne commençait à décoller et je travaillais tous les jours. Au début, il était maladroit, mais il a vite pris le coup de main, et je regrette de ne pas avoir été plus ferme avec le premier enfant.
Encouragé
On dit que les femmes savent instinctivement comment s’occuper d’un bébé, alors que les hommes sont souvent perdus, et je le confirme un peu. Première fois maman, j’étais incertaine, mais je gérais tout, tandis que mon mari tâtonnait autour du bébé.
Je me demandais comment il pouvait être si maladroit, mais je ne l’ai jamais critiqué pour ne pas lui enlever son envie d’apprendre. Je le félicitais même quand il mettait la grenouillère à l’envers ou boutonnait mal le body. C’est essentiel que papa n’entende pas sans cesse qu’il est maladroit, mais qu’on l’encourage. (Oui, quelque part, nos maris sont un peu comme nos enfants...)
Avec adresse
Une amie psychologue m’a expliqué que nous reproduisons souvent l’éducation reçue de nos propres parents. Quand mon mari refusait de changer les couches ou de s’occuper du bébé, je savais qu’il imitait son père, qui ne s’en était pas occupé. Je me suis assise avec lui et lui ai doucement dit qu’il serait un bien meilleur père pour notre fils que son propre père ne l’avait été.
Avec patience, je lui ai montré comment nourrir, habiller et baigner le bébé, et il a vite progressé. À tel point qu’au bout d’un moment, il le faisait avec enthousiasme et fierté. Il a même dit à tous ses amis que ce n’était pas normal que la maman soit la seule à s’occuper du bébé, que les papas doivent aussi prendre leur part.
À contrecoeur
Au début, mon mari a essayé de me faire croire qu’il n’osait pas prendre le bébé de peur de le faire tomber, et il a sorti le classique « chérie, tu es bien meilleure que moi, je n’y arrive pas ». Mais j’ai tenu bon : j’ai dit que nous avions voulu ce bébé à deux, alors nous en prendrions soin à deux.
Je lui ai dit que je ne voulais pas être comme ma copine Orsi, qui ne peut pas laisser son enfant avec son mari une heure sans l’appeler toutes les cinq minutes pour un détail, et je suppose qu’il ne veut pas non plus être un père incapable de garder son enfant une heure. Ça a marché, et il a commencé à aider gentiment pour les tâches autour de bébé.
Tâches autour de bébé
Les hommes ne portent pas le bébé dans leur ventre pendant 9 mois, donc au début, ils ne créent pas le même lien que les mamans. Il faut accepter nos différences. Ce qui a marché pour nous, c’est de se répartir les tâches clairement. Moi, je suis avec le bébé toute la journée, lui le baigne et le couche. Je lave les vêtements, mais il peut aussi laver les biberons. Si on a besoin de quelque chose, il va l’acheter, c’est lui qui monte le lit, et on alterne pour la cuisine. Ce partage clair a très bien fonctionné.

Avec patience
Il était évident que je voulais que mon mari m’aide avec le bébé, mais je mentirais si je disais que ça a été facile. Il fallait tout lui montrer, car une fois il a voulu mettre du shampoing sur le bébé au lieu d’huile, et une autre fois, il a oublié de chauffer le lait avant de le donner. Sa maladresse ne m’a pas découragée, même si j’avais envie de reprendre le bébé et de dire « je m’en occupe ». Mais je savais que sur le long terme, ce serait contre-productif, car je ne pourrais jamais le laisser seul avec le bébé si je ne lui faisais pas confiance. Il n’est pas un baby-sitter parfait, mais je lui confie mon enfant en toute sérénité, et mes amies m’envient parce qu’elles ne peuvent pas en dire autant de leurs partenaires.
Passif
J’ai remarqué que j’étais passive-agressive avec mon compagnon. Je lui en voulais parce que je faisais tout autour du bébé, mais il ne pensait même pas à m’aider. Un jour, alors qu’il s’apprêtait à laver la voiture, j’ai eu une idée. Je lui ai pris le seau et l’éponge, puis je lui ai donné le bébé en disant qu’on échangeait. Il a été surpris, mais il a compris, et je dois dire qu’il est un papa-né, très habile dans tout.
Non non
Les premières semaines, il partait s’entraîner après le travail, rentrait, prenait une douche de quarante minutes, puis passait une heure au téléphone avec ses amis, alors que je n’avais même pas le temps de me laver les cheveux. Je savais que ça ne pouvait pas durer, alors j’ai progressivement impliqué davantage le papa dans les soins du bébé. Je lui ai confié d’abord de petites tâches, puis des plus importantes, et il a adoré être un acteur à part entière du quotidien de bébé. Je suis convaincue que beaucoup de femmes font l’erreur de ne pas envisager ou de ne pas laisser papa être un parent à part entière.
Échec
Je pensais qu’on s’occuperait du bébé ensemble, mais mon mari s’est complètement fermé à cette idée. Il m’a dit qu’il s’occuperait du bébé quand il saurait parler. Pour le faire réagir, avec ma belle-mère, on l’a laissé seul avec le bébé un week-end. Je suis partie comme si j’allais au magasin, puis on l’a appelé pour lui dire que le terrain lui appartenait pendant deux jours. Il a paniqué, mais il a géré. Depuis, c’est un papa modèle, il adore s’occuper de bébé.
Choc
Quand ma mère vient, elle est toujours étonnée que mon mari prépare si vite le bébé, l’habille, et que je peux partir quand je veux, car je peux laisser bébé avec lui. Maman dit toujours que j’ai bien « dressé » mon mari, car elle n’aurait jamais pu attendre ça de son père, « c’était une autre époque ». Je lui ai dit que je ne voulais pas que notre enfant soit tellement maman qu’on ne puisse pas s’absenter une heure sans lui.
Photo d’ouverture : Halfpoint/istockphoto.com











