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« Papa, tu seras mon mari ! » - L’amour d’enfance peut influencer toute notre vie

Kovács-Hain Zsuzsi6 min de lecture
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« Papa, tu seras mon mari ! » - L’amour d’enfance peut influencer toute notre vie — Famille
Dans cet article

Experte : Mirk Zsófia

psychologue, coach, médiatrice

« L’amour d’enfance existe absolument et il est bien réel. J’ai constaté que la plupart des gens se souviennent de leurs amours de maternelle ou de primaire. Moi-même, je m’en souviens, même de qui était amoureux de moi. Ces premiers amours font partie de notre identité. Ce sont de petits “grains d’identité”, mais des sentiments importants qui se développent progressivement en nous jusqu’à ce que l’amour s’épanouisse aussi dans la sexualité. » – explique Mirk Zsófia, psychologue, coach, médiatrice.

Intelligence émotionnelle – un apprentissage continu

Selon notre experte, « le sentiment amoureux est une émotion que nous ne pouvons pas contrôler, ni enfant ni adulte. L’attirance instinctive est une composante essentielle de l’amour, un sentiment non choisi. La manière dont nous l’exprimons, ou si nous l’exprimons, est un comportement appris, choisi et régulé. Par ailleurs, la régulation de nos émotions, un élément clé du quotient émotionnel (QE), s’apprend tout au long de la vie. Ce processus commence dès le plus jeune âge, à travers l’exemple parental : les soins maternels et paternels nous enseignent et nous font vivre ces émotions. » 

Les relations humaines et amoureuses de l’enfant sont fortement influencées par la façon dont ses parents vivent leur relation, expriment leurs sentiments et les transmettent à l’enfant. Ce monde émotionnel accompagne l’enfant tout au long de sa vie et de ses futures relations.

Papa, tu seras mon mari !

Quand mes filles avaient environ 4-5 ans, leur adoration pour papa s’est enflammée. Toutes deux voulaient que papa les épouse, et moi, je devais juste être là, même si ce n’était pas le cas.

« Vers 3-6 ans, les enfants traversent une phase psychosexuelle où les garçons veulent l’attention exclusive de leur mère, souhaitant « l’épouser », tandis que les filles veulent que « leur père les épouse » et que l’autre parent s’efface. Ce désir inconscient s’appelle le complexe d’Œdipe chez les garçons et le complexe d’Électre chez les filles. »

Il est important que les parents comprennent que ce comportement est temporaire et fait partie d’une étape normale du développement. C’est essentiel à garder en tête si les parents ressentent de la jalousie envers l’enfant du même sexe. Il est crucial que l’enfant accepte et comprenne les rôles familiaux : maman et papa sont partenaires, et lui est entré dans la famille en tant qu’enfant. Il faut en parler beaucoup avec l’enfant à son niveau, tout en lui donnant l’attention nécessaire de la part du parent de sexe opposé. »

La maternelle est un terrain fertile pour les sentiments amoureux. Dès la moyenne et grande section, les attirances entre pairs deviennent très marquées.

Ils vivent leurs premières déceptions, l’amour non partagé, car souvent l’objet de leur affection aime quelqu’un d’autre. Même un petit cœur d’enfant le ressent. 

« L’amour d’enfance repose aussi sur l’attachement et les relations affectives vécues en famille, sur l’exemple parental. Si l’enfant s’attache en toute sécurité à sa famille, il aura de fortes chances de développer des schémas d’attachement sains dans ses futures relations. Cela nécessite un style éducatif réactif et dévoué des parents, ainsi qu’une atmosphère chaleureuse à la maison. » explique Mirk Zsófia.

Nos émotions d’enfance peuvent être déterminantes

Nous nous souvenons tous de nos amours de maternelle et de primaire. Ces sentiments sont profondément ancrés en nous, ils deviennent partie intégrante de notre personnalité. Mais selon la psychologue, ils sont souvent « inconscients. C’est lié au fonctionnement de la mémoire, qui permet au cerveau de stocker de nouvelles informations. Pourtant, si ces expériences ont eu une importance émotionnelle, elles influenceront notre développement personnel futur.

Par exemple, si notre amour de maternelle a été une expérience positive et source de joie, nous avançons avec cette empreinte dans nos relations. Cette bonne expérience renforce notre confiance en nous et notre conscience de soi, facilitant nos futures connexions. Ainsi, ces premières expériences, même inconscientes, façonnent notre perception de nous-mêmes et notre place dans le monde. De cette façon, elles impactent aussi nos relations ultérieures. »

Le rôle des parents

En tant que maman, je pense que c’est une belle chose que l’enfant découvre ce sentiment merveilleux. L’intelligence émotionnelle se développe quand on prend au sérieux les émotions de nos enfants, sans les minimiser. « Il est important de reconnaître ces amours d’enfance, de les valider, et de parler avec l’enfant de ce qu’il ressent. » affirme la psychologue.

Quand faut-il demander l’aide d’un professionnel ?

« Il est essentiel de rappeler que nous sommes des êtres sexuels dès la conception. Même les bébés ressentent du plaisir à la stimulation génitale, certains le découvrent très tôt. On voit souvent des enfants en maternelle se masturber, ce qui ne doit ni être interdit ni source de honte, car cela pourrait freiner leur développement sexuel. Si, en tant que parents, nous ne savons pas comment gérer ces situations de manière éducative, il est utile de consulter un professionnel, ne serait-ce qu’une fois. »

Si un enfant manifeste des comportements sexuels excessifs ou inappropriés pour son âge, il est impératif de demander l’avis d’un psychologue. Il peut être utile de réfléchir à son exposition à des contenus sexuels inadaptés ou à un possible abus. Ce dernier reste souvent caché, mais peut provoquer des symptômes physiques et psychologiques graves, et se manifester par des jeux sexuels inhabituels avec ses pairs. Dans ce cas, ce signal doit guider les parents vers une aide adaptée, sans honte ni culpabilisation de l’enfant. » conclut Mirk Zsófia.

Le développement du sentiment de pudeur

La psychologue Sharon Lamb et la professeure Aleksandra Plocha ont étudié ce qui, chez l’enfant, constitue un comportement sexuel hors norme. Elles ont résumé leur position en quatre points :

  1. Le jeu à caractère sexuel ne repose pas sur un consentement mutuel.
  2. Le comportement viole les limites personnelles, une des parties se sent mal à l’aise, le comportement est « adulte ».
  3. Le comportement est nuisible à la personne, physiquement, socialement ou psychologiquement.
  4. Le comportement est répétitif, constant ou compulsif.

Ces comportements posent problème non seulement chez les enfants, mais aussi à l’adolescence et à l’âge adulte. C’est pourquoi il est crucial que les parents et les institutions éducatives aident l’enfant à développer un sentiment de pudeur. Ce n’est pas simple, car il faut que l’enfant ne voie pas ses organes génitaux comme quelque chose de honteux, mais qu’il comprenne que son corps lui appartient, et que personne d’autre ne doit toucher certaines parties de son corps.

« Le sentiment de pudeur se développe généralement vers la fin de la maternelle, autour de 6 ans, mais il existe de grandes différences individuelles. La nudité peut alors gêner les enfants, ce qui rend les situations de bain, notamment le bain partagé, parfois délicates. »

Être parent est souvent un défi, on navigue pour offrir la meilleure enfance possible à nos enfants. L’amour d’enfance en fait partie, et chaque parent doit le prendre au sérieux s’il veut aider son enfant à devenir un adolescent et un adulte équilibré, heureux, ouvert aux relations et aux autres.

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