Article d'opinion : Barbara Dubois
Après cinq ans de relation, il m'a semblé naturel de commencer à penser au mariage. En réalité, j'y pense depuis le début. Dès que j'ai rencontré mon compagnon, j'ai su, au fond de moi, que c'était lui. Que je voulais que notre histoire ait un cadre officiel. Non pas pour les apparences ou la fête, mais parce que le mariage représente pour moi quelque chose de profond : une décision commune tournée vers l'avenir, un « oui » dit non seulement à l'autre, mais aussi à la vie que l'on choisit de construire ensemble, sérieusement.
Lui, c'est une autre histoire
Et pour être honnête, ça a toujours été ainsi. Il n'a pas grandi avec l'idée que le mariage était un objectif de vie. Sans y être totalement fermé, il ne s'est jamais imaginé devant un autel. Il me dit qu'il veut être avec moi, passer sa vie avec moi — mais que le mariage lui semble être quelque chose de creux. Selon lui, on se promet des choses qu'on ne peut pas vraiment garantir. Personne ne sait ce qu'il ressentira dans dix ou vingt ans. Le mariage serait donc, à ses yeux, un geste symbolique plutôt qu'une véritable garantie.
Une partie de moi comprend ce raisonnement. Il m'arrive même d'y adhérer. Aucun papier, aucune promesse prononcée à voix haute ne peut empêcher les gens de changer.
La vie est imprévisible, et chaque relation porte en elle la possibilité du changement. En ce sens, le mariage n'est effectivement une garantie de rien.
Et pourtant, il y a en moi une autre émotion — plus difficile à résoudre par la logique. Cette partie-là ne cherche pas une preuve. Elle cherche un sentiment de sécurité. Je ne désire pas que quelque chose soit garanti pour toujours ; je veux que l'on dise, ensemble : nous prenons cela au sérieux, nous nous choisissons dans un cadre commun. Pour moi, ce n'est pas qu'une formalité. C'est aussi un ancrage émotionnel.
Et c'est là que tout se brouille
Parce que pendant que je cherche une confirmation tournée vers l'avenir, je passe peut-être à côté du présent. Mon compagnon, lui, n'est pas incertain sur notre relation. Il ne dit pas qu'il ne veut pas être avec moi. Il dit que cette relation lui suffit telle qu'elle est, sans validation extérieure. Et moi, je ressasse peut-être l'absence d'un geste symbolique qui n'est pas une condition pour s'aimer.
Mon dilemme ne porte donc plus vraiment sur la question d'un mariage ou non. Il porte sur ce que je considère comme essentiel : la forme d'une promesse pour l'avenir, ou la certitude du quotidien que je vis déjà.
Peut-être que mon désir de mariage ne parle pas vraiment de l'avenir. Peut-être qu'il parle de mon besoin de savoir que ce que nous vivons maintenant compte vraiment. Mais peut-être que ce type de certitude ne vient pas d'un « oui » prononcé, mais de la façon dont on se traite chaque jour.
Si c'est vrai, alors la vraie question n'est pas si je peux lui demander le mariage. La vraie question est : suis-je capable de lâcher l'illusion qu'il existe une forme plus rassurante que ce que nous vivons déjà ensemble ?











