On connaît tous des couples qui pensent que leurs soucis s’envoleront « quand le bébé arrivera ». Comme si ce petit bout de chou en chaussettes colorées était une potion magique capable d’effacer les tensions, de guérir les blessures du passé et de relancer l’amour, à la manière d’une scène finale de comédie romantique.
Mais la réalité est bien moins hollywoodienne
L’arrivée d’un bébé, aussi joyeuse soit-elle, met à rude épreuve même les relations les plus solides.
Un enfant bouleverse tout. Ce n’est pas seulement la fin du calme, la disparition des sorties spontanées ou la douce nostalgie des matins tranquilles. C’est surtout l’arrivée d’un troisième être dont chaque besoin devient une priorité absolue. Vos envies ? Celles de votre partenaire ? Elles se retrouvent soudain sur l’étagère « quand on aura le temps », bien loin.

C’est tout à fait normal, mais aussi épuisant, physiquement et émotionnellement, que tout tourne autour du bébé : votre emploi du temps, vos pensées, votre budget, votre énergie. La capacité fond littéralement, et ceux qui prétendent que cela n’affecte pas la relation ont soit une équipe de soutien exceptionnelle, soit pas encore d’enfant.
Beaucoup de couples ressentent alors qu’ils s’éloignent l’un de l’autre. Pas du jour au lendemain, mais doucement, presque sans s’en rendre compte. Un peu moins de câlins. Des conversations un peu plus rares. Une remarque qui passait avant, mais qui fait mal maintenant parce que vous êtes fatigué·e, frustré·e ou parce que c’est encore vous qui vous êtes levé·e trois fois cette nuit.
La romance ne meurt pas… elle s’échappe doucement. Et quand vous vous en rendez compte, vous n’êtes plus que des partenaires logistiques : qui emmène, qui ramène, qui lave, qui couche. Une équipe qui fonctionne, mais sans soutien émotionnel.
Je suis passée par là
Notre relation n’était pas parfaite avant la naissance de notre fille – soyons honnêtes, peu le sont – mais c’est clairement l’arrivée de notre enfant qui a déséquilibré la balance. Ce n’est pas à cause de ma fille que la relation a pris fin, mais le changement de vie a amplifié nos problèmes, et les responsabilités qui se sont accumulées ont accéléré cet éloignement vers lequel nous allions déjà, peut-être sans retour.
Je vis maintenant une nouvelle relation, dans laquelle je suis arrivée avec mon enfant. Et je veille très consciemment à ce que nous ayons du temps à deux. Pas par égoïsme, mais parce que j’ai compris qu’une relation stable et pleine d’amour ne devient pas une « famille » grâce à l’enfant, mais parce que les parents restent un couple vivant. Parce qu’ils restent partenaires et amants.

Ce qui est le mieux pour un enfant, ce n’est pas que ses parents n’aient pas eu de rendez-vous amoureux depuis trente ans. C’est qu’il voit ses parents s’aimer, se respecter et former une unité. Car c’est ainsi qu’il apprendra lui aussi à aimer.
Alors, est-ce que devenir parent tue la romance ? Oui, si on laisse faire. Si on croit que la relation fonctionne toute seule, si on a honte de se prioriser, si on pense que la romance est un luxe qu’on remettra à plus tard. Spoiler : elle ne revient pas toute seule.
Il faut de la conscience. Du temps, de l’énergie, parfois des compromis, et même parfois un peu d’argent, par exemple pour une baby-sitter, si aucun grand-parent, membre de la famille ou ami de confiance n’est disponible.
La romance ne meurt pas avec l’arrivée d’un enfant – elle passe juste au second plan, ce qui est normal un temps. Mais c’est à nous de décider si elle y reste.
Et peut-être que la plus grande leçon est là : ce n’est pas l’arrivée de l’enfant qui chasse la romance. C’est nous, si on ne la protège pas.











