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Que signifie vraiment le bonheur ? Pour moi, ce n’est pas d’avoir toujours une bonne journée.

Barbara Dubois3 min de lecture
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Que signifie vraiment le bonheur ? Pour moi, ce n’est pas d’avoir toujours une bonne journée. — Mode de vie

Si l’on passe seulement 15 minutes dans les recoins appropriés d’internet, on peut vite penser que le bonheur est devenu une sorte de Graal digital. Partout où l’on fait défiler, des mentors autoproclamés, des coachs de vie et des psychologues du canapé prétendent nous aider à le trouver. Ils nous expliquent comment être enfin heureux. Comme si le bonheur était un savoir secret et inaccessible, livré par une newsletter bien écrite ou une vidéo motivante.

Mais si tant de guides sur le bonheur sont si demandés, cela ne montre-t-il pas que beaucoup de gens ne le trouvent pas ? Et si tant de personnes le cherchent, la question se pose : est-ce vraiment si difficile à trouver ? Alors, où est le bonheur ?

Au lycée, je partageais ma chambre de dortoir avec sept autres filles, mais le mur à côté de mon lit, d’environ deux mètres carrés, était uniquement à moi. Il y avait les posters de mes groupes préférés, des photos de mes amis, et une citation de Léon Tolstoï : « Si tu veux être heureux, sois-le. »

J’adorais cette phrase. À seize ans, je pensais avoir percé le secret de la vie avec ces mots. Comme si le bonheur n’était qu’une décision : un geste du matin, comme décider de faire une queue de cheval ou de laisser ses cheveux lâchés. Je croyais que c’était aussi simple.

Aujourd’hui, à 37 ans, je vois à quel point la vie est plus complexe, plus difficile parfois, que ce que je pensais adolescente. Beaucoup croient que l’âge adulte apporte la sécurité émotionnelle, la stabilité et la paix, mais en réalité on apprend juste à avoir peur, espérer, lutter et se réjouir autrement. Pourtant, ma relation à la citation de Tolstoï n’a pas vraiment changé.

Je pense toujours que le bonheur est avant tout une décision, et que tout le reste n’est qu’un soutien possible. Je crois encore qu’on peut faire beaucoup pour notre bien-être physique et mental, mais aucune méditation matinale ni eau citron-gingembre ne nous empêchera d’avoir des jours où rien ne se passe comme prévu.

Comme rater le bus juste devant nous. Que quelqu’un qu’on aime tombe malade, ou que ce soit nous. Perdre un emploi, une opportunité, une relation. Ou simplement se lever en sentant que quelque chose cloche, sans pouvoir dire quoi.

Le bonheur, ce n’est pas d’avoir toujours une bonne journée. Parce qu’une telle vie n’existe pas. Et ce n’est pas non plus que tous nos désirs se réalisent. Parce que ça n’arrivera jamais.

Le bonheur, c’est plutôt de ne pas se rendre totalement dépendant des circonstances. C’est savoir apprécier ce que l’on a, même en sachant très bien ce qui manque. C’est reconnaître que la vie n’est pas un classement permanent, ni une vidéo TikTok parfaite où tout roule et où la lumière tombe toujours sous le bon angle.

Le bonheur est bien plus un état d’esprit.

Au fond des internets et sur les étagères des livres d’auto-assistance, on écrit des romans entiers sur comment trouver le bonheur. Mais c’est peut-être là le problème. Peut-être qu’en cherchant le bonheur à tout prix, on ne réalise pas qu’il a toujours été là.

Peut-être que le bonheur n’a jamais été caché. C’est juste que tout le reste autour — conseils, attentes, peurs, objectifs — est tellement bruyant qu’on oublie de l’entendre. Peut-être qu’il ne faut rien de nouveau, rien d’extraordinaire. Juste un moment où l’on s’arrête, regarde autour de soi, et se dit : rien ne m’empêche d’être heureux. Alors je me permets de l’être.

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