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« Traite-toi comme tu traiterais ton enfant » - Des anciens dépressifs racontent ce qui les a aidés

Angèle Laurent4 min de lecture
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« Traite-toi comme tu traiterais ton enfant » - Des anciens dépressifs racontent ce qui les a aidés — Mode de vie
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L’enfant intérieur

Ça peut sembler étrange au début, mais se traiter comme l’enfant qui vit en soi fonctionne vraiment. Quand tu te critiques, demande-toi : dirais-tu ça à un enfant ? Lui dirais-tu qu’il est bête, gros ou que sa vie n’a aucun sens ? Bien sûr que non. Sois plus doux, patient et bienveillant envers toi-même. Ce n’est pas facile, moi aussi ça m’a demandé du temps, mais avec la pratique, mon esprit s’est habitué et ça m’a énormément aidé.

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Bouger

Je sais que beaucoup roulent des yeux en entendant ça, surtout quand on n’a même pas la force de se lever, mais croyez-moi, c’est possible. Pour moi, la course a beaucoup aidé, mais je n’ai pas commencé par courir, juste par marcher. Au début, faire le tour de l’îlot me donnait le tournis, puis j’ai pu aller jusqu’au parc, à six rues de là. À chaque sortie, j’allongeais un peu la distance. Puis j’ai commencé à trottiner un peu – au début, juste quelques mètres – puis de plus en plus. En bougeant, ton corps produit des endorphines, l’hormone du bonheur, un vrai remède naturel. Aujourd’hui, je cours 5 à 10 kilomètres et j’adore ça, mais crois-moi, même juste aller au parc et s’asseoir sur un banc, ça fait déjà une grande différence.

Acceptation

J’ai fini par accepter que cette maladie fait partie de moi. Je ne pourrai jamais la faire disparaître complètement, mais je peux la gérer et vivre avec. Cette prise de conscience m’a donné de la force, je ne me sentais plus aussi perdu. J’ai accepté que j’ai des mauvais jours, mais j’ai aussi des outils et des méthodes qui m’empêchent de sombrer complètement.

Les pilules 

J’ai toujours eu peur des médicaments, convaincu qu’ils endorment et transforment en zombie, mais je me trompais. Mon antidépresseur n’a rien changé en moi, il m’a juste permis d’être enfin moi-même. Je ne veux pas dépendre à vie des médicaments, mais il faut savoir que ce n’est pas diabolique et que ça aide vraiment.

Le cauchemar

Ma femme et mon enfant dormaient déjà quand je suis allé dans le garage, j’ai démarré la voiture et passé un tuyau dans l’échappement, prêt à mettre fin à mes jours. Dans mon moment le plus sombre, je pensais que ce serait mieux pour eux sans moi. Puis ma fille a ouvert la portière, est montée sur mes genoux et m’a dit qu’elle avait fait un mauvais rêve, que je la console. Là, j’ai compris que je ne pouvais pas la laisser grandir sans moi.

Le cannabis

J’ai arrêté le cannabis et commencé à prendre de la vitamine D à la place. Beaucoup disent que la marijuana guérit la dépression, mais je pense plutôt qu’elle la cause. C’est un mécanisme de défense qui masque les problèmes un temps, mais ils finissent par revenir plus forts.

La gratitude

J’ai lu quelque part qu’il faut écrire chaque jour pourquoi on est reconnaissant ou ce qui a été positif. Même dans les pires journées, on peut toujours noter une ou deux bonnes choses. Important : écris à la main, c’est plus personnel et efficace. Après une semaine terrible, j’ai relu mes notes et réalisé que beaucoup de belles choses m’étaient arrivées. C’est facile de ne voir que le négatif, ce journal de gratitude aide à changer ça.

Authenticité

À 32 ans, j’ai enfin osé m’affronter et accepter que je suis gay. J’en ai parlé à ma famille, qui a été très compréhensive, et depuis je vis enfin ma propre vie, pas celle des autres.

Thérapie

Je ne croyais pas à la thérapie, mais quelqu’un m’a recommandé un professionnel qui m’a beaucoup éclairé sur ma famille. J’ai compris pourquoi mon père se comportait ainsi avec moi et accepté que ma mère ne pouvait pas faire plus. Depuis que je leur ai pardonné, la guérison a commencé, comme si un énorme poids s’était envolé.

La nature

J’ai quitté mon job stressant en entreprise pour m’installer à la campagne. Le calme, l’absence de stress et la proximité de la nature m’ont guéri. Ici, pas de foule, pas de course, pas de deadlines serrés, pas de conducteurs agressifs, pas de collègues pénibles ni de patrons insupportables. Mon loyer pour une belle maison est une fraction de ce que je payais pour un petit trou sombre en banlieue. Je travaille à distance quelques heures par jour, ce qui couvre largement mes dépenses. J’ai un potager et un chat à nourrir. Je ne sais pas ce que je cherchais dans cette course urbaine sans fin.

Photo d’ouverture : OLGA KAZANTSOVA/istockphoto.com

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