Bien Logo

« Tuez-les par la gentillesse » – La gentillesse comme arme de résistance

Schuster Borka4 min de lecture
Partager:
« Tuez-les par la gentillesse » – La gentillesse comme arme de résistance — Mode de vie

Je me suis toujours considérée comme une résistante. Dès l’adolescence, il était clair que le destin m’avait dotée d’un sens de la justice trop fort pour que je puisse me taire. Si quelque chose me semblait injuste, je le disais. Même si cela ne me concernait pas directement. Même si cela pouvait causer des problèmes. Et ça en a causé. Avec des professeurs, des camarades, le système. Je ne pouvais pas accepter la logique du « ce n’est pas ton affaire » quand quelqu’un subissait une injustice évidente.

Cette rébellion et ce désir de changer le monde ne m’ont jamais quittée, et pour être honnête, j’espère qu’ils ne partiront jamais. Approchant la quarantaine, je crois toujours que nous restons vraiment jeunes tant que nous sentons que ce qui se passe autour de nous nous concerne. Que nous ne sommes pas seulement des spectateurs, mais des acteurs du monde. Que nous avons le droit et la responsabilité de réagir, de questionner, de remettre en cause. Quand cela disparaît, ce n’est plus de la sagesse, c’est de l’épuisement.

Ce qui a changé, ce n’est pas ma résistance intérieure, mais mes outils. Avec les années, j’ai compris que toutes les batailles ne valent pas la peine d’être bruyantes. Toutes les injustices ne méritent pas une réponse impulsive. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’injustices ou d’outrages qui me mettent encore hors de moi aujourd’hui. Mais pour les conflits quotidiens, petits et constants, j’ai choisi une autre méthode.

Jeune femme belle aux longs cheveux bruns souriante

J’ai choisi la gentillesse

Dans un monde où il est devenu courant de piétiner les autres, où notre première réaction est de se vexer ou d’attaquer, où chacun pousse ses intérêts avec les coudes, le volume et le cynisme, j’ai choisi la gentillesse. Pas par naïveté. Pas parce que je ne vois pas ce qui se passe autour de nous. Mais justement parce que je le vois.

La gentillesse a un pouvoir désarmant incroyable. Je le sais par expérience. Quand quelqu’un m’aborde avec hostilité sans raison — par exemple en laissant un commentaire désagréable et provocateur sous un de mes posts sur les réseaux sociaux — je ne réponds pas avec colère. Pourtant, je pourrais. Après tout, je suis écrivaine, je peux clouer quelqu’un d’une phrase en une minute. Mais je sais où cela mènerait : à une dispute inutile où personne ne s’écoute, et où tout le monde crie de plus en plus fort.

Je choisis une autre méthode : je réponds avec un ton gentil. Je remercie pour le commentaire. Et je réponds le plus sincèrement possible à la question, même si je sais qu’elle n’a pas été posée par curiosité, mais pour créer un conflit. Les réactions sont souvent surprenantes. Comme si l’autre personne perdait soudain ses repères. Comme si elle n’avait pas prévu ce scénario.

Le monde numérique et les petits conflits quotidiens offrent un terrain parfait : rapide, souvent impersonnel, sans conséquences. Mais quand quelqu’un ne rentre pas dans le jeu des piques, ne relève pas le gant, mais répond avec gentillesse, cela les déstabilise souvent. Comme s’ils se rappelaient soudain que la dispute n’est pas la seule façon d’évacuer la tension. Une conversation humaine est possible. Un ton respectueux est possible. Une vraie connexion est possible. Et tout cela peut nous aider à nous sentir mieux.

Collage de bouches entourées de bulles de texte

Cette méthode ne marche pas toujours. Pas avec tout le monde. Et elle n’a pas besoin de réussir à chaque fois. La gentillesse n’est pas une baguette magique, ni une obligation. Mais pour moi, c’est un choix conscient. Une forme de résistance silencieuse face à une culture qui enseigne que seules les réactions violentes, bruyantes et cyniques comptent.

« Kill them with kindness » dit l’anglais. Moi, je dirais plutôt : ne te détruis pas à force d’être en guerre tout le temps.

Pour moi, la gentillesse n’est pas un recul, mais une force. Le signe que je refuse de laisser la rudesse du monde me transformer en quelqu’un que je ne veux pas être. Et si c’est de la résistance, alors j’en suis fière.

Lectures associées

Le nouveau copain de ma meilleure amie ne me plaît pas : est-ce que je dois lui dire ? — Mode de vie

Le nouveau copain de ma meilleure amie ne me plaît pas : est-ce que je dois lui dire ?

On a tous une amie qui, selon nous, mériterait mieux. Mais faut-il vraiment lui dire ce qu'on pense de son partenaire, ou vaut-il mieux se taire ?

Schuster Borka
La leçon la plus douloureuse de ma vie : on ne peut pas changer quelqu'un à force de l'aimer — Mode de vie

La leçon la plus douloureuse de ma vie : on ne peut pas changer quelqu'un à force de l'aimer

J'ai longtemps cru que l'amour pouvait tout transformer. Jusqu'au jour où j'ai compris qu'il ouvre des portes, mais que c'est l'autre qui choisit d'y entrer — ou non.

Schuster Borka
Tout n'est pas toxique, tout n'est pas un trauma — et il est temps qu'on arrête d'utiliser ces mots à tort et à travers — Mode de vie

Tout n'est pas toxique, tout n'est pas un trauma — et il est temps qu'on arrête d'utiliser ces mots à tort et à travers

TikTok, Instagram, conversations quotidiennes… Les mots "toxique", "trauma" et "narcissique" sont partout. Mais à force de tout étiqueter, ne vide-t-on pas ces mots de leur sens ?

Schuster Borka
Vous préférez écrire plutôt qu'appeler ? Voici pourquoi un simple coup de fil change tout — Santé

Vous préférez écrire plutôt qu'appeler ? Voici pourquoi un simple coup de fil change tout

Les appels téléphoniques créent une proximité émotionnelle que les messages ne peuvent pas offrir. Découvrez pourquoi il vaut la peine d'appeler plus souvent vos amis.

Fehér Dia
« Arrête d'être aussi sensible » : la phrase qu'on ne devrait jamais avoir à entendre — Mode de vie

« Arrête d'être aussi sensible » : la phrase qu'on ne devrait jamais avoir à entendre

« Arrête d'être aussi sensible » : cette petite phrase qui minimise vos émotions n'a rien d'anodin. Et si votre sensibilité était en réalité une force ?

Farkas Margaréta
Ce que révèlent vraiment les romans d'amour sur vous (bien plus qu'on ne le croit) — Mode de vie

Ce que révèlent vraiment les romans d'amour sur vous (bien plus qu'on ne le croit)

Les romans d'amour ne sont pas qu'une lecture légère : ils vous apprennent à mieux vous connaître, à savoir ce que vous voulez vraiment et ce que vous méritez.

Farkas Margaréta