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Vivre avec le syndrome de l’aînée : ce que ça fait vraiment

Barbara Dubois4 min de lecture
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Vivre avec le syndrome de l’aînée : ce que ça fait vraiment — Mode de vie
Dans cet article

Qu’est-ce que le syndrome de l’aînée ?

Le syndrome de l’aînée est un phénomène psychologique et social qui concerne les filles aînées. Elles endossent souvent des responsabilités plus lourdes dans la famille, développant dès leur jeunesse un fort sens du soin et du leadership. Sous la pression des attentes parentales ou culturelles, elles ressentent souvent le besoin d’être un modèle à suivre et de veiller sur leurs frères et sœurs.

Ce rôle peut être un atout, car il renforce l’adaptabilité, l’organisation et l’autonomie. Mais il peut aussi engendrer un besoin excessif de plaire, de l’anxiété et de l’épuisement, car ces femmes ont tendance à négliger leurs propres besoins. À l’âge adulte, elles se surchargent souvent, ont un fort besoin de contrôle et ont du mal à demander de l’aide.

Les effets du syndrome varient selon les personnes, mais certaines situations peuvent les aggraver.

Si un ou les deux parents sont malades, alcooliques ou incapables d’assumer leurs responsabilités parentales, l’aînée est souvent contrainte de prendre en charge ces devoirs. Elle doit alors non seulement s’occuper de ses frères et sœurs, mais aussi gérer le foyer et offrir un soutien émotionnel. Cela amplifie fortement les effets négatifs du syndrome : stress chronique, auto-sacrifice excessif et négligence de ses propres besoins. Beaucoup ont du mal à se détendre, à demander de l’aide ou à prioriser leur bien-être émotionnel même à l’âge adulte.

Signes du syndrome de l’aînée

Reconnaître le syndrome demande parfois de l’aide

Le syndrome de l’aînée n’est pas un terme officiel en psychologie, mais le phénomène est bien connu des professionnels. J’en ai entendu parler pour la première fois par mon thérapeute, lors d’une séance où je lui expliquais que j’avais mis fin à plusieurs relations parce que je recevais plus d’attention d’autres personnes, et que, je lui disais, je voulais toujours plus d’attention.

Mon psychologue m’a alors demandé si ce n’était pas plutôt que mes partenaires donnaient trop peu d’attention, et non que je voulais trop d’attention. Ce fut le premier signe que je ne reconnaissais pas mes propres besoins, ou que si je les reconnaissais, je les considérais injustifiés ou égoïstes.

Ironiquement, un des symptômes du syndrome de l’aînée est de ne pas prendre conscience de son propre bien-être mental, au point qu’un regard extérieur est parfois nécessaire pour réaliser que l’on ne va pas bien.

La guérison est difficile, mais possible

Bien que le syndrome de l’aînée, surtout s’il est « aggravé » par un parent alcoolique comme dans mon cas, soit difficile à maîtriser, il n’est heureusement pas nécessaire de vivre toute sa vie dans un château de verre froid construit par soi-même. Pratiquer la connaissance de soi et poser des limites peuvent beaucoup aider. Mais cela commence par reconnaître ses propres besoins, ce qui reste pour moi un vrai défi.

La communication ouverte aide énormément : depuis que mon partenaire sait que je porte ce « paquet » dans notre relation et que je travaille à le dénouer, il comprend mieux que quand je réponds « Rien » à la question « Qu’est-ce qui ne va pas ? », ce n’est pas pour le blesser, mais parce que j’ai souvent du mal à admettre même à moi-même qu’il y a un problème.

Le fait qu’il reste patient et me rassure que je peux être fatiguée, déçue ou simplement grognon, m’aide à mieux comprendre et exprimer mes besoins. Pourtant, il reste difficile d’admettre que j’ai besoin de 10 minutes seule ou d’un peu de tendresse supplémentaire après une longue journée – même si mon cœur en a faim, mon esprit me dit que si les autres vont bien, alors tout va bien.

Être la fille aînée m’a donné des compétences diplomatiques et une excellente communication, que j’utilise avec succès dans ma vie d’adulte. Mais il faut aussi apprendre à reconnaître que je suis plus qu’un tampon, un pacificateur ou un pont entre des parties en conflit : j’existe en mon propre droit. Et si cela semble évident pour beaucoup, celles qui vivent avec ce syndrome ont souvent du mal à se le reconnaître.

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