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À 30 ans, j'ai enfin appris à être seule (et ça a tout changé)

Schuster Borka5 min de lecture
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À 30 ans, j'ai enfin appris à être seule (et ça a tout changé) — Mode de vie
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Point de vue : Schuszter Borka

On n'apprend pas à être seul en décidant un beau matin que, désormais, tout ira bien. Chez moi non plus, ça ne s'est pas passé comme ça.

Ça a été un processus lent, parfois inconfortable, parfois libérateur. Dans ma vingtaine, cela ressemblait encore davantage à une fuite qu'à un choix. À cette époque, la solitude était toujours un état transitoire. Quelque chose qui précédait une relation, une soirée entre amis, ou qui suivait une rupture. Jamais une qualité en soi.

Et surtout : jamais quelque chose que j'avais vraiment envie de supporter.

Dans ma vingtaine, la solitude avait un poids étrange. Si je restais chez moi un vendredi soir, je me sentais obligée de me justifier, même dans ma propre tête. Ne rien avoir de prévu, ce n'était pas du repos, c'était un manque.

Quand personne n'était à mes côtés, une série de questions se déclenchait automatiquement en moi : pourquoi, quand est-ce que ça changera, qu'est-ce que je fais de travers.

C'est quelque part au début de ma trentaine que tout cela a commencé à se réorganiser en moi. Mais pas d'un coup de baguette magique, bien sûr : c'est le fruit d'un vrai travail conscient.

J'ai réappris à voir la solitude autrement

Je restais de plus en plus souvent chez moi sans ressentir de manque, parce que j'avais consciemment décidé que rester seule me faisait du bien. Et ce temps-là, je ne le passais pas à faire défiler mon téléphone : j'essayais de faire quelque chose qui me faisait du bien. Je dessinais, je cuisinais, j'écoutais de la musique, ou je m'offrais une soirée cocooning.

Peu à peu, j'ai ressenti de moins en moins l'urgence de remplir mon agenda. J'ai commencé à remarquer une chose : il y a des soirs où rien de spécial ne se passe, et pourtant je vais bien.

Ce fut la première fissure dans le vieux schéma.

Puis une autre prise de conscience est arrivée : être seul, ce n'est pas forcément se sentir seul.

Cela peut paraître évident, mais pendant longtemps je n'ai pas compris la différence entre les deux. Aujourd'hui, je la formulerais plutôt ainsi :

La solitude subie naît d'un manque, la solitude choisie naît d'une présence.

Quand je me sentais seule, il manquait toujours quelque chose

De l'attention, du contact, un retour, un geste, une conversation. Mais quand j'ai appris à être seule, ces choses n'ont pas disparu de ma vie : elles ont simplement cessé d'être une dépendance permanente.

J'ai commencé à réaliser tout ce que j'aime faire, même sans personne à mes côtés. Me promener sans avoir à parler. Cuisiner sans qu'une autre vie se déroule en parallèle. Lire sans que mes pensées soient interrompues. Ou simplement rester assise dans mon appartement, sans lancer aussitôt un bruit de fond.

J'ai aussi appris que ma propre compagnie n'est pas un « lot de consolation ».

Et avec ça, cette tension intérieure qui était toujours présente s'est peu à peu apaisée : celle de me demander si j'étais suffisante telle quelle. Assez intéressante, assez aimable, assez agréable à côtoyer.

Ce changement est libérateur. Mais ce qui compte peut-être encore plus, c'est qu'il m'a appris à ne pas construire mes relations à partir d'un manque.

Je ne suis pas avec quelqu'un parce que je ne supporte pas d'être seule. Je suis avec cette personne parce que sa présence me fait du bien, elle aussi. C'est une tout autre qualité de lien.

Et curieusement, apprendre à être seule ne m'a pas éloignée des autres : cela m'a rapprochée d'eux. Parce que je ne m'accroche plus, je ne comble plus un vide — je me relie.

Et pendant ce temps, je sais que je vais bien même quand je suis simplement seule chez moi, un soir tranquille.

Être seul et se sentir seul, est-ce la même chose ?

Non. La solitude subie naît d'un manque, tandis que la solitude choisie naît d'une présence à soi. On peut être entouré et se sentir seul, ou seul et parfaitement bien.

Comment apprendre à apprécier sa propre compagnie ?

En transformant le temps passé seul en un moment choisi plutôt que subi : dessiner, cuisiner, écouter de la musique, s'offrir une soirée cocooning. L'idée est de faire quelque chose qui fait du bien, plutôt que de simplement faire défiler son téléphone.

Pourquoi être bien seul améliore-t-il nos relations ?

Parce qu'on cesse de choisir les autres par peur du vide. On les choisit parce que leur présence nous fait du bien, ce qui crée un lien plus sain et plus authentique.

Est-ce que ce changement arrive du jour au lendemain ?

Non. C'est un processus lent, parfois inconfortable, qui demande un vrai travail conscient sur soi. Il n'y a pas de coup de baguette magique.

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