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Ce que mon moment de « mauvaise mère » m’a appris sur l’éducation des enfants

Barbara Dubois4 min de lecture
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Ce que mon moment de « mauvaise mère » m’a appris sur l’éducation des enfants — Famille

J’ai claqué mon demi-sandwich sur le plan de travail, puis je suis allée bouder dans ma chambre en criant : « Je n’y crois pas ! » J’ai même claqué la porte derrière moi, laissant mon enfant pleurer dans la cuisine.

Cette scène ne sortait pas de nulle part — c’était le résultat d’une journée où rien ne semblait aller. Ma fille s’opposait à tout, comme si sa voix avait été volée pour être remplacée par celle d’un chaton qui miaule. Et c’était encore le meilleur des cas, car quand elle ne miaulait pas, elle hurlait à pleins poumons pour une raison banale. Ce jour-là, c’était parce qu’après avoir longuement décidé qu’elle voulait un sandwich pour le dîner, elle avait changé d’avis et voulait autre chose.

Le contexte importe peu en réalité. Assise au bord du lit, j’ai vite compris que je ne voulais pas agir ainsi. Si quelqu’un ne voyait que ce moment de notre journée, il penserait que je suis une mauvaise mère. Et moi aussi, je me sentais comme ça. Quelle excuse pourrais-je avoir pour avoir mal agi auprès de mon enfant ?

Ce n’était ni la première ni la dernière fois que je vivais un moment pareil. Probablement, la plupart des parents ont déjà ressenti qu’ils faisaient quelque chose de très mal. La culpabilité dans ces moments est presque insupportable.

Mais c’est justement le moment de réfléchir : si mon enfant fait quelque chose qui ne correspond pas aux valeurs de notre famille, puis regrette et pleure dans mes bras, que lui dis-je ? Qu’il doit continuer à s’auto-flageller dans la culpabilité tout en poursuivant sa journée comme si de rien n’était, en se convainquant qu’il est un mauvais enfant ?

Ou bien je l’encourage à demander pardon, à se pardonner lui-même, et à tirer des leçons pour agir autrement la prochaine fois, avec fierté ?

Évidemment, c’est la deuxième option — alors pourquoi ne pas utiliser ces moments pour apprendre, moi aussi ?

C’est d’autant plus utile qu’une étude psychologique montre que la honte que nous portons en tant que parents ne fait que nous desservir : quand la culpabilité prend le dessus, on cherche à contrôler plutôt qu’à créer un vrai lien. Notre cerveau — surtout l’amygdale — déclenche une alerte comme s’il s’agissait d’une question de survie, pas d’une relation parent-enfant ordinaire. Dans cet état, on réagit souvent de façon excessive, on crie, on juge, alors que les impulsions viennent plus profondément : nos attentes envers nous-mêmes, la peur de ne pas être à la hauteur, qui prennent le contrôle de nos actes. C’est exactement ce que j’ai vécu.

Mais que faire pour changer cela ?

Les experts insistent sur l’importance de reconnaître ce moment : ce n’est pas la quête de perfection qui compte, mais la vigilance. Savoir repérer quand le sentiment de « mauvaise mère » monte. Une étude révèle que les parents réagissent souvent à leurs propres pensées, pas seulement au comportement de l’enfant. Ce jour-là, quand j’ai crié, je pensais : « Je ne suis pas assez compétente, je ne maîtrise pas la situation, j’ai perdu le contrôle. » C’est le signal pour s’arrêter un instant — même si ça ne résout pas tout immédiatement. Cette pause et cette auto-réflexion rappellent que ce n’est pas nous qui contrôlons vraiment, que notre comportement ne nous définit pas. Nous ne voulons pas être ces parents-là. Il faut donc couper court à la panique. L’article propose trois étapes simples : « pause, check, choose » — c’est-à-dire s’arrêter, observer, choisir. C’est ce que j’ai fait : je suis sortie de la situation, je me suis assise quelques minutes au calme, puis je suis retournée vers mon enfant — non plus en tyran, mais en personne qui a fait une erreur et qui veut la réparer.

Quand on se sent « mauvaise mère », beaucoup d’entre nous se replient sur eux-mêmes. On craint la honte, on redoute la situation où on ne se reconnaît plus. Pourtant, l’erreur fait partie de la vie — on peut progresser, s’améliorer, mais on ne peut pas l’éviter, même si c’est douloureux à admettre. Ce que nous décidons, c’est comment gérer nos erreurs et y répondre. Et j’espère que, finalement, cela comptera plus dans la relation parent-enfant que le nombre de disputes pendant la phase du refus.

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