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« Tu ne donnes du pouvoir qu'à ceux à qui tu choisis d'en donner » — La leçon la plus importante que j'ai apprise à ma fille

Schuster Borka4 min de lecture
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« Tu ne donnes du pouvoir qu'à ceux à qui tu choisis d'en donner » — La leçon la plus importante que j'ai apprise à ma fille — Famille

Article d'opinion — Barbara Dubois

Il y a quelques semaines, j'ai su qu'il se passait quelque chose avant même qu'elle ouvre la bouche. Je l'ai regardée descendre les marches de l'école, et j'ai vu cette petite tension dans ses épaules. Elle m'a finalement raconté : un garçon de sa classe ne cessait de s'approcher trop près d'elle, de toucher ses affaires, de la provoquer. Pas violemment, pas de façon ouvertement cruelle — plutôt cette présence constante et irritante qui, avec le temps, franchit clairement une limite.

En l'écoutant, j'ai compris assez vite : ce garçon cherchait son attention. Il ne savait pas comment la demander proprement, mais le besoin était là — il voulait se connecter à elle, maladroitement.

J'en ai parlé avec l'institutrice, et la situation semble heureusement se régler. Mais ce qui m'est resté, c'est la conversation que j'ai eue ensuite avec ma fille — elle qui ne comprenait pas pourquoi il agissait ainsi.

La réponse facile aurait été de dire : « C'est parce que tu lui plais. » Simple, rapide, pas totalement fausse. Mais cette phrase plante quelque chose de dangereux dans la tête d'un enfant : l'idée que bousculer les limites de quelqu'un est une forme d'affection. Et ça, je ne voulais pas lui enseigner.

Je ne voulais pas lui apprendre que franchir ses limites, c'est une façon d'aimer

J'ai donc choisi une autre approche. Je lui ai expliqué que dans la vie, elle rencontrerait toutes sortes de personnes qui voudraient attirer son attention. Certaines s'approcheraient d'elle avec gentillesse — des gens attentifs à ce qu'elle ressent, respectueux de ses limites, qui cherchent à créer un lien sans lui coûter quoi que ce soit.

Et d'autres ne feraient pas ainsi. Elles s'imposeraient. La provoqueraient. Ne s'intéresseraient pas vraiment à elle, mais chercheraient à satisfaire leurs propres besoins — même à son détriment.

La chose la plus importante qu'elle ait à apprendre, ce n'est pas de comprendre tout le monde ni de « réparer » qui que ce soit — c'est qu'elle seule décide à qui elle accorde son attention.

Car on ne donne du pouvoir qu'à ceux à qui on choisit d'en donner

C'est une phrase simple, mais je crois qu'elle contient quelque chose d'essentiel.

Poser des limites est fondamental, et il est tout à fait juste de le dire quand quelqu'un les franchit. Mais il est tout aussi important d'apprendre que toutes les provocations ne méritent pas de réponse.

Il y aura des gens dans sa vie qui essaieront de la déstabiliser. Par jalousie, par frustration, ou par pure mauvaise volonté. Des gens qui tenteront de la diminuer précisément parce qu'elle réussit. Ces personnes-là existeront toujours — mais leur pouvoir sur elle n'est pas automatique.

C'est elle qui décide quelles voix comptent vraiment. Ce sont les mots de ceux en qui elle a confiance, de ceux qui l'aiment, de ceux qui la voient vraiment — pas ceux qui veulent simplement lui faire du mal.

Signaler un franchissement de limite est important. Mais réagir à chaque mot de chaque personne sans importance, c'est gaspiller son énergie. Car les paroles de ceux auxquels elle ne prête pas attention n'ont, en réalité, aucun poids.

Le monde dans lequel elle grandira sera bruyant, rempli de voix très différentes. Mais elle n'est pas obligée d'amplifier chacune d'entre elles dans sa tête. Certaines personnes, on peut simplement les dépasser. Peu importe à quel point elles insistent, peu importe combien elles crient fort — elle n'a pas à s'arrêter pour se justifier devant elles. Car on ne donne du pouvoir qu'à ceux à qui on choisit d'en donner. Et ce choix-là, il mérite d'être fait avec soin.

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