Chez nous, le passage à l'heure d'hiver ne se remarque pas le dimanche : il se remarque le mardi, quand la petite se réveille avant tout le monde, que l'adolescent traîne, et que je me demande pourquoi j'ai l'impression d'avoir déjà vécu trois jours à neuf heures du matin. Une heure paraît ridicule sur le papier. Dans une maison où plusieurs personnes ont chacune leur rythme, elle se transforme en une semaine de flottement. La bonne nouvelle, c'est que cette semaine se prépare, et qu'elle se prépare doucement, sans tableau Excel.
Décaler avant, plutôt que subir après
Le principe est simple : au lieu d'encaisser le changement d'un bloc, on l'étale. Trois ou quatre jours avant, on repousse tout de dix à quinze minutes : le dîner, le bain, le coucher, le réveil. Le lendemain, dix minutes de plus. Le corps ne remarque presque rien, et le dimanche du changement devient un non-événement.
Pour les plus petits, qui n'ont aucune notion de l'heure mais une notion très précise de l'ordre des choses, le repère n'est pas l'horloge, c'est la séquence. Gardez donc exactement la même chaîne d'événements — histoire, lumière basse, câlin, porte entrouverte — et faites glisser l'ensemble. Ce sont les repères qui rassurent, pas les chiffres.





