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Ce simple truc de 5 pages m'a redonné le goût de lire que le scroll infini m'avait volé

Szabó Erzsébet4 min de lecture
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Ce simple truc de 5 pages m'a redonné le goût de lire que le scroll infini m'avait volé — Mode de vie
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Je ne suis pas devenue une ermite numérique. Je perds encore facilement la notion du temps sur des vidéos absurdes, et je n'ai pas abandonné les jeux sur mon téléphone. Mais j'ai compris une chose essentielle : les deux peuvent coexister, à condition de savoir où mettre les limites.

Pendant des années, j'ai tourné en rond dans le cercle vicieux des algorithmes — alors que j'avais toujours adoré lire. Peu à peu, les applications ont reprogrammé mon attention : elle s'est éparpillée en mille morceaux, et à la vue d'un livre un peu épais, je ressentais de l'anxiété plutôt que du plaisir. Un soir, j'en ai eu assez que mon téléphone dicte mes soirées. Plutôt que de me lancer dans une détox digitale draconienne — et vouée à l'échec —, j'ai opté pour une tactique d'une simplicité désarmante.

Le truc magique des cinq pages

Ma plus grande erreur, pendant longtemps, c'était de me fixer des objectifs de lecture trop ambitieux. Comme ces bonnes résolutions du 1er janvier où l'on jure de faire deux heures de sport par jour. Quand la fatigue prenait le dessus et que le chapitre prévu ne se lisait pas, la culpabilité s'installait — et le livre continuait de prendre la poussière sur l'étagère.

C'est là que j'ai instauré ma règle : lire au minimum cinq pages chaque jour, sans exception.

Ça semblait ridiculement petit. Et c'était exactement ça, le génie de la chose. Je me suis confrontée à une réalité simple : si j'avais trois ou quatre heures de temps d'écran dans ma journée, j'avais bien cinq à dix minutes pour lire. Cinq pages, c'est presque rien — mais cinq pages par jour, c'est cent cinquante pages en un mois, soit la moitié d'un livre.

Et bien sûr, une fois les premières pages ouvertes, les histoires m'aspiraient. Les cinq pages devenaient trente sans que je m'en rende compte. Et les soirs où je m'arrêtais vraiment à cinq, je refermais le livre avec une fierté tranquille : « Ce soir encore, je n'ai pas tout laissé aux algorithmes. »

Vive le plaisir, sans complexe

J'ai aussi réalisé rapidement que mon envie de lire était sabotée par une autre croyance : l'idée que seuls les livres « utiles » méritaient mon temps. Ceux qui allaient faire de moi quelqu'un de plus intelligent, de plus épanoui, de plus performant. J'ai lâché cette pression inutile et j'ai commencé à choisir des livres qui me faisaient vraiment envie — ceux qui divertissent, qui font voyager, qui n'ont strictement rien à voir avec mon travail ou mon développement personnel.

Non pas que ces livres-là soient sans valeur, mais j'en avais lu beaucoup — et ils ne m'inspiraient plus du tout l'envie de lire. Et si un livre ne m'accrochait pas dans les cinquante premières pages, je le refermais sans remords. La vie est trop courte pour les mauvais livres, et la lecture ne peut pas devenir une case de plus à cocher sur une liste de tâches.

L'autre grande libération ? Abandonner la règle rigide de ne lire qu'un seul livre à la fois. J'ai accepté que mon humeur et mon niveau d'énergie changent non seulement de jour en jour, mais d'heure en heure. Parfois j'ai envie d'un thriller haletant, parfois d'une romance légère, parfois d'une biographie qui fait réfléchir. Avoir deux ou trois livres de styles différents sur ma table de chevet me permet de toujours saisir celui qui correspond à l'instant — et paradoxalement, j'avance bien plus vite qu'avant.

Des résultats qui m'ont moi-même surprise

Depuis que j'ai adopté ce système souple mais régulier, les résultats m'ont étonnée. J'ai retrouvé ma capacité de concentration. Je trouve toujours un sujet qui m'enchante et qui nourrit qui je suis.

Paradoxalement, avec ces petits objectifs quotidiens et le principe du « moins c'est plus », j'ai lu davantage de livres ces derniers mois que durant toutes les années précédentes réunies.

Les algorithmes sont conçus pour nous voler notre temps — mais si l'on crée consciemment de l'espace pour de vraies expériences, celles-ci peuvent nous apporter autant, sinon plus, que n'importe quel fil d'actualité infini.

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