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Entre deux emplois : donner une forme à ses semaines quand l'agenda se vide d'un coup

Loup Isabelle4 min de lecture
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Entre deux emplois : donner une forme à ses semaines quand l'agenda se vide d'un coup — Argent et carrière
Dans cet article

La question de l'emploi revient régulièrement dans l'actualité, avec ses chiffres et ses débats. Mais quand on la vit de l'intérieur, elle ressemble à autre chose : un lundi matin où le réveil ne sert plus à rien, un agenda qui affiche sept cases blanches d'affilée, et cette sensation étrange de flotter. Ce n'est pas un manque de motivation. C'est la disparition brutale d'une structure que le travail fournissait sans qu'on s'en rende compte : des horaires, des trajets, des gens, un rythme.

Reconstruire trois ancres par jour

On n'a pas besoin de reproduire une journée de bureau à la maison, ce serait épuisant et un peu absurde. En revanche, trois points fixes par jour suffisent à redonner une colonne vertébrale au temps. Une heure de lever à peu près stable, un moment de sortie – aller chercher le pain, marcher vingt minutes, déposer un enfant – et un repas pris à table plutôt que devant l'ordinateur.

Ces ancres paraissent dérisoires. Elles font pourtant une différence considérable sur la façon dont on se sent à 18 heures. Les journées sans aucun repère ont une fâcheuse tendance à se terminer par le sentiment de n'avoir rien fait, même quand on a envoyé trois candidatures et passé un entretien téléphonique.

Traiter la recherche comme un projet, pas comme une pénitence

La deuxième erreur fréquente est de se dire qu'on doit chercher « tout le temps ». Personne ne tient. Mieux vaut des créneaux délimités : par exemple deux blocs de deux heures le matin, quatre jours sur cinq, et rien le reste du temps. Dans ces blocs, on distingue les tâches qui demandent de l'énergie mentale – rédiger une lettre, préparer un entretien – de celles qui n'en demandent presque pas : mettre à jour un profil, classer des offres, relancer.

Tenez une trace écrite, même rudimentaire : date, entreprise, poste, canal, suite donnée. Un simple tableau évite les doublons embarrassants, permet de relancer au bon moment et, surtout, rend visible le travail accompli. Quand le moral baisse, relire une liste de vingt lignes a plus d'effet que tous les encouragements.

Ajoutez une colonne « ce que j'ai appris ». Un entretien raté qui vous apprend que vous butez sur la question du salaire n'est pas une journée perdue : c'est une information à travailler avant le prochain.

Ne pas s'isoler, même quand on n'a pas envie de voir du monde

La tentation du repli est forte, surtout si le départ s'est mal passé. Pourtant, la majorité des pistes sérieuses naissent d'une conversation : une ancienne collègue, un fournisseur, quelqu'un rencontré dans une formation. On n'est pas obligée de « réseauter » au sens caricatural du terme. Écrire à trois personnes par semaine, simplement, pour prendre des nouvelles et dire où vous en êtes, suffit largement.

Côté démarches administratives et indemnisation, les règles évoluent et dépendent de chaque situation : prenez l'information à la source, auprès des organismes concernés, plutôt que dans une conversation de couloir. Et bloquez-leur un créneau précis dans la semaine, pour éviter que les formulaires ne contaminent toutes vos journées.

Comment répondre quand on me demande ce que je fais en ce moment ?

Préparez une phrase courte, neutre et dite sur un ton calme : « Je suis en recherche, je cible des postes dans tel domaine, et je suis ouverte aux pistes. » Elle vous évite d'improviser à chaque dîner de famille et d'entendre votre propre voix s'excuser. Vous n'êtes pas obligée de raconter les circonstances du départ : ce que vous dites de votre situation vous appartient, et une réponse brève coupe court aux conseils non sollicités.

Combien d'heures par jour faut-il vraiment consacrer à la recherche ?

Moins que ce qu'on imagine, mais de façon régulière : trois à quatre heures concentrées, quatre ou cinq jours par semaine, valent mieux que dix heures de dispersion devant les annonces. Le reste du temps peut servir à entretenir vos compétences, à bouger, à voir du monde, à faire les choses que vous n'aviez jamais le temps de faire. Si l'énergie ne revient pas, si le sommeil et l'appétit se dérèglent durablement ou si vous vous sentez enfermée dans des pensées sombres, parlez-en à votre médecin : cette période est éprouvante, et demander de l'aide fait partie de la recherche, pas de l'échec.

À propos de l’auteure

Loup Isabelle

Isabelle Loup écrit sur le travail, la confiance en soi et les petits rituels qui empêchent la vie moderne de tout engloutir. Ses textes allient conseils carrière concrets et un faible pour l’astrologie, l’intuition et tout ce qui aide à se sentir soi-même un lundi matin.

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