Bien Logo

Il n’y a rien de nouveau à blâmer les mères pour l’autisme de leur enfant

Schuster Borka4 min de lecture
Partager:
Il n’y a rien de nouveau à blâmer les mères pour l’autisme de leur enfant — Santé
Dans cet article

Récemment, beaucoup se demandent : qu’est-ce qui cause l’autisme ? Cette question est importante, mais malheureusement, les réponses sont souvent influencées par des facteurs politiques plutôt que par de réels résultats scientifiques — et il en ressort parfois que « c’est sûrement la faute des mères ».

Blâmer, surtout rendre les mères responsables de l’autisme de leur enfant, a une longue histoire. Dans les débats sociaux et scientifiques autour du trouble du spectre autistique (TSA), on entend souvent que quelqu’un est « responsable » du développement de cette neurodivergence chez l’enfant.

Racines historiques

Le blâme des mères remonte aux débuts même de la notion d’autisme. Dans les années 1940, le célèbre psychiatre Leo Kanner, qui a largement défini la description classique de l’autisme, a remarqué que ses patients avaient souvent des mères « très instruites », mais qu’il jugeait « froides et distantes ». De cette observation est née la théorie de la « mère réfrigérateur », affirmant que le manque d’affection ou la froideur maternelle causait l’autisme.

Cette théorie s’est popularisée dans les années 1950 et 1960, notamment grâce à des psychologues et psychanalystes comme Bruno Bettelheim. Selon lui, l’autisme serait dû à l’incapacité de la mère à se connecter émotionnellement avec son enfant, ce qui entraînerait un trouble du développement — aujourd’hui, nous savons bien que c’est faux. L’autisme est une condition innée, ce n’est pas le comportement de la mère qui le déclenche. Au contraire, ce sont souvent les mères très attentives qui remarquent que le développement de leur enfant diffère de la norme.

La théorie est dépassée, mais le blâme persiste

Bien que la théorie de la « mère réfrigérateur » soit obsolète depuis longtemps, le blâme envers les mères continue. Avec les avancées scientifiques, de nouvelles idées ont émergé, continuant à rejeter la responsabilité sur les mères — par exemple, en pointant du doigt leur comportement pendant la grossesse ou certains facteurs externes comme les médicaments ou les vaccins.

Des études historiques montrent qu’une recherche sur des jumeaux en 1977 a révélé que les jumeaux monozygotes (ayant le même patrimoine génétique) ont plus de chances d’être tous les deux autistes que les jumeaux dizygotes. Cela souligne l’importance majeure des facteurs génétiques.

Pourtant, des idées fausses persistent, comme croire que si la mère a pris certains antidouleurs pendant la grossesse ou si elle s’est « mal comportée », cela pourrait « causer » l’autisme. Ces récits sont peu fondés : par exemple, une étude basée sur une grande base de données n’a trouvé aucun lien entre l’usage de paracétamol pendant la grossesse et l’apparition de l’autisme.

Pourquoi la société s’accroche-t-elle au blâme ?

Plusieurs raisons expliquent pourquoi la société rejette la responsabilité sur les mères. D’abord, nous cherchons des réponses simples : l’autisme est un trouble du spectre aux causes multiples, mais la société et les médias préfèrent souvent désigner un seul « coupable ».

Ensuite, le rôle de la mère est culturellement fort : elles sont traditionnellement les principales personnes en charge des soins, donc en cas de problème, on suppose d’emblée qu’elles ont « fait une erreur ».

Tout cela peut expliquer, mais ne justifie en rien le blâme porté aux mères, qui ajoute un poids émotionnel énorme à celles qui vivent déjà un parcours difficile.

Et maintenant ?

Blâmer les mères n’est pas nouveau — ce phénomène a des racines qui remontent à plusieurs décennies. Même si la science a évolué, le grand public ne suit pas toujours ces avancées. Il est crucial de comprendre que l’autisme ne se développe pas parce que la mère n’était pas assez attachée, assez attentionnée, ou a pris certains médicaments — c’est un état complexe, multifactoriel, où la génétique joue un rôle central.

Pour les parents — surtout les mères — il est essentiel de réaliser qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils ne sont en aucun cas responsables de l’état de leur enfant.

Lectures associées

Maladie cœliaque : le lien méconnu entre le gluten et votre santé mentale — Santé

Maladie cœliaque : le lien méconnu entre le gluten et votre santé mentale

La maladie cœliaque ne touche pas que le ventre. Fatigue, anxiété, déprime : découvrez le lien surprenant entre le gluten et l'esprit.

Schuster Borka
J'ai acheté une crème pour le visage à ma fille de 7 ans, et voici pourquoi — Famille

J'ai acheté une crème pour le visage à ma fille de 7 ans, et voici pourquoi

À 7 ans, ma fille a désormais son propre nettoyant visage. Trop tôt ? Voici pourquoi j'y vois une question d'hygiène et de rapport au corps.

Schuster Borka
Comment un diagnostic à l’âge adulte impacte la vie des personnes avec TDAH et autisme ? — Santé

Comment un diagnostic à l’âge adulte impacte la vie des personnes avec TDAH et autisme ?

Pour beaucoup d’adultes avec TDAH ou autisme, un diagnostic tardif n’est pas qu’une étiquette, c’est une clé pour comprendre des expériences jusque-là incompréhensibles. Cette prise de conscience libère, mais s’accompagne souvent d’un deuil face aux malentendus et à l’auto-culpabilisation évitables.

Schuster Borka
La matière de draps à éviter absolument en été si vous ne voulez plus transpirer la nuit — Santé

La matière de draps à éviter absolument en été si vous ne voulez plus transpirer la nuit

Vous vous réveillez trempé de sueur dès qu'il fait chaud ? La matière de vos draps y est peut-être pour beaucoup. Voici celles à fuir et à privilégier.

Farkas Izabella
Sylvothérapie : 10 minutes par jour suffisent à apaiser l'anxiété — Santé

Sylvothérapie : 10 minutes par jour suffisent à apaiser l'anxiété

La sylvothérapie n'est pas qu'une tendance : passer du temps en forêt apaise vraiment l'esprit. Voici pourquoi quelques minutes par jour changent tout.

Farkas Margaréta
Corps plus ferme en 30 jours : 5 exercices simples aux résultats visibles — Santé

Corps plus ferme en 30 jours : 5 exercices simples aux résultats visibles

Envie d'un corps plus tonique sans passer des heures à la salle ? Ces 5 exercices ultra simples peuvent transformer votre silhouette en seulement 30 jours.

Nyul Debóra