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« Je m’aimerai quand… » – L’amour de soi, un rituel quotidien

Barbara Dubois3 min de lecture
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« Je m’aimerai quand… » – L’amour de soi, un rituel quotidien — Mode de vie

L’amour de soi est devenu un mot presque magique aujourd’hui. Il envahit internet, les citations inspirantes et les livres de développement personnel : « Aime-toi ! », « Accepte-toi, et le monde t’acceptera aussi ! », « Sois fier de qui tu es ! » – on l’entend partout. Ces phrases rassurent au premier abord, mais je ressens de plus en plus que quelque chose cloche. On parle de l’amour de soi comme d’un objectif à atteindre une fois pour toutes – et ensuite tout ira bien.

Mais s’accepter n’est pas un sommet à conquérir pour ensuite se reposer et vivre en paix avec soi-même pour toujours. C’est plutôt un rituel quotidien. Un processus à recommencer sans cesse.

Beaucoup pensent qu’ils s’aimeront « quand ». Quand ils auront perdu du poids. Quand ils feront du sport régulièrement. Quand ils mangeront enfin sainement. Quand ils obtiendront cette promotion. Quand ils atteindront leur objectif, ou réaliseront la maison de leurs rêves. En attendant, ils se sentent « à moitié prêts », sans droit d’être satisfaits.

Mais en réalité, cette attitude crée un cercle sans fin. Il y aura toujours un nouvel objectif, un nouveau manque, une nouvelle condition qui nous fera penser : quand j’aurai ça, alors je m’aimerai enfin. Et on n’y arrive jamais.

Il m’a fallu du temps pour comprendre que l’amour de soi n’est pas un état futur, mais une décision à prendre chaque jour. Et ce n’est pas forcément dans de grands gestes, mais dans de petits moments du quotidien.

C’est dans le fait de ne pas me parler comme je ne parlerais à personne d’autre. Dans la reconnaissance de mes petites victoires, pas seulement des grandes. Dans le fait de m’autoriser à me reposer même quand il reste du travail. De ne pas me punir pour une séance de sport manquée ou une mauvaise journée. Et quand je fais une erreur, de ne pas me flageller, mais d’essayer de comprendre pourquoi – et comment en tirer une leçon.

Comme dans une relation amoureuse, l’amour de soi demande un entretien constant. Ce n’est pas une décision unique, mais une attention quotidienne. Parfois, c’est accepter d’être fatigué aujourd’hui et de ne pas devoir performer. D’autres fois, c’est aller courir quand même, parce que je sais que c’est bon pour moi sur le long terme. Parfois, l’amour de soi est discipline, parfois indulgence.

Ma plus grande prise de conscience a été que l’ordre n’est pas celui que je croyais. Je ne m’aimerai pas parce que je réussirai – je réussirai parce que je m’aime déjà. Quand je me considère importante, je commence à mieux prendre soin de mes besoins. Je fais attention à ce que je mange, à mon repos, aux personnes qui m’entourent. Quand je m’aime, ce n’est pas le manque qui guide, mais la bienveillance. Et c’est sur cette base que tout devient plus facile à construire.

Bien sûr, ce n’est pas toujours facile. Parfois, l’amour de soi n’est pas un bain rose et des bougies, mais trier des papiers administratifs, prendre un rendez-vous médical, ou nettoyer le salon parce que je mérite un espace propre et ordonné. Parfois, l’amour de soi est fatigant, inconfortable ou ennuyeux – mais cela ne le rend pas moins précieux.

Je crois que notre relation avec nous-mêmes ne diffère en rien des autres relations : elle demande un soin constant. On ne sera pas toujours enthousiastes, ça ne sera pas toujours facile, mais si on persévère, si on y revient chaque jour, elle devient de plus en plus profonde et solide.

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