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« Je me suis poussée trop loin, j’ai serré les dents et tenu bon – aujourd’hui, je vois les choses autrement »

Déborah Lefèvre4 min de lecture
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« Je me suis poussée trop loin, j’ai serré les dents et tenu bon – aujourd’hui, je vois les choses autrement » — Santé
Dans cet article

« Je me reposerai quand ce sera fini. » Ça vous parle ? Moi, oui. Mais le repos, il était toujours remis à plus tard… ou carrément oublié.

Pendant longtemps, j’ai pensé que toujours donner 110 %, repousser mes limites, c’était ça, avancer. J’apprenais, je travaillais, je planifiais, je me préparais, convaincue que c’était comme ça que je deviendrais quelqu’un, que j’irais là où je voulais.

Je n’ai jamais pris mon travail à la légère. C’était important, et ça l’est toujours, de faire ce qu’on me confie avec sérieux, précision et fiabilité. Mais je ne voyais pas que ce qui s’épuisait, c’était moi.

Pendant longtemps, « être fort » voulait dire tenir bon

Souvent, cette phrase tournait en boucle dans ma tête : « Il faut encore tenir, serrer les dents, ne pas s’arrêter maintenant – je me reposerai après. »

Mais ce « après » n’arrivait souvent jamais. Et quand il arrivait, c’était souvent au début de mes congés, quand je tombais malade. Je pensais que c’était un hasard, mais avec le temps, j’ai compris que mon corps attendait simplement que je lui permette enfin de s’arrêter. Pas par choix, mais parce que je n’avais plus le choix.

Aujourd’hui, je sais que le repos est fondamental

Je pensais que sacrifier sommeil, temps libre et week-ends pour le travail et la progression finirait par payer. En réalité, ça n’a pas rapporté ce dont j’avais vraiment besoin, ça m’a plutôt épuisée. J’ai appris que la surcharge ne rend pas plus efficace, mais bien plus fatiguée.

Maintenant, je planifie mon temps autrement. Oui, le travail compte toujours pour moi. Oui, j’aime progresser. Je reste précise et consciencieuse. Mais j’ai appris à m’écouter. À reconnaître mes limites. Savoir dire non, et surtout : savoir quand il est temps de s’arrêter.

Une jeune femme caucasienne est chez elle, assise dans le salon en train de lire un livre.

Pas besoin de « mériter » le repos

Beaucoup d’entre nous pensent qu’on ne peut se reposer qu’après avoir accompli quelque chose de grand. Comme si le repos était une récompense, pas un besoin naturel et fondamental. Pourtant, on recharge notre téléphone avant qu’il ne soit à plat, alors pourquoi attendre d’être complètement épuisé pour se reposer ?

La plus grande leçon pour moi, c’est que l’équilibre n’est pas un luxe spirituel, mais une stratégie de survie. Pour aller bien sur le long terme – physiquement, mentalement, professionnellement –, il faut laisser place à la récupération. Pas besoin de penser en jours ou semaines : parfois, 10 minutes suffisent. Une pause. Une promenade. Une respiration profonde.

S’écouter n’est pas une faiblesse

Je pensais que la force, c’était toujours tenir. Aujourd’hui, je crois que la force, c’est parfois savoir s’arrêter à temps. Dire non. Gérer son énergie sans vouloir tout faire d’un coup.

Je ne suis pas parfaite là-dedans. Parfois, je dépasse encore mes limites, je réalise trop tard que je suis fatiguée. Mais je fais plus attention. Je reconnais les signes, et surtout, je les prends au sérieux.

Si vous vivez ça aussi, vous n’êtes pas seul(e)

Je tiens à partager ça parce que je vois souvent que je ne suis pas seule à ressentir ça. Beaucoup d’entre nous courent après la performance, la conformité, la progression, en perdant peu à peu le contact avec eux-mêmes, jusqu’à ne plus savoir qui ils sont vraiment.

Si vous vous sentez plus fatigué(e) que d’habitude, si vous avez l’impression qu’il faut juste « tenir encore un peu », mon conseil est d’écouter votre corps. Quand il vous dit stop, ne refusez pas. Mieux vaut prévoir consciemment des pauses, des moments de repos, des activités qui vous déconnectent vraiment, avant de sentir que vous foncez droit vers l’épuisement.

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