Être parent, ce n’est jamais facile, surtout sans bons exemples devant soi.
Un contraste total
C’est simple : je me souviens de la façon dont ma mère m’a élevée et je fais tout le contraire. En quelque sorte, elle est mon guide, mais pour apprendre comment NE PAS élever mes enfants.
Le processus
Je fais attention à ne pas me comporter avec mon enfant comme mes parents l’ont fait avec moi. Je veille à ne pas réagir comme ils réagissaient à mes actes. Je connais mes « déclencheurs » les plus sensibles et j’ai appris à les gérer. Par exemple, j’ai juré que je ne crierais jamais sur ma fille comme ma mère criait sur moi, et j’ai tenu cette promesse… jusqu’au jour où elle est rentrée à 3 heures du matin au lieu de 23 heures.
En criant, j’ai soudain réalisé que cette scène m’était déjà arrivée il y a trente ans, mais cette fois, j’étais l’enfant sur qui on criait. Ce souvenir m’a fait arrêter et depuis, je fais encore plus attention à ne pas « devenir ma mère ».
Le conflit
C’est un combat intérieur permanent. Je veux être une mère douce et bienveillante pour offrir un environnement sain à mon enfant, mais c’est difficile quand tout ce que je connais, c’est le chaos toxique. Heureusement, la famille de mon mari est détendue et soutenante, alors j’imite souvent sa réaction calme.

Père et fils
J’étais un petit garçon réservé, mon père était alcoolique, pas agressif mais distant. J’étais heureux à la naissance de mon fils, pensant que je lui montrerais comment mon père aurait dû être et que je serais ce père pour lui. Le problème, c’est que je ne sais pas comment me connecter avec mon fils.
J’essaie, mais il préfère être avec sa mère. Il adore ma femme et est tellement « maman » qu’on dirait qu’il n’a pas besoin de moi. Récemment, je me suis disputé avec ma femme et, dans ma colère, j’ai dit que notre fils serait sans doute plus proche de moi si je ne travaillais pas toute la journée et ne le voyais qu’une heure avant le coucher, mais je sais que ce n’était pas vrai. Je projetais ma frustration de ne pas réussir à créer un lien père-fils intime.
De la même façon
Ma mère aimait plus mon petit frère, et j’ai juré que aucun de mes enfants ne se sentirait délaissé. Pourtant, je dois avouer que je préfère passer du temps avec mon fils qu’avec ma fille. Je me dis que c’est parce qu’elle est plus complexe, mais mon thérapeute pense que c’est peut-être parce que je n’ai pas de souvenirs heureux avec ma mère, seulement des souvenirs où elle était gentille avec mon frère. C’est vraiment difficile.
Le visage
J’ai lu beaucoup de livres sur l’éducation bienveillante, mais je n’oublierai jamais le visage effrayé de mon fils quand je lui ai crié dessus pour la première fois, hors de moi. Il avait répondu d’une manière qui m’a vraiment énervé, mais en voyant ses yeux grands ouverts, je me suis tu, me rappelant combien j’avais peur de mon père quand il me criait dessus comme ça. C’est dur de dépasser ces mauvais schémas quand on a grandi avec, mais j’essaie, car j’ai promis que cette horreur s’arrêterait avec moi et que mon enfant ne la transmettrait pas.











