La relation avec les parents de notre partenaire peut être une source de respect mutuel, de joie, voire d’amour. En théorie, on gagne une nouvelle famille et un réseau de soutien élargi. La plupart ne s’attendent pas à détester leur belle-mère ou beau-père. Une étude de l’université Purdue aux États-Unis en 2012 a montré que la majorité des couples se marient en espérant des liens positifs.
Pourtant, un mélange puissant de traditions patriarcales, de clichés médiatiques et de figures populaires propage l’idée que ces relations sont souvent tendues, voire toxiques – surtout pour les femmes.
Sans règles : la relation belle-mère et belle-fille
Ce qui complique ces relations, c’est qu’il n’existe pas de manuel clair. Par exemple, on ne sait pas toujours à quelle distance vivre des beaux-parents, à quelle fréquence les voir, ni quelles responsabilités partager dans la vie de chacun.
Gretchen Perry, professeure à l’université de Canterbury en Nouvelle-Zélande et co-auteure de l’étude In-Law Relationships in Evolutionary Perspective: The Good, the Bad, and the Ugly, partage ses observations. Elle souligne que les attentes ne sont pas forcément les mêmes pour tous. Même si des tensions existent dans la famille d’origine, « il est plus probable qu’on partage des intérêts communs avec eux », tandis qu’avec les beaux-parents « les intérêts communs sont souvent plus rares ».

Pourquoi les tensions entre femmes ?
L’histoire des structures familiales hétérosexuelles joue un rôle dans les tensions entre belles-mères et belles-filles. Cela explique en partie le stéréotype de la belle-mère intrusive. Dans certaines sociétés patrilinéaires, ce sont les parents qui choisissent le conjoint, et après le mariage, la belle-fille rejoint la famille de son mari.
En tant que femme à la tête du foyer, la mère contrôle la maison et jouit d’un statut social supérieur ainsi que d’un pouvoir décisionnel plus important que la belle-fille. « C’est un environnement instable, car la nouvelle épouse est séparée de sa famille d’origine et de ceux qui la protègent mieux », explique Perry. « Selon les circonstances, cela peut être un cadre difficile et contrôlant, avec beaucoup de conflits. » Pour les experts, le cliché de la belle-mère intrusive vient en partie de cette configuration.
Aujourd’hui, ce mode de vie est beaucoup moins courant. Pourtant, les statistiques confirment encore que les femmes ont plus de risques de se heurter à leur belle-mère que les hommes à leurs beaux-parents.
Un facteur qui peut renforcer les tensions entre femmes est la parentalité, qui pèse souvent de manière disproportionnée sur elles et peut aggraver les conflits existants.
Une étude finlandaise a montré que, comparés aux couples sans enfants, les mères et pères rapportaient plus de conflits avec leurs propres parents, mais aussi plus de conflits individuels avec leurs beaux-parents. Beaucoup de jeunes adultes ont constaté que les tensions avec leur belle-mère augmentaient après la naissance du premier enfant. Selon eux, l’intérêt commun pour les petits-enfants a donné aux grands-parents une nouvelle raison d’influer et de s’immiscer dans la vie des autres membres de la famille.











