Les expériences négatives marquantes de notre enfance ont un impact durable sur notre vie d’adulte.
La punaise sonore
Je suis fleuriste et j’ai un stress post-traumatique lié à la pivoine. Un jour, ma mère cueillait des pivoines dans le jardin et me passait les tiges coupées. Ces fleurs attiraient les insectes et, quand j’avais un gros bouquet en main, j’ai vu une énorme punaise sonore sur un pétale. Le tas de fleurs a volé en l’air et j’ai couru en hurlant pendant vingt minutes. Je ne peux toujours pas travailler avec des pivoines : si une mariée en commande, c’est ma collègue qui fait le bouquet.
Les couteaux
Ma grand-mère battait ma mère, qui a juré de ne jamais lever la main sur moi. À la place, quand j’étais mauvaise, je devais regarder ma mère planter un couteau dans mes peluches préférées. J’étais petite et je ne savais pas qu’elles ne ressentaient pas la douleur, je les considérais comme mes amies. Je pense que cette « méthode d’éducation » était pire que des coups, car encore aujourd’hui, mon estomac se serre quand je vois un couteau.
La crinière
Mes parents ont divorcé et j’ai passé la première moitié de l’été seule avec mon père. Il ne savait pas comment gérer ni coiffer mes cheveux qui arrivaient jusqu’aux fesses, alors il les a rasés à blanc ! J’ai pleuré pendant trois jours. Depuis, mes cheveux arrivent toujours jusqu’aux fesses et je ne coupe qu’un centimètre quand les pointes sont très abîmées.

Les baies
Ma mère a eu une tentative de suicide ratée dont elle s’est sortie. Elle a avalé beaucoup de médicaments, mais on lui a lavé l’estomac à temps. Lors d’une dispute, mon père lui a lancé avec mépris qu’elle était trop bête pour réussir à se tuer. Une semaine plus tard, elle a réussi. J’avais 13 ans et depuis, je ne prends aucun médicament, même pas un aspirine.
Les jambes
J’avais huit ans quand ma mère m’a dit que je m’asseyais comme une « salope ». Mes genoux n’étaient pas serrés, mais je portais un jean long, alors je ne comprenais pas ce qui posait problème. Elle a dit que si elle me voyait encore « assise sans honte », elle prendrait un couteau et « le planterait entre mes jambes ». À 38 ans, je m’assois toujours les genoux serrés.

L’oie cobra
Mon mari est canadien, et c’est lui qui m’a appris que là-bas, les oies sauvages sont appelées « oies cobra » — et ce n’est pas un hasard ! Ces oies peuvent être très agressives. J’avais 16 ans quand une oie sauvage est venue vers nous dans un parc pour réclamer de la nourriture. Mes amis se moquaient de moi parce que j’avais presque peur de mourir de cet animal. Chez moi, j’en ai parlé à ma mère, qui m’a dit qu’elle n’était pas surprise. En fait, une oie m’avait attaquée à 3 ans et, même si je ne m’en souviens pas, cet événement m’a profondément marquée. À 30 ans, j’ai encore peur des oies cobra.
Le pop
Quand j’étais petite, mon père m’a soudainement soulevée — ou plutôt tirée en l’air — pour me faire voler comme un avion, et mes deux épaules se sont déboîtées, pop-pop. Ma mère les a remises en place et depuis, je n’ose plus lever les bras au-dessus de ma tête.
Rejetée
Mes petits frères et sœurs et moi attendions les vacances avec impatience : c’était notre première fois à la mer. J’avais huit ans et je comptais les jours, mais deux jours avant le départ, je suis tombée gravement malade, au point de ne pas pouvoir partir. Mon père est finalement parti avec mes deux frères, et ma mère est restée à la maison avec moi. Comme si ce n’était pas assez dur de tout rater, ma mère s’est fâchée contre moi. Elle était en colère d’avoir vu ses vacances gâchées et ne le cachait pas. Depuis, j’ai toujours un mauvais sentiment quand je tombe malade. Une culpabilité profonde qui ne me quittera jamais.











