Progrès
Depuis que ma femme m’a menacé : soit je consulte un thérapeute, soit elle part, je me sens un peu mieux. En fait, c’est depuis que je vais en thérapie que ça va un peu mieux. Sans cette pression, je ne serais jamais allé, mais aujourd’hui je suis content que ça se soit passé ainsi. Bien sûr, je lui ai fait promettre de ne le dire à personne, je serais mort de honte si mon père, ma belle-mère ou un de mes potes l’apprenait.
Raison
Je ne me suicide pas simplement parce que je ne veux pas mourir vierge, et aussi parce que je ne pourrais jamais faire ça à ma mère, elle en deviendrait folle.
Le quotidien
Je tiens le coup, juste le train-train habituel… Notre maison est en chantier depuis des années, faute de temps et d’argent pour finir. En trois ans, j’ai eu trois emplois. Les deux premiers ont fermé pour raisons économiques, et je ne me sens pas en sécurité dans mon poste actuel.
Ma femme me déteste parce que je lui avais promis une vie de princesse. Je vois peu mes enfants : le soir ils dorment déjà quand je rentre, et le week-end je travaille sur la maison, je bricole la voiture ou je dors. Ce n’est pas du tout comme ça que j’imaginais la vie de famille, et ça fait mal de penser qu’il y a quelques années, j’étais heureux et sûr que ma vie était sur de bons rails.

Le projet
Avec ma femme, on avait des projets : travailler dur, élever nos enfants et prendre notre retraite tôt pour profiter de nos années restantes. Ça a marché, sauf qu’on n’avait pas prévu qu’elle tomberait malade d’un cancer qui l’a emportée en moins de six mois. Je me sens rien sans elle, certains jours je n’ai même pas envie de sortir du lit. Et je ne peux en parler à personne : à qui raconter ma détresse ? À mes enfants qui ont déjà leurs propres soucis, ou à mes deux amis qui galèrent eux aussi avec leur santé et leurs finances… ?
Enfin !
Après sept ans d’essais infructueux, notre bébé est enfin arrivé. Ces dernières années ont été un enfer, les nombreuses tentatives de fécondation in vitro nous ont épuisés tous les deux – notre mariage a failli en souffrir – mais maintenant que notre petite fille est là, tout s’est remis en place.
Seul
Depuis mon divorce, je me sens terriblement seul. J’ai réalisé que toutes mes sorties sociales dépendaient de ma femme, c’était elle qui organisait tout. J’étais proche de mes beaux-frères et des maris des amies de ma femme, mais depuis la séparation, on ne se parle plus.
Je pourrais les recontacter, mais ce n’étaient pas des amitiés très profondes, et ça ferait bizarre. J’ai essayé de retrouver d’anciens potes, mais l’un a trois enfants et n’est jamais dispo, l’autre a déménagé à l’étranger. Je n’ai pas d’enfants, pas d’amis, et je travaille en informatique depuis chez moi, donc je n’ai même pas de collègues pour me tenir compagnie. Je suis vraiment seul.

Fumer un joint
Je vais bien, enfin, quand ça ne va pas, je roule un petit joint et ça me calme. Mon père était alcoolique, alors je n’ai jamais touché à l’alcool, mais il me faut quelque chose pour ne pas craquer, et le cannabis fait parfaitement l’affaire. Je ne sais pas ce que je ferais sans.
Renaissance
Il y a un an, si on m’avait demandé, j’aurais dit que je détestais ma vie. Mais l’an dernier, j’ai enfin divorcé et depuis, je suis nettement plus heureux. Je me sens comme renaître, enfin libéré de cette sorcière avide d’argent qui me torturait !
Lumière au bout du tunnel
Il y a deux ans, j’ai admis à moi-même que j’étais gay, et cela m’a rapproché de la paix intérieure. Il y a un an, je l’ai dit à ma famille et à mes amis. Certains ont coupé les ponts, ce qui a fait mal, mais aujourd’hui je vois que seuls ceux qui n’apportaient rien à ma vie sont partis. Je me sens beaucoup mieux, je suis enfin moi-même.
Gratitude
Merci pour la question, vraiment, personne ne me l’avait jamais posée. Je ne sais pas comment je vais, probablement pas bien, mais j’ai appris qu’on est forts et qu’on ne se plaint pas, alors je dis toujours que ça va, tout va bien. (Alors qu’en réalité, rien ne va.)











