Avant, chaque matin, je me faisais un maquillage rapide avant de sortir. Rien de compliqué, juste cinq minutes qui boostaient ma confiance, avec de la musique en fond et mon café à la main — un vrai rituel du matin.
Aujourd’hui, je suis contente si j’ai juste le temps de faire une queue de cheval après avoir habillé et nourri les enfants. Le maquillage est devenu un plaisir réservé aux occasions spéciales.
Personne ne sera surpris que ce soit sur la liste ! J’ai tellement entendu d’autres parents me dire d’apprécier chaque nuit complète de sommeil. Maintenant, c’est moi qui le répète à mes amies célibataires.
J’adorais le yoga, j’y allais souvent avec mes amies et je pratiquais chez moi au moins deux fois par semaine, avec musique douce et encens.
Aujourd’hui, l’un des enfants grimpe sur mon dos, l’autre pleure en s’accrochant à mes jambes. Je savoure donc chaque minute que j’ai pour m’étirer avant le bain du soir.
Avant, j’aimais prendre un bon livre et lire au calme avec une tasse de thé jusqu’à m’endormir. Ou prendre un bain chaud jusqu’à ce que l’eau refroidisse. Regarder un épisode de Sex and the City, ou cinq d’affilée.
Maintenant, même une douche rapide nécessite de demander à mon mari de garder un œil sur les enfants.
On peut encore demander à quelqu’un de garder les enfants pour une soirée, et ça arrive. Mais parfois, le petit pleure tellement que ma mère abandonne et m’appelle pour rentrer. Une autre fois, l’aîné a eu mal à l’oreille, et la soirée est tombée à l’eau. Une troisième fois, ma belle-sœur n’a pas pu venir.
On essaie, mais ce n’est pas simple. Même quand je les confie à quelqu’un pour une course, je ne lâche pas mon téléphone, difficile de vraiment décompresser.
Avant les enfants, il m’arrivait de rentrer tard après une sortie improvisée avec mes amis.
Ou de partir un vendredi soir avec mon mari au lac Balaton, en cherchant un hébergement sur place.
Aujourd’hui, la spontanéité a disparu, chaque sortie demande une organisation et une coordination minutieuses.
Avant les enfants, je considérais comme naturel que mon corps m’appartienne entièrement.
Depuis la grossesse, l’accouchement et l’allaitement, je ne l’ai jamais vraiment récupéré : les enfants l’utilisent comme un terrain de jeu, s’asseyent ou s’allongent sur moi, ma fille me coiffe, mon fils fait rouler ses petites voitures sur mon ventre.
Ils le considèrent totalement comme leur espace, et ça ne me dérange pas du tout.
C’est une activité que je commençais à apprécier avant de devenir maman, mais aujourd’hui, impossible de pratiquer. Cinq minutes de silence valent désormais pour une séance de méditation.
Avant la maternité, je ne devais m’occuper que de moi et assumer mes actes. Aujourd’hui, 80 % de mes pensées tournent autour de la planification, des inquiétudes et des réflexions liées aux enfants.
Se réveiller à midi le samedi, traîner au lit, prendre le petit-déjeuner au lit, se rendormir, regarder un film le soir… Aujourd’hui, je suis heureuse de me lever à sept heures au lieu de six, même si c’est pour les cris ou les enfants qui sautent sur moi. Et je ne regrette rien.