Changement de mode de vie
Au lycée et à l’université, j’étais une hippie un peu bohème qui voulait changer le monde. Aujourd’hui, à 35 ans, je suis cadre intermédiaire ambitieuse dans une multinationale, en tailleur, et j’adore ça. Mon moi ado me cracherait dessus, car je représente tout ce que je méprisais alors, mais c’est comme ça. Je me sens bien, comme une boss badass.
Jamais
J’ai plus de 62 ans et je ne sais toujours pas quel est mon but dans la vie. J’ai un fils, mais je ne peux pas dire qu’il soit mon œuvre majeure. (Ou alors si, mais c’est triste, car il est en prison pour fraude, vol et extorsion.) J’ai eu des emplois sans aucune reconnaissance : secrétaire, réceptionniste, assistante, rien de spectaculaire. Peut-être que tout le monde n’a pas un but précis et se laisse juste porter par la vie.
Orientation
Je pensais devenir égyptologue, puis je me suis lassée. J’ai changé de filière pour la mongolistique, mais ça ne m’a pas vraiment captivée. Puis je suis allée au Japon et j’ai trouvé ma maison. Toute la culture, les gens… j’ai su que c’était ma vie. J’y vis depuis des années, je parle couramment la langue et je ne partirai jamais.

Branches artistiques
Je suis une peintre talentueuse et reconnue, ce que beaucoup envieraient. Pourtant, je le vis comme une tragédie, car j’ai toujours voulu être sculptrice, c’était ma passion. Ce n’est qu’à 28 ans que j’ai pu me dire que je n’avais malheureusement pas le talent pour la sculpture, alors j’ai gardé le pinceau.
Enseignement
Au lycée, j’avais un prof de hongrois fantastique qui a marqué ma vie. Je l’admirais tellement que je voulais être pour la génération future ce qu’il avait été pour moi. Je suis devenue prof, et je ne l’ai jamais regretté.
Lucidité
La musique a toujours été ma priorité. À 13 ans, j’avais un groupe, puis plusieurs autres ont suivi. Les membres changeaient, ainsi que le style musical, mais depuis toute petite, mon rêve était de jouer devant un stade rempli et d’ouvrir mon cœur. Ça n’a jamais marché, j’ai vécu de la musique comme musicienne de session, sans jamais la percée espérée. Je n’ai pas encore fait mon deuil, même si il est temps. Aujourd’hui, je travaille dans l’entreprise d’un ami et je n’ai aucune idée de la suite, car je n’ai jamais eu de plan B.

Ce n’est pas obligatoire
Je trouve inutile de harceler tout le monde pour qu’il trouve vite son but dans la vie et qu’il se batte dur pour l’atteindre. Ça ne mène qu’à la déception. Pourquoi ne pas simplement vivre une vie quotidienne, mais heureuse ? Je n’ai pas d’enfants, je ne suis pas artiste, mon travail n’est pas scientifique, je n’ai rien révolutionné, et ce n’est pas un problème : 99 % de la population vit comme ça. Moi, je veux juste être heureuse, rien d’autre.
Différemment
Je lance ma nième entreprise, je me lance toujours dans quelque chose. Mon mari a toujours voulu être médecin, et sa vie, c’est son travail. Mon fils aîné est sportif, il vit de ça et étudie en même temps pour devenir ingénieur. Ma fille bougeait déjà au rythme de la musique bébé, elle veut être danseuse. Mon plus jeune fils est comme moi, il touche à tout puis change souvent. Nous ne sommes pas tous pareils, il n’est pas nécessaire d’avoir un but précis.
Le tournant
J’étais sportive de haut niveau, mais une blessure m’a forcée à recalibrer ma vie. Aujourd’hui, j’entraîne des enfants blessés, et c’est la plus belle sensation. Si tu ne trouves pas ton but, je te conseille de t’engager dans des actions caritatives.
Contraste
Mon frère jouait déjà au policier à 5 ans, il savait qu’il serait flic, c’était une évidence. Il n’a jamais envisagé autre chose et il adore son métier. Moi, mon but n’a jamais été aussi clair : d’abord champion olympique, puis actrice oscarisée . Je répétais des heures devant le miroir mon discours de remerciement et j’imaginais la médaille d’or autour du cou. Finalement, après 40 ans, je suis devenue maman de trois merveilleux enfants et je suis convaincue que mon but est de les élever. Rien ne m’a jamais rendue plus heureuse.











