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Mon nom, c’est moi : ce que je ne changerais pas, même si nous nous mariions

Élise Durand5 min de lecture
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Mon nom, c’est moi : ce que je ne changerais pas, même si nous nous mariions — Relation
Dans cet article

Il y a un sujet qui revient souvent chez nous, et qui m’interpelle de plus en plus profondément ces derniers temps : mon nom. Plus précisément, je suis celle que je suis avec mon nom – et je ne le changerais pas, même si un jour nous nous mariions.

Ce n’est pas une grande révolte idéologique, plutôt une conviction silencieuse en moi. Je sais que beaucoup trouvent encore étrange qu’une femme ne prenne pas le nom de son mari. Pour moi, ce n’est pas une question de distance, mais d’identité.

Il y a quelques décennies, ce n’était pas un choix

À l’époque, toutes les femmes devenaient automatiquement « -né » (épouse de), peu importe si elles aimaient ce son ou se sentaient concernées. Pour moi, ce suffixe évoquait un peu l’idée que la femme devenait la propriété de son mari après le mariage. Pas par malveillance, mais à cause d’une mentalité d’époque.

Heureusement, nous vivons aujourd’hui dans un monde différent. Nous pouvons choisir : garder notre nom, prendre celui de l’autre, ou même porter un nom double ou commun. Cette liberté est pour moi profondément libératrice.

J’ai beaucoup réfléchi à l’origine de ma résistance

Notre relation au mariage a toujours oscillé, mais après tout ce temps et ces expériences partagées, je peux affirmer avec confiance que ce n’est pas par doute. Au contraire, c’est comme si nous respections ainsi la liberté de l’autre.

Il y a eu des moments où nous étions sûrs de ne pas avoir besoin de tout ce cérémonial. Puis, dans certaines situations – pour avoir un enfant, régler des papiers –, le sujet est revenu. Juridiquement, c’est souvent plus simple d’être mariés, je ne le nie pas.

Mais chaque fois que nous en arrivions à « alors, on se marie vraiment ? », nous sentions que ce serait surtout une question de praticité, avec en plus des dépenses supplémentaires qu’on pourrait préférer consacrer à un voyage. Et ça nous a toujours fait renoncer.

Notre relation ne dépend pas d’une signature. Nous avons toujours dit que si c’est important pour l’autre, nous sommes partants – car notre bonheur commun passe avant tout. Mais le papier ne change rien à ce que nous ressentons déjà.

Une chose est sûre : si un jour nous nous marions, je garderai mon nom.

Une belle femme latino est assise à un bureau en train de signer des papiers.

Ce n’est pas une distance, c’est une identité

J’ai longtemps eu du mal à exprimer pourquoi je ressens cela si fort. Ce n’est pas un problème avec la famille de mon mari, bien au contraire ! J’aime sincèrement ma belle-mère et mon beau-père, je les respecte, et je les considère vraiment comme mes seconds parents. Ils font partie intégrante de ma vie depuis presque vingt ans, et je leur suis immensément reconnaissante.

Donc, ce n’est pas le nom de famille ou son origine qui me dérange. Je ressens simplement que cette voie ne raconte pas mon histoire. Elle est belle, respectable, fait partie de moi, mais ce n’est pas tout. Mon nom contient quelque chose de moi, de celle que j’ai toujours été, et je ne veux pas que cela s’efface derrière un autre nom.

Quand notre fille est née et a pris le nom de son père, j’y ai beaucoup réfléchi. Je me suis demandé si c’était moi qui détonnais dans la famille, mais j’ai réalisé que cela ne me dérangeait pas vraiment. Son nom lui va parfaitement, il est harmonieux, naturel, rythmé et percutant.

J’ai aussi pensé que je tenais peut-être à mon nom parce que j’écris sous ce nom depuis mon adolescence, et que mon livre est publié sous ce nom. C’est important, mais je sentais qu’il manquait encore quelque chose dans mon auto-analyse.

Un soutien particulier venu du monde des chiffres

Récemment, j’ai aussi exploré la question sous l’angle de la numérologie. Ce n’est pas de la divination, mais un miroir de connaissance de soi qui travaille avec les énergies des chiffres et des lettres. En calculant la vibration de mon nom actuel, j’ai été frappée de voir à quel point elle correspondait à ce que je vis – mes objectifs, ma vocation, mes valeurs.

Par simple curiosité, j’ai ensuite calculé ce que cela donnerait si je prenais le nom de mon compagnon – seul ou en double. Le résultat n’était pas le même que mon nom actuel, mais curieusement, les deux versions donnaient la même énergie, le même chiffre. Pas négatif, juste différent – quelqu’un que je ne suis pas et ne souhaite pas devenir après le mariage.

C’est là que j’ai vraiment compris : je garde mon nom non pas pour me démarquer, mais pour être pleinement moi-même.

Égalité, choix, liberté

Chez nous, ce n’est pas encore très courant, mais je trouve magnifique que de plus en plus d’hommes choisissent de prendre le nom de leur épouse après le mariage. Pour moi, c’est l’un des plus beaux signes d’égalité – il ne s’agit pas de savoir qui « appartient » à qui, mais de la naissance d’une nouvelle famille, avec un nom commun et une décision partagée.

Bien sûr, je ne pense pas que tout le monde doive faire pareil, ni que garder son nom de jeune fille soit une obligation. Mais c’est rassurant de voir qu’aujourd’hui, il n’y a plus qu’un seul chemin. On peut s’autoriser à écrire notre propre histoire – sur le papier et dans la vie. Parce que dans les plus belles relations, on peut vraiment être unis tout en restant soi-même.

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