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« Nous étions pauvres et il n’y avait jamais d’argent pour les cadeaux » - Pourquoi détestes-tu Noël ?

Szőke Angéla5 min de lecture
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« Nous étions pauvres et il n’y avait jamais d’argent pour les cadeaux » - Pourquoi détestes-tu Noël ? — Famille
Dans cet article

Certains attendent Noël toute l’année, d’autres le redoutent profondément.

Agressivité

Je travaille comme vendeuse et à cette période, les gens deviennent insupportables. Leur impolitesse, leur nervosité et leur agressivité me pèsent énormément. Quand arrive la « soirée bénie et chaleureuse » de Noël, je suis épuisée nerveusement et émotionnellement, et je ne souhaite qu’une chose : qu’on me laisse tranquille.

Cauchemar

Des chansons de Noël à mourir d’ennui, une décoration de mauvais goût, un hôte stressé et débordé. Quelqu’un se coupe (saigne) en installant le sapin. Des disputes sur la quantité d’alcool, la façon de cuire les gâteaux ou de décorer le sapin, suivies de querelles avec les enfants pour qu’ils se tiennent bien. Des cadeaux sans imagination, des sourires forcés. Après le dîner, les conflits familiaux habituels : remarques passives-agressives, cris, réconciliations tendues, puis des blessures d’orgueil. Trop manger, maux d’estomac, trois kilos en plus. Et l’année prochaine, la même histoire. Je déteste Noël.

Course folle

Tout est une mission impossible, entre précipitation et logistique infernale. Mes parents sont divorcés, donc deux destinations à la campagne d’emblée. Puis il y a mes grands-parents, ceux de mon mari, et ma sœur, qu’on ne peut pas réunir avec ma mère car elles ne se parlent plus depuis des années. Cela fait six adresses, très éloignées les unes des autres. Pendant deux jours, nous ne faisons que passer du temps en voiture. Je déteste tout ça. Une fois, nous avons osé partir en voyage à Noël, et depuis, on nous reproche sans cesse notre « égoïsme ».

Surprise

Nous étions pauvres et il n’y avait jamais d’argent pour les cadeaux. En janvier, c’était terrible d’écouter mes camarades de classe raconter avec enthousiasme les poupées et jouets qu’ils avaient reçus, alors que je devais inventer une histoire, car je ne pouvais pas dire que chez nous, on ne faisait pas de cadeaux de Noël. J’ai plus de 35 ans aujourd’hui, mais à Noël, je ressens encore cette honte, rien d’autre.

Jeune fille pleurant en déballant des cadeaux près d’un petit sapin de Noël

Les enfants…

Depuis des mois, mon frère et moi sentions une tension entre nos parents, mais nous attendions Noël avec l’enthousiasme propre aux enfants. Nous avions hâte d’aller chez grand-mère à la campagne, de voir nos cousins, de goûter les gâteaux et de découvrir les cadeaux. À la place, cet après-midi-là, nous avons entendu nos parents se crier dessus pendant des heures. Puis ma mère est venue dans notre chambre, les yeux pleins de larmes, pour annoncer leur séparation et le départ de mon père. Il a fait ses valises en vitesse et est parti sans dire au revoir. Ma mère s’est enfermée dans la chambre et n’est sortie que le lendemain midi. Mon frère et moi avons déballé les cadeaux en pleurant, incapables d’en profiter. Depuis, je déteste Noël, j’ai un stress post-traumatique.

Toujours plus grand et plus cher

Tout tourne autour du consumérisme. Officiellement, c’est une attitude sociale et économique qui associe bonheur et succès à la consommation, à l’acquisition de biens matériels et à l’achat constant. Toute ma famille se laisse happer par cette course. Ce qui compte pour eux, ce n’est pas d’être ensemble et de passer un bon moment, mais de se surpasser avec des cadeaux toujours plus chers et extravagants. L’an dernier, mon frère a offert une voiture (!) à son fils. J’ai alors annoncé que j’arrêtais : je n’achèterai plus jamais de cadeau pour personne, et personne ne m’en offrira non plus. Je préfère désormais rester en dehors de cette compétition malsaine.

Sourire forcé

Je dois faire bonne figure en souriant tout en encaissant les remarques piquantes et les critiques déguisées en blagues de mes proches. Si je répondais, ma mère serait furieuse, alors je me retiens.

Terreur

Depuis mon enfance, ma mère était déjà stressée des semaines avant la veille de Noël. Elle nous faisait courir partout et nous obligeait à nettoyer la maison de fond en comble jusqu’à ce qu’on puisse manger par terre. Elle rendait fou mon père, car rien de ce qu’il achetait en magasin n’était jamais assez bien, et il finissait ivre pendant les fêtes. Ma mère préparait des menus imposants et sophistiqués pour la famille, tandis que ma sœur et moi mettions la table, servions, remplissions les verres et faisions la vaisselle jusqu’à minuit. Nous avons travaillé toute la fête comme dans un restaurant. Et jamais un mot gentil en retour. Je n’ai donc aucun souvenir positif de Noël…

Incident

Je n’ai jamais été fan de Noël, mais depuis que mon frère est décédé le 24 décembre (il a dérapé sur une route verglacée en venant chez nous), nous ne fêtons plus rien.

Comparaisons

Je sais que « comparer est le voleur de joie », mais sur les réseaux sociaux, je ne vois que des demandes en mariage, des cadeaux luxueux, des annonces de grossesse, des vacances tropicales et des maisons décorées comme dans un magazine. À ces moments-là, je ressens mon propre échec.

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