Bien Logo

« Parce que... » Pourquoi avons-nous toujours besoin de tout justifier ?

Szabó Erzsébet4 min de lecture
Partager:
« Parce que... » Pourquoi avons-nous toujours besoin de tout justifier ? — Mode de vie
Dans cet article

Vous est-il déjà arrivé de terminer vos phrases par un « parce que » sans vraiment y penser ?

Comme si un simple « non » ou un avis ne suffisait pas, et qu’il fallait immédiatement se justifier devant un tribunal invisible… Cette nécessité d’expliquer n’est pourtant pas toujours un vrai besoin de communiquer, mais plutôt une stratégie de survie qui, insidieusement, érode votre estime de vous-même.

Quand les pensées nous empêchent de dormir

Je parle d’expérience : le « moulinage » mental consomme une énergie folle. Après une discussion difficile entre amis ou une réunion au travail, je ruminais pendant des jours : qu’ai-je dit, comment ai-je paru, que pense-t-on de moi ? Parfois, je me suis même excusée par message, juste parce qu’un doute m’avait traversé l’esprit : ai-je été mal comprise ?

Notre cerveau se met alors en mode alerte, nous convainquant que si on aligne assez d’arguments logiques, on pourra se protéger des critiques ou du jugement. En réalité, c’est souvent l’inverse : en sur-expliquant une décision ou un ressenti légitime, on se trahit soi-même.

Le piège de l’auto-dévalorisation

Il est fascinant de voir comment on affaiblit nos propos dans une conversation avant même d’en venir au cœur du sujet. Des formules comme « peut-être que c’est idiot, mais... » sont en fait des boucliers contre les jugements négatifs.

Au fond, on espère que si nous-mêmes dévalorisons ce qu’on dit, les autres ne le feront pas.

Malheureusement, ce n’est pas ce qui se passe : études et expériences montrent que ce genre d’auto-censure réduit fortement la perception de compétence et le respect qu’on nous porte.

Aujourd’hui, souvent de l’autre côté, je réalise à quel point tout ce stress était inutile : ce que d’autres ont regretté plus tard ne m’a laissé qu’une trace très légère, voire aucune.

Parfois, quelqu’un me contactait des semaines après un « faux pas social » et j’étais surprise, ne comprenant pas du tout de quoi il parlait. Ce qui lui a causé des nuits blanches et des remords m’était passé complètement inaperçu ou j’en étais vite sortie.

J’ai compris que la plupart des gens sont absorbés par leurs propres combats, pas par nos petites phrases lâchées au passage.

Femme portant des lunettes au téléphone

J’apprécie vraiment quand quelqu’un est attentif et sait s’excuser, mais quand il sur-explique sa « faute », je ressens parfaitement ce qui se passe en lui. Peu importe combien je le rassure, il continuera à douter de ma sincérité. Même si je dis de tout cœur « tout va vraiment bien, ne t’en fais pas », je vois dans ses yeux ou son style de message qu’il ne me croit pas.

Il s’est déjà construit un acte d’accusation dans sa tête, et ma défense n’est qu’un refus poli, ou pire, un signe de fuite du conflit. Cela crée encore plus de tension : au lieu de se sentir bien, je tente d’apaiser son anxiété, tandis qu’il m’observe avec méfiance.

Un simple sentiment, pas une preuve

Je pensais autrefois devoir « prouver » mes émotions, qu’un simple « ça m’a blessé » ne suffisait pas. Il fallait justifier pourquoi j’avais le droit d’être blessée.

Ce réflexe vient souvent d’un environnement où nos émotions d’enfant ont été balayées par la rationalisation ou le rejet.

On a appris tôt que nos sentiments seuls ne suffisent pas, seuls nos arguments comptent. Mais adulte, il n’est plus nécessaire de rendre tes réactions acceptables aux yeux des autres – il suffit que tu les acceptes toi-même. Dire « je suis déçu(e) » ou « cette situation me stresse » sans t’excuser d’exister, c’est te renforcer régulièrement.

Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faut devenir insensible. Une excuse sincère a un pouvoir immense et est l’un des plus beaux signes de respect. Mais il y a une grande différence entre une excuse honnête et une auto-flagellation sans fin. Si quelqu’un s’approche de toi avec de bonnes intentions, il comprendra ta peine en une phrase et ne s’attendra pas à ce que tu te punisses.

Garde aussi en tête que ceux qui sont en paix avec eux-mêmes ne cherchent pas à piéger les autres ni à les culpabiliser parce qu’une situation ne s’est pas déroulée comme ils l’auraient voulu. C’est un repère précieux : si tu ressens qu’avec quelqu’un tu ne peux jamais être toi-même et que tu dois peser chacun de tes mots, il vaut mieux garder une certaine distance…

Uniquement sur Bienvibe

Inédit

Lectures associées

Je n'ai pas pris le nom de mon mari après notre mariage — et la réaction d'un ami conservateur m'a glacé le sang — Mariage

Je n'ai pas pris le nom de mon mari après notre mariage — et la réaction d'un ami conservateur m'a glacé le sang

Quand nous nous sommes mariés, garder mon nom m'a semblé évident. Mais la réaction d'un simple ami m'a rappelé à quel point les attentes des autres pèsent encore sur nos choix les plus personnels.

Szabó Erzsébet•
Il m'a écrit en secret — et c'est moi qui me sens coupable : la situation injuste que beaucoup de femmes connaissent — Esprit et âme

Il m'a écrit en secret — et c'est moi qui me sens coupable : la situation injuste que beaucoup de femmes connaissent

En couple depuis des années, je ne cherche rien. Pourtant, des hommes mariés m'écrivent parfois — et quelle que soit ma réaction, c'est toujours moi qui perds.

Szabó Erzsébet•
Quand retrouver un ami ne nous ressource plus : les signes que l'amitié touchait à sa fin — Mode de vie

Quand retrouver un ami ne nous ressource plus : les signes que l'amitié touchait à sa fin

Certaines amitiés ne résistent pas au temps qui passe. Voici comment j'ai compris que nos retrouvailles ne nous nourrissaient plus — et pourquoi lâcher prise était la bonne décision.

Szabó Erzsébet•
Quand quelqu’un utilise ces mots, c’est souvent un signe d’anxiété cachée — Mode de vie

Quand quelqu’un utilise ces mots, c’est souvent un signe d’anxiété cachée

On connaît tous ces moments où quelqu’un parle et on sent derrière ses mots une douleur ou une incertitude cachée. Mais pourquoi certaines expressions reviennent-elles sans cesse dans leur discours ? Voici quelques mots et phrases qui révèlent souvent une anxiété sous-jacente.

Farkas Izabella•
Vous préférez écrire plutôt qu'appeler ? Voici pourquoi un simple coup de fil change tout — Santé

Vous préférez écrire plutôt qu'appeler ? Voici pourquoi un simple coup de fil change tout

Les appels téléphoniques créent une proximité émotionnelle que les messages ne peuvent pas offrir. Découvrez pourquoi il vaut la peine d'appeler plus souvent vos amis.

Fehér Dia•
Machisme au quotidien : 7 signes discrets qui devraient vous alerter — Mode de vie

Machisme au quotidien : 7 signes discrets qui devraient vous alerter

Le machisme crie rarement. Il se glisse dans des gestes anodins, faciles à confondre avec de l'amour ou de l'humour. Voici 7 signes à ne plus ignorer.

Szalai Dóra•