En grandissant, j’ai rejoint cette frénésie, et même si je crois fermement qu’il faut donner à nos enfants des tâches adaptées à leur âge pour les préparer à la vie d’adulte, et je suis heureuse d’avoir appris la recette de pain d’épices de ma mère, la leçon la plus importante de ces années a été pour moi : je ne ferai certainement pas ça.
Je ne nie pas que c’est plus agréable de se reposer et de célébrer dans une maison propre et rangée, et puisque j’ai quelques jours de congé, j’aime aussi remettre un peu d’ordre, comme je le ferais un week-end. Mais j’applique cette règle d’or : si quelqu’un fait la fine bouche en trouvant une poussière sous le canapé, c’est qu’il ne nous aime pas assez pour mériter d’être invité à Noël.
Qu’il s’agisse d’une grande tante, d’une belle-mère ou d’un grand-père coincé qui ne sait pas se réjouir à table mais cherche la faute, si vraiment nécessaire, on ira faire un tour au marché de Noël, mais on ne laissera pas ces personnes s’approcher plus près de notre fête.
Notre fête ne sera pas celle où je me réveille avec un nœud au ventre parce que dès l’ouverture des yeux je suis déjà en retard : la pâte à brioche aurait dû être préparée pour lever, j’ai oublié d’acheter des noix pour le pain d’épices, et même si j’ai nettoyé la salle de bain hier, quand tout le monde sera prêt, elle ressemblera encore à un endroit où quelqu’un L’A UTILISÉ, et il est hors de question que la maison ressemble à un musée à l’arrivée des invités, sans aucun signe de vie.
Eh bien, tant pis pour ça !

Cette année à Noël, je vais faire quelque chose de révolutionnaire, quelque chose qu’aucune femme n’a peut-être encore tenté dans ce pays pendant les fêtes : je vais essayer de vraiment profiter !
Je vais m’allonger par terre pour jouer au jeu "Qui rit gagne" avec ma fille, nous ferons du pain d’épices juste parce que ça nous plaît. Nous inviterons ceux avec qui nous aimons le plus être, et je m’assoirai à côté d’eux sur le canapé pour profiter de leur compagnie.
Si la cuisson est réussie, je leur offrirai du pain d’épices, sinon, je leur proposerai peut-être un gâteau du commerce. Nous rirons ensemble en voyant que le sapin penche un peu, nous pleurerons un peu en remarquant la décoration offerte par grand-père, nous chanterons une chanson qu’il nous a apprise, et peut-être commanderons-nous une pizza.
Car ce Noël, nous réécrivons les règles : la tradition qui apporte de la joie, qui rapproche, qui renforce les liens, reste avec nous. Mais toutes les habitudes qui enferment les mères et les filles dans la cuisine, qui divisent la famille en deux pièces, qui empêchent même ce jour-là de voir l’émerveillement d’un enfant devant une étincelle ou d’embrasser longuement et tendrement son amour sous les lumières de Noël, toutes ces habitudes appartiennent à l’esprit du Noël passé. J’ai hâte de vivre cette fête.











