« C’est moi qui fais vivre la famille, mais c’est mon mari qu’on félicite parce qu’il reste à la maison avec les enfants. » Le sexisme nous touche, parfois subtilement, chaque jour.
Le jugement
Quand mon mari emmène notre enfant en vêtements sales, le visage barbouillé, tout le monde fond d’admiration en disant comme c’est mignon et comme j’ai de la chance qu’il "babysitte". D’abord, c’est son père, ce n’est pas du baby-sitting, c’est s’occuper de son enfant. Ensuite, si c’était moi qui sortais le petit tout sale, on me critiquerait comme une mère négligente.
Brisées
Les mannequins de crash-tests dans les voitures sont conçus à la taille et à la morphologie d’un homme. Or, les femmes sont plus petites, ont une autre silhouette et une position différente au volant. Résultat : en cas d’accident, une femme a 71 % plus de risques de blessures légères, 47 % plus de blessures graves, et 17 % plus de risques de décès, même si les hommes conduisent plus vite et plus dangereusement…
Le regard
Après l’examen, le médecin a expliqué mon diagnostic et les traitements possibles à mon mari, sans même me regarder, comme si je n’étais pas là et que ce n’était pas mon corps.

La Une
Dans les journaux, on lit souvent « mère de deux enfants blessée » ou « une grand-mère de 65 ans victime d’un accident ». Pour un homme, on se contente de dire « un homme est tombé dans les escaliers ». Comme si la valeur d’une vie de femme dépendait uniquement de son rôle de mère ou de grand-mère.
Les préjugés
En vacances, à l’hôtel, lors du check-in, je dis que je suis médecin, mais c’est toujours mon mari qu’on appelle docteur. Et quand on apporte un gâteau chez des amis, c’est moi qu’on félicite, alors que c’est lui qui l’a fait. (Il est vraiment doué en pâtisserie.)
Appris
Quand j’ai commencé à faire du bénévolat avec ma femme dans une association, après un événement, je me suis retrouvé au lavabo. Une dame serviable est venue me montrer comment faire la vaisselle, comme si un homme moyen était incapable de gérer quelques assiettes sales. C’est triste.
Étonnement
Je sais que c’est plus dur pour les femmes, mais ma femme a un jour "sourire moqueur" devant mes yeux après avoir reçu une amende pour excès de vitesse.
Le papa modèle
Mon mari est menuisier, je suis ingénieure chimiste. Comme il avait peu de commandes et que j’étais sur le point d’être promue, nous avons décidé à la naissance de nos jumeaux que ce serait lui qui resterait à la maison. Je gagnais bien ma vie, il adorait s’occuper des bébés, ça fonctionnait bien. Mais les remarques de la société et même de nos proches m’ont vite pesé. Je souriais quand les mamans du parc entouraient mon mari, mais quand mes propres amies le complimentaient, ça m’a frustrée. Tout le monde trouvait qu’il était un super papa et que j’avais de la chance. Lors d’un déjeuner familial, j’ai dû remettre les choses au clair : c’est moi qui fais vivre la famille, parce que j’ai beaucoup étudié, que je travaille dur et que je suis compétente. Après le travail, je cours à la maison pour donner le bain, coucher les enfants et lire des histoires, puis je range. Je travaille dur 15 heures par jour. Oui, mon mari est un bon père, mais s’il vous plaît, arrêtons de faire comme si je ne faisais rien…
Les idiots
En tant qu’homme, je ne peux pas ne pas remarquer que dans la plupart des sitcoms et pubs, les personnages masculins sont bêtes, maladroits, des guignols, tandis que les épouses sont toujours intelligentes, sûres d’elles et débrouillardes. Pourtant, le show tourne autour des hommes, qui malgré leur incompétence, sont aimés et supportés par leurs femmes.
Le sens technique
J’ai ramené un grille-pain au magasin parce qu’il ne fonctionnait pas. Le vendeur m’a demandé si je l’avais branché avant d’essayer. Je lui ai dit que j’étais ingénieur électricien, donc oui, je l’avais branché, mais je voulais savoir s’il aurait posé la même question à un homme… Il est devenu tout rouge.











