Bien Logo

« Si ce n’est pas moi qui le fais, ça ne sera pas bien » – Et si tu étais aussi un peu contrôlant ?

Isabelle Martin5 min de lecture
Partager:
« Si ce n’est pas moi qui le fais, ça ne sera pas bien » – Et si tu étais aussi un peu contrôlant ? — Mode de vie
Dans cet article

Dans notre quotidien, il est naturel de chercher à mettre de l’ordre dans le chaos. On travaille, on organise, on gère, on fait des listes, on remplit nos agendas. Beaucoup d’entre nous ont ce sentiment qu’il faut tout maîtriser, sinon tout s’effondre. Mais que se passe-t-il quand cette organisation ne facilite plus la vie, mais crée plutôt du stress ? Quand on pense que tout ira bien seulement si nous faisons tout ?

C’est là que le besoin de contrôle s’installe, souvent sans qu’on s’en rende compte. Ce n’est pas juste un perfectionnisme ou une pensée pratique. C’est ce moment où tu sens que tu ne peux pas te détendre, car tu rumines constamment sur ce qui pourrait être mieux, différent, plus précis. Et oui, sur le long terme, c’est épuisant.

Comment savoir si tu es aussi un peu contrôlant ?

Ce n’est pas toujours évident de reconnaître ce trait chez soi. Parfois, on reçoit même des compliments : « tu es tellement fiable », « on peut toujours compter sur toi », « tu as tout en tête ».

Mais si on regarde de plus près, ce n’est pas toujours l’envie d’aider qui nous pousse, mais souvent la peur. La peur que les choses ne se passent pas comme on l’a imaginé – et cela nous déstabilise.

Si, par exemple, tu t’énerves parce que ton partenaire plie les serviettes différemment, ou que tu refais le travail d’un collègue parce que ce n’est pas assez « parfait », c’est un signe. Si tu ne peux pas te poser tranquillement devant un film tant que la maison n’est pas rangée, si tu es dérangé par les surprises parce que tu ne contrôles pas, ou si tu planifies chaque minute de vos voyages et stresses quand quelque chose dérape, alors ce n’est peut-être pas juste un trait organisé, mais une forme de besoin de contrôle.

istockphoto.com

Pourquoi cela se développe-t-il ?

Souvent, ce besoin cache des blessures émotionnelles. Le désir de tout contrôler vient d’un besoin profond de sécurité. Peut-être as-tu dû trop souvent gérer à la place des autres, ou tu as appris enfant que tout doit être parfait pour mériter amour et ordre.

Parfois, après des déceptions ou des situations instables, on a l’impression que si on ne tient pas tout en main, tout s’écroule.

Cette anxiété intérieure peut nous empêcher de vivre spontanément, car on anticipe sans cesse le « et si… ». Notre esprit s’emballe, nos épaules se crispent, et nos journées deviennent une course sans fin de tâches à accomplir. Pendant ce temps, les moments simples et joyeux s’éloignent peu à peu.

Comment s’en libérer ?

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut en sortir. La première étape, c’est de reconnaître et d’accepter que ce n’est pas une faiblesse, mais une stratégie de survie. Le besoin de contrôle est une protection face à une difficulté. Mais on peut changer cela.

Observe quand ce besoin de tout contrôler se déclenche. Par exemple, si tu délègues une tâche mais que mille questions te traversent l’esprit : est-ce qu’il le fait bien ? Va-t-il oublier quelque chose ? Est-ce qu’il le fera à temps ? Ces doutes montrent qu’on a du mal à faire confiance aux autres – ou à croire que le monde tourne même sans nous.

Essaie de laisser certaines choses ne pas être faites par toi. Ne réécris pas la liste de courses que ton partenaire a déjà faite. Ne t’immisce pas dans l’itinéraire que tes amis ont choisi pour une sortie. Le monde ne s’effondrera pas – et tu te sentiras peut-être même mieux.

Accepte aussi que tout n’a pas besoin d’être parfait. Parfois, « assez bien » suffit largement. Ce n’est pas de la paresse, mais la reconnaissance que la vie n’est pas toujours nette, parfaite et stérile. Elle est parfois désordonnée, imparfaite, surprenante. Et c’est ce qui la rend belle.

Parler de tout ça avec des amis, la famille, ou un professionnel peut beaucoup aider. Un psychologue peut t’aider à identifier les schémas qui te poussent à trop contrôler et t’apprendre à lâcher prise tout en te sentant en sécurité.

Bien sûr, tout le monde ne commence pas une thérapie immédiatement, et c’est très bien comme ça. Il existe aussi des méthodes douces qui réduisent efficacement le stress. Le yoga détend le corps et l’esprit. La méditation, les exercices de respiration ou une promenade tranquille en nature peuvent t’aider à te reconnecter à toi-même. Ces pratiques t’apprennent à vivre l’instant présent – où il n’est pas nécessaire de tout contrôler.

La plus grande libération vient peut-être du moment où tu t’autorises à simplement te laisser porter par les événements. Sans tout planifier à l’avance.

Sans vouloir toujours savoir ce qui va arriver. Car quand tu apprends à faire confiance – en toi, aux autres, à la vie – la pression du contrôle commence à se relâcher.

Et crois-moi, le monde continuera de tourner même si tu ne tires pas toutes les ficelles. Mieux encore, cela laissera de la place aux miracles, à la spontanéité, à une vie plus légère et joyeuse.

La vraie force ne réside pas dans le fait de tout contrôler, mais dans ta capacité à laisser parfois quelqu’un d’autre prendre les rênes. Et ça, c’est un immense soulagement.

Lectures associées

5+1 signes que vous donnez trop aux autres (et pas assez à vous-même) — Mode de vie

5+1 signes que vous donnez trop aux autres (et pas assez à vous-même)

Être généreux est une belle qualité — mais à quel prix ? Voici les signaux d'alarme qui montrent que vous vous oubliez dangereusement au profit des autres.

Isabelle Martin
10 petites habitudes que presque personne ne pratique, et qui font pourtant un bien fou à l'âme — Mode de vie

10 petites habitudes que presque personne ne pratique, et qui font pourtant un bien fou à l'âme

Ces gestes simples du quotidien sont souvent négligés, pourtant ils peuvent transformer votre bien-être mental. Découvrez lesquels méritent votre attention.

Isabelle Martin
Quand le développement personnel devient une prison : pourquoi de plus en plus de gens choisissent de décrocher — Mode de vie

Quand le développement personnel devient une prison : pourquoi de plus en plus de gens choisissent de décrocher

Productivité, optimisation, amélioration continue… Et si cette quête permanente de soi était en train de vous épuiser plutôt que de vous libérer ?

Isabelle Martin
Jardin ordonné ou sauvage : ce que votre espace vert révèle vraiment sur vous — Mode de vie

Jardin ordonné ou sauvage : ce que votre espace vert révèle vraiment sur vous

Votre jardin en dit bien plus long sur vous que vous ne le pensez. Découvrez ce que son état révèle sur votre personnalité et votre façon de vivre.

Camille Lucas
La thérapie n'est pas un luxe, c'est de l'hygiène émotionnelle — et tout le monde en a besoin — Mode de vie

La thérapie n'est pas un luxe, c'est de l'hygiène émotionnelle — et tout le monde en a besoin

Avant une première séance, beaucoup d'entre nous ressentent de l'angoisse. Mais la thérapie n'est pas une catastrophe — c'est un miroir. Prendre soin de son âme, c'est essentiel, pas superflu.

Élise Durand
Je ne fais plus ça au réveil — et voici ce que ça a changé pour ma santé mentale — Santé

Je ne fais plus ça au réveil — et voici ce que ça a changé pour ma santé mentale

Et si la première heure de votre journée se passait sans téléphone ? J'ai essayé, et l'effet sur mon équilibre mental m'a vraiment surprise.

Déborah Lefèvre