La société aime particulièrement examiner les mères, les tenant seules responsables du comportement de leurs enfants.
Avec le sourire
Quand mon enfant a gagné la course, tout le monde félicitait le père, alors que c’est moi qui l’emmenais à l’entraînement et grâce à moi qu’il court, car j’ai pratiqué l’athlétisme. Mais quand il a passé trop de temps sur sa tablette lors d’un événement familial, tout le monde venait me faire la morale en disant que ce n’était pas bien. Je n’ai jamais dit à personne que c’était interdit chez moi, c’est son père qui lui permet souvent, je souriais juste...
Estime de soi
Je n’aurais jamais imaginé que l’éducation des enfants serait aussi jugée. Si mes enfants réussissaient, avaient de bonnes notes et se comportaient bien, c’était normal pour tout le monde. Mais dès qu’ils faisaient une bêtise, je recevais immédiatement des « gentils » retours. Mon mari ne remarquait rien, toute critique me revenait. Un jour, j’ai craqué devant une amie qui m’a dit que c’était parce que les pères travaillent et passent moins de temps avec leurs enfants. C’est étrange, car chez nous, tout le monde sait que je travaille aussi et que nous passons autant de temps avec les enfants.
Je ne supportais pas les remarques, au point que mon estime de moi dépendait uniquement de ma réussite en tant que mère. Quand l’enseignant louait mon enfant, j’étais fière comme jamais, mais quand il le réprimandait, je me demandais où j’avais échoué. Ce qui m’a un peu aidée, c’est la décision de ne plus me soucier de l’opinion des autres.

Tradition
Le modèle familial traditionnel voulait que la mère élève les enfants à la maison pendant que le père travaille et gagne l’argent. Les femmes passaient donc beaucoup plus de temps avec les enfants, et leur éducation dépendait d’elles. Les femmes sont plus sensibles et empathiques, les hommes plus durs et rationnels : il n’est pas rare aujourd’hui encore que la mère délègue la sévérité au père. « Tu ne m’écoutes pas, mais ton père va rentrer et s’occuper de toi ! » – ça vous dit quelque chose ?
L’enfant difficile
Mon petit garçon, toujours un enfant modèle, a soudain changé. Il ne voulait plus aller à l’école, ne faisait plus ses devoirs, devenant désagréable et indifférent. Tout le monde me jugeait. Mon mari était à peine touché, recevant parfois une remarque compatissante sur sa femme incapable d’élever son enfant. J’étais devenue « la mère de l’enfant difficile ».
Je savais que ce n’était ni mon éducation ni l’attitude de mon fils le problème, mais la plupart des médecins nous renvoyaient en disant « maman, sois plus stricte ». Finalement, j’ai demandé à un autre médecin d’enquêter, et après trois ans de souffrance, la cause a été trouvée. Mon fils est cœliaque et même un peu de gluten déclenchait une réaction immunitaire affectant son cerveau, son humeur et son comportement.
Le diagnostic a pris du temps car il était en bonne santé physique et personne ne pensait que son auto-immunité empêchait ses neurones de communiquer correctement dans son cerveau. Tout le monde ne voyait qu’un enfant difficile et une mère incompétente. Depuis un an et demi, nous avons éliminé le gluten et mon fils est redevenu un enfant modèle, et moi, aux yeux de notre entourage, une « bonne mère ».

Double standard
Quand l’enfant est bon et réussi, tout le monde félicite le papa, mais si l’enfant ne réussit pas, c’est la mère qu’on pointe du doigt. Pourquoi ? Parce que depuis toujours, les femmes sont blâmées pour tout. Ne cherchez pas la logique, c’est comme ça. Moi, j’en ris, que puis-je faire d’autre ?
Justifié
Dans mon entourage, certaines familles méritent la critique. Le père essaie d’être plus strict et cohérent, mais la mère gâte ses enfants à l’extrême et leur permet tout. Résultat : des enfants tyrans et insupportables. Dans la plupart des cas, on accuse injustement la mère, mais il faut reconnaître que certaines dynamiques familiales sont vraiment marquées par une indulgence excessive de la mère qui mène à un manque d’éducation.











