Good Housekeeping a récemment mis en lumière ce qu’on appelle la culpabilité au soleil, un phénomène familier à beaucoup. Mais est-ce vraiment un problème ? Devrait-on se sentir mal quand on reste à l’intérieur par beau temps ?
Qu’est-ce que la culpabilité au soleil ?
Le Dr Douglas J. Opler, professeur adjoint de psychiatrie clinique à la Rutgers New Jersey Medical School, la définit ainsi : « la culpabilité au soleil, c’est ce sentiment de regret quand on choisit de rester à l’intérieur par beau temps au lieu de profiter du plein air. » Il précise cependant que ce terme vient plutôt de la pop-psychologie et n’est pas une vraie catégorie diagnostique officielle.
Pourquoi ressentons-nous cela ?
La réponse est complexe. Souvent, c’est lié à ce que nous pensons de nous-mêmes : « Si on se voit comme quelqu’un qui apprécie la nature, mais qu’on reste à l’intérieur pour travailler ou regarder sa série préférée, on peut vite avoir l’impression de trahir ses propres valeurs », explique le Dr Philip J. Fizur, psychologue principal à Cooper University Health Care.
Souvent, on s’attend à sortir, mais quelque chose nous retient. Comme le dit le Dr Opler : « la vie humaine est trop riche pour cataloguer toutes les formes que peut prendre cette culpabilité au soleil. »
Peut-être que tu vois l’exercice, le jardinage ou les loisirs en plein air comme des objectifs personnels à atteindre. Peut-être que tu te sens mieux dehors que dedans. Peut-être que tes parents t’ont encouragé à sortir plutôt qu’à rester enfermé·e. Ou peut-être que tu suis sur les réseaux des personnes qui présentent la vie en plein air comme la seule façon « correcte » ou désirable de vivre.

Quelles sont les raisons les plus fréquentes qui nous retiennent vraiment ?
- Des problèmes de santé qui rendent difficile de rester dehors,
- des obligations professionnelles ou familiales,
- la fatigue après une longue journée,
- des activités d’intérieur que l’on aime, comme cuisiner, écouter de la musique ou faire un puzzle,
- des distractions qui captent notre attention sans vraiment nous satisfaire, comme passer des heures sur TikTok.
Le Dr Opler ajoute : « On peut aimer ces activités d’intérieur, mais souvent elles nous volent notre temps. On ne veut pas vraiment les faire, mais on les fait quand même. »
Devrait-on se sentir coupable ?
La réponse est non. Il ne faut pas se juger. « La plupart des professionnels de la santé mentale disent qu’il ne faut pas juger nos émotions », rappelle le Dr Fizur, en soulignant que les émotions sont souvent automatiques et réflexes. Si tu ressens cette culpabilité, c’est normal.
Il est aussi important de se donner la permission de faire ses propres choix, que ce soit de rester à l’intérieur pour un moment agréable ou parce qu’on a des obligations. « Si tu restes à l’intérieur parce que tu choisis – le travail, un moment de calme ou la fraîcheur de ton appartement – c’est parfaitement OK. Et si ce n’est pas toi qui décides (par exemple, tu t’occupes de quelqu’un), alors surtout, ne te culpabilise pas. »

Change ta façon de voir ce sentiment
La culpabilité peut être utile : « Elle nous aide souvent à rester fidèle à nos objectifs. Si tu rates une séance de sport et que tu ressens un peu de culpabilité, cela peut devenir une motivation pour la prochaine fois. » Alors, la prochaine fois que tu sens que tu manques quelque chose d’important, demande-toi : est-ce que ça me manque vraiment maintenant ? Est-ce que quelque chose m’en empêche ? Et pourrais-je agir autrement une autre fois ?
Si tu veux changer ce sentiment, voici les 5 étapes du Dr Fizur :
- Reconnais et nomme ce que tu ressens,
- prends une grande inspiration et ressens pleinement,
- relâche les pensées qui causent la culpabilité,
- reviens au moment présent,
- fais une pause dans le défilement des réseaux sociaux.
Si tu souhaites passer plus de temps dehors, voici quelques conseils pratiques du Dr Opler :
- Éveille ton envie avec tes sens : ouvre la fenêtre, sens la brise, respire l’air frais, ou prends un objet qui te rappelle l’extérieur (la laisse du chien, de la crème solaire, un outil de jardinage),
- prends rendez-vous : un moment en plein air avec un·e ami·e te donnera plus de chances de sortir,
- associe une récompense : un café froid ou un petit moment vidéo après la promenade peuvent être de petites motivations efficaces.
Avance aussi par petits pas :
- Déjeune sur la terrasse,
- fais une promenade de 5 minutes après le dîner,
- fais un petit tour autour de l’immeuble avant de rentrer,
- installe-toi sous un arbre avec ton téléphone au lieu du canapé,
- remplace une partie de ta séance de sport en intérieur par une séance en extérieur.
Enfin, rappelle-toi : la culpabilité au soleil est normale. Pas besoin d’en avoir honte. Mais si tu te sens triste durablement, sans envie, avec des troubles du sommeil, une fatigue constante ou de l’anxiété à l’idée de sortir, cela peut être autre chose. « Comme on va chez le médecin au moins une fois par an, il est aussi utile de faire un point sur sa santé mentale, que ce soit avec un professionnel ou un·e ami·e proche. » conseille le Dr Fizur.











