Chez nous, la bascule se sent toujours au même endroit : le couloir. Un matin de fin août, on ouvre la porte d'entrée et l'air n'a plus la même odeur. Cette année, la conversation sur un automne plus pluvieux que d'habitude circule déjà, et je n'ai pas envie de la subir. Les dix derniers jours secs de l'été sont exactement le bon moment pour préparer une maison qui va passer plusieurs mois à respirer de l'air chargé d'eau.
Ce que l'été a laissé derrière lui
Une maison qui a supporté de fortes chaleurs n'est pas une maison propre. Elle est sèche, ce qui n'est pas pareil. La poussière s'est accumulée derrière les meubles pendant qu'on gardait les volets fermés, les textiles ont pris la sueur et la crème solaire, les placards sont restés clos des semaines. Dès que l'humidité revient, tout cela se réveille : les taches invisibles fermentent, les odeurs remontent.
Je commence donc par un tour de reconnaissance, un carnet à la main, pièce par pièce. Je note les endroits qui sentent le fermé, les joints de douche qui grisonnent, les murs derrière les meubles collés à une paroi extérieure, le bas des rideaux, l'arrière du canapé. On ne répare pas tout le même jour, mais on sait où regarder.
Le linge d'été ne se range jamais « à peu près »
C'est l'erreur la plus courante et la plus punitive. On plie un maillot encore un peu humide, un t-shirt porté une fois « qui ne sent rien », un drap de plage sableux, et on referme la housse. Trois mois plus tard, l'odeur est incrustée et les taches invisibles ont jauni.
Tout ce qui part au rangement part propre et parfaitement sec, y compris les sacs de plage, les chapeaux et les chaussures en toile. J'évite les housses plastique hermétiques dans une pièce fraîche : je préfère des sacs en coton, des cartons ouverts sur un dessus d'armoire, ou simplement une étagère haute. Et je laisse un espace entre les piles : l'air doit pouvoir circuler entre les vêtements, sinon le placard devient une cave.
Les cinq points humides à traiter avant les pluies
Premier point : la salle de bains. Un joint nettoyé et bien sec avant l'automne tiendra beaucoup mieux qu'un joint attaqué en novembre. Je prends aussi l'habitude, dès maintenant, de passer une raclette sur la paroi de douche après chaque passage. C'est trente secondes, et cela change tout sur trois mois.
Deuxième point : les bouches de ventilation. Dépoussiérées, dégraissées, dégagées de tout objet posé devant. Troisième point : les meubles collés aux murs froids. Cinq centimètres d'écart suffisent souvent à éviter les auréoles derrière une armoire. Quatrième point : les évacuations extérieures, balcon, gouttière, siphon de terrasse, qu'un orage bouché transforme en piscine. Cinquième point : les fenêtres, dont les rainures basses accumulent une bouillie de poussière qui empêche l'eau de s'écouler.
Préparer aussi la lumière et le rythme
Un automne pluvieux, ce n'est pas seulement un problème technique, c'est une ambiance. Je lave les vitres tant qu'il fait beau, parce que la lumière de novembre ne pardonne aucun film gras. Je descends les rideaux d'été et je remets les tissus plus lourds, en profitant pour les aérer une journée entière sur un fil.
Je réorganise aussi les lampes : deux ou trois sources basses et chaudes dans le salon valent mieux qu'un plafonnier unique. Un tapis revient au sol, un plaid apparaît sur l'accoudoir, l'entrée reçoit un tapis absorbant et un panier pour les parapluies qui, sinon, sèchent sur le parquet. Ce sont des gestes minuscules, mais ils décident du moral des dimanches gris.
Faut-il aérer même quand il pleut ?
Oui, et c'est souvent le réflexe qu'on abandonne en premier. Une aération courte et franche, cinq à dix minutes en ouvrant en grand plutôt qu'une fenêtre entrebâillée toute la journée, renouvelle l'air chargé par les douches, la cuisine et la respiration sans refroidir les murs. Par temps très humide et doux, on écourte simplement, et on privilégie les moments où l'on vient de produire beaucoup de vapeur.
Comment éviter que le linge sente le renfermé quand il sèche à l'intérieur ?
Le trio gagnant : un essorage élevé, un étendage vraiment espacé et une pièce où l'air bouge. Un linge tassé sur un séchoir minuscule dans une chambre fermée mettra deux jours à sécher et gardera cette odeur de cave que plus aucun adoucissant ne rattrape. Sortez le linge de la machine dès la fin du cycle, entrouvrez le hublot entre deux lessives, et si vous devez sécher dans une petite pièce, laissez la porte ouverte et la fenêtre entrebâillée le temps du séchage.











