Le tapis est le meuble le plus maltraité de la maison. On marche dessus mille fois par jour, on y renverse du café, le chien s'y roule, les enfants y font des pique-niques improvisés, et on l'entretient une fois par an, en général en le noyant sous un produit mousseux qui laisse une auréole plus visible que la tache d'origine. Dans mon salon, deux tapis ont survécu à quinze ans de vie de famille grâce à une routine bête et rapide, et à un principe que je répète comme un mantra : le moins d'eau possible, le plus d'aspiration possible.
Commencer par la poussière, jamais par l'eau
Quatre-vingts pour cent de ce qui ternit un tapis n'est pas une tache : c'est de la poussière minérale, du sable, des micro-débris qui s'enfoncent entre les fibres et cassent la lumière. Si vous humidifiez avant de les retirer, vous fabriquez de la boue au cœur du tissage. Donc on aspire, sérieusement : passages lents, dans le sens du poil puis à contresens, puis en diagonale, sur les deux faces si le tapis est réversible.
Pour les petits et moyens formats, la vieille méthode reste imbattable : sortez le tapis, posez-le à l'envers sur une surface propre et battez-le, ou secouez-le énergiquement. Vous serez sidérée par la quantité de sable qui tombe. Ensuite, laissez-le une heure ou deux à l'air, à l'ombre : le soleil direct délave les couleurs, surtout sur la laine et les teintures végétales.






